Cul­tu­re du bâ­ti : une stra­té­gie na­tio­na­le se des­si­ne

La culture du bâti contemporaine devrait être intégrée à la politique culturelle nationale dès 2016. L’objectif est de définir une stratégie transversale pour couvrir le domaine. La Confédération envisage en outre des mesures de sensibilisation pour introduire les thématiques qui s’y rapportent.

Data di pubblicazione
29-07-2014
Revision
01-09-2015

Le Conseil fédéral a présenté fin mai son Message culture pour la période 2016-2019. L’enveloppe budgétaire prévue s’élève à quelque 895 millions francs, dont deux millions – à répartir sur la période quadriennale – seraient alloués au nouveau domaine «Culture du bâti». Si la dotation semble a priori modeste par rapport au budget global, elle constitue une percée décisive sur le plan symbolique. Car bien qu’absents dans la Loi sur l’encouragement de la culture, la culture du bâti contemporaine fait ainsi son entrée dans la politique culturelle fédérale. Et le Message culture 2016-2019 n’est qu’une prémisse. Le groupe de travail interdépartemental chargé d’élaborer une stratégie pour le domaine doit également concevoir «un plan d’action, à réviser périodiquement, prévoyant des mesures concrètes de la part des différents services fédéraux». En d’autres termes, l’encouragement proprement dit ne prendra effet qu’avec le Message culture qui relayera le projet actuel. Dans cette perspective, le texte prévoit notamment de s’engager d’abord sur des «projets pilotes tels que des planifications tests ou des mesures d’encouragement applicables aux concours».
Le Message culture en consultation n’intègre pas la culture du bâti à la « création culturelle et artistique » – avec les arts visuels, le design, le théâtre, la littérature, la danse, la musique et le cinéma –, mais le place dans la rubrique « culture et société » avec le patrimoine culturel et les monuments historiques. Partageant le crédit cadre affecté à ces deux derniers domaines, les moyens alloués à la culture du bâti sont de ce fait subordonnés à la conservation du patrimoine historique. Sur ce point, une clarification s’impose donc à moyenne échéance : comme notion générique, la culture du bâti englobe le patrimoine culturel et les monuments historiques, d’une part, et la culture du bâti contemporaine de l’autre. «Patrimoine culturel et monuments historiques» ne sauraient dès lors rester le terme général chapeautant la culture du bâti. Dans ses implications, la culture du bâti contemporaine est à cheval entre un champ culturel spécifique et un espace transversal, qui s’étend à des enjeux politiques autres que le seul domaine de la culture. Il faut donc saluer la constitution du groupe de travail interdépartemental projeté par la Confédération. L’Office fédéral de la culture ne devra toutefois pas se contenter de coordonner les travaux de ce dernier pour l’élaboration d’une stratégie globale : il importe en effet que les enjeux propres à la création contemporaine soient dûment pris en compte au sein du groupe.
Avec sa table ronde Culture du bâti suisse, la SIA avait lancé en mars 2010 un débat et un programme d’action pour la reconnaissance politique de ce nouveau champ culturel. Dans sa prise de position diffusée début juin, elle salue le projet aujourd’hui mis en consultation pour le prochain Message culture. Comme l’a relevé son président Stefan Cadosch : « L’ancrage de la culture du bâti dans la politique culturelle fédérale représente une avancée trop longtemps différée, dont il y a lieu de se réjouir et qui répond à moult attentes aussi bien au niveau national qu’international. » La SIA demande toutefois diverses précisions, avec un doublement des moyens alloués. De même, les postes à mi-temps envisagés pour la culture du bâti devraient atteindre une dotation à plein-temps.
Comme base de la coopération et des travaux thématiques à venir, et en vue d’asseoir les débats parlementaires, la SIA exige par ailleurs que la notion de culture du bâti reçoive une définition précise. Dès lors que la stratégie d’encouragement nationale pour la culture du bâti touche à différentes politiques sectorielles et que de nombreux offices fédéraux doivent participer à son élaboration, il convient aussi que ceux-ci soient expressément désignés et que des experts externes soient consultés. Quant aux mesures de sensibilisation immédiatement envisagées, la SIA estime qu’à côté des planifications tests ou de la promotion des concours, la diffusion de la culture du bâti doit également être soutenue. Enfin, la SIA réclame l’institution d’un Prix fédéral pour la culture du bâti contemporaine.
La consultation du Message culture 2016-2019 est ouverte jusqu’en septembre et l’adoption de la version finale par Conseil fédéral est prévue d’ici fin 2014. Ensuite, le parlement sera appelé à en débattre l’année prochaine. 

Dr. Claudia Schwalfenberg est responsable Culture du bâti SIA

 

 

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Téléchargement du communiqué de presse et de la prise de position sur le Message culture 2016-2019 sous http://www.sia.ch/fr/themes/culture-du-bati/

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