En chan­tier: re­buiLT, un pa­vil­lon com­mun­au­tai­re iso­lé en bot­tes de pail­le

Publikationsdatum
14-11-2023
Alia Bengana
Architecte DPLG, enseignante au laboratoire ALICE de l’EPFL et à l’HEIA-FR

La nouvelle impulsion locale proviendra-t-elle des jeunes étudiants architectes et ingénieurs ? À l’EPFL, le groupe rebuiLT, soutenu par des spécialistes, le laboratoire SXL – EPFL et la Municipalité d’Ecublens (VD), a lancé un projet de pavillon communautaire, en cours de construction. Le but premier était d’explorer les low-tech, peu enseignées sur le campus, et de démontrer que l’on pouvait réutiliser des éléments porteurs en béton. Lorsqu’il s’est agi de chercher un isolant, ils sont arrivés à la conclusion que l’isolation de réemploi était complexe à mettre en œuvre. C’est ainsi qu’ils ont décidé d’isoler le pavillon en bottes de paille, technique que peu d’étudiants connaissaient. Ils ont demandé de l’aide à plusieurs architectes et ingénieurs capables de les former et de les accompagner dans la conception d’une enveloppe en bottes de paille, mais aussi pour animer des visites et des formations de sensibilisation à la matière pour des écoliers: Élodie Simon (atelier etceterra), Gil Bustarret (Normal office et association Nebraska), Elsa Cauderay et Julien Hosta. C’est la technique Nebraska qui a été retenue, même si elle ne supporte que très peu les charges verticales de la toiture reprises par les poteaux en béton de réemploi. Cette technique, qui est la moins gourmande en bois, demeure celle qui exalte le plus les potentiels de la botte de paille: avec un même matériau, on porte et on isole, en employant des planches de bois uniquement comme lisse basse, sur laquelle reposent les bottes, et comme lisse haute sur laquelle reposera la toiture ou le plancher intermédiaire. De fins piquets en bois intermédiaires participent également à la stabilité des bottes pendant le montage du mur. La précontrainte des bottes de paille est réalisée par des sangles à cliquet provisoires qui sont ensuite remplacées par des sangles définitives, fondues dans les crépis intérieurs et extérieurs (le plus souvent chaux-sable à l’extérieur et terre à l’intérieur). La simplicité du détail final en coupe – crépis extérieur, paille et crépis intérieur –, sans pare-vapeur ni pare-pluie, va à contre-courant de la multitude de couches de produits industriels collées entre elles à laquelle nous ont habitués les cinquante dernières années de l’histoire de la construction. Un véritable exemple de low-tech. AB

rebuiLT

 

Maîtrise d’ouvrage
EPFL

 

Architecture et ingénierie
Groupe rebuiLT
Julien Pathé, bureau 2401
Physalide
SXL – EPFL

 

Consultants paille et terre crue
Élodie Simon, architecte HES master, CAS regenerative materials, atelier etceterra; Gilles Bustarret, ingénieur EPFL, Normal office, association Nebraska; Julien Hosta, architecte DPLG, DSA architecture de terre, consultant CRAterre & chercheur associé AECC; Elsa Cauderay, architecte EPFL, DSA Terre, consultante CRAterre & chercheuse associée AECC

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