Ville en bois – mégatendances comme moteurs

Le monde change à une vitesse encore jamais atteinte. Moteurs de changement à long terme et à grande échelle, les «mégatendances» déclenchent parfois des mutations fondamentales.

La notion de mégatendance a vu le jour en 1982 dans le livre de John Naisbitt intitulé «Megatrends – Ten New Directions Transforming Our Lives». Aujourd’hui encore, elle est très appréciée des chercheurs. Un coup d’œil dans la littérature et les sources Internet correspondantes suffit à cerner la grande ampleur des mégatendances. Parmi les sujets les plus ­cités, on trouve la technologie et la mondialisation, l’urbanisation, le changement démographique, le développement durable ainsi que d’autres enjeux liés à l’environnement et aux ressources.
De nombreuses tendances sont suivies d’effets immédiats, à moyen terme ou n’apparaissant que bien plus tard sur le marché suisse de la construction et de l’immobilier ainsi que dans les processus de construction et le parc de bâtiments existant. Leur impact est plus ou moins important et elles se développent en lien avec les conditions-cadres dominantes. 
Sur le marché de la construction, les mégatendances en technologie, société et écologie sont déterminantes, contrairement aux tendances en matière de territoire (au sens des processus de construction). Les tendances démographiques, économiques ou encore écologiques influencent fortement le marché immobilier qui, contrairement au marché de la construction, a trait au parc immobilier existant. On le constate déjà dans le glissement vers les petits logements, vers une augmentation de la densité d’habitants ou vers des logements bon marché.

Focus sur la «Ville en bois»
Les changements à long terme con­cernent aussi divers matériaux de con­struction. A partir de 1800, le bois, alors qu’il prédominait jusqu’à l’industrialisation, a progressivement cédé la place à de nouveaux matériaux comme la fonte, l’acier et le béton. Depuis 2005, la part de marché du bois reste relativement con­stante dans le segment de la construction de nouveaux logements et oscille entre 4 et 7%. Pour les maisons unifamiliales, la part de marché est passée de 2 à 4% sur la même période.
L’analyse de l’activité de la construction par matériau et par type d’habitat montre une même tendance qui se con­centre sur des zones urbaines où le bois est utilisé à plus de 70% pour le gros œuvre de maisons plurifamiliales (ill. 1). Les communes où les nouvelles constructions en bois ont été les plus nombreuses ces dix dernières années sont Zurich, Saanen, Appenzell, Bagnes et Einsiedeln (Ill. 2).
Si on se limite aux nouvelles con­structions de ces deux dernières années, la situation est tout autre (ill. 3). Appenzell conserve sa troisième place, Lausanne et Lugano accèdent aux deux premiers rangs et Bâle et Sion montent sur les quatrième et cinquième marches. Globalement, les résultats montrent qu’à plus ou moins long terme, les communes urbaines seront à la pointe de la construction en bois. 
Parler d’un boom de la construction en bois dans les villes serait prématuré. Cependant, différentes mégatendances se dégagent en matière de technologie, d’économie, de société, de territoire et d’environnement. Autant d’arguments qui agissent comme des moteurs de la vision d’une «Ville en bois»:

  • Technologie: modélisation des données du bâtiment (BIM), fabrication automatisée, Mass Customization, Smart Houses, High-Tech / Low-Tech.
  • Economie: prise en considération du coût du cycle de vie, temps de construction plus court et rentrées plus rapides, contribution économique régionale par l’utilisation du bois régional.
  • Société: changement démographique, nouvelles formes de logements et de travail, Smart Cities, Sharing Economy, Plug & Play, société à 2000 watts, santé et développement durable comme facteurs de style de vie.
  • Territoire: raréfaction des terrains à bâtir, lutte contre le mitage, densification vers l’intérieur, urbanisation.
  • Environnement: construction écologique, énergie grise, zéro déchet, cycles fermés des matériaux, labels de durabilité, sites 2000 watts.

Ces dix dernières années le bois, en tant que matière première locale et renouvelable, a évolué vers un matériau high tech innovant, mais toujours naturel. Dans le contexte de villes modernes durables qui offrent des espaces de vie attractifs pour des personnes toujours plus nombreuses au moyen de technologies numériques et de processus efficaces sur le plan des ressources, le bois recèle encore un large potentiel.

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espazium – Les éditions pour la culture du bâti. Plus d’informations et inscription sur www.wuestpartner.com/ueber-uns/stadt-aus-holz

Ville en bois n°3

Ville en bois n°3
Megatendances comme moteurs
Un hors-série d'espazium – Les éditions pour la culture du bâti
En collaboration avec: 
OFEV Office fédéral de l'environnement, Plan d'action bois, Berne
Wüest Partner, Zurich
Lignum, Économie suisse du bois

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