Des ponts pour den­si­fier la ville

Coordonner urbanisation et transports constitue un défi central de l’aménagement du territoire. Développer durablement ces deux données dépend des infrastructures. à la Seetalplatz, à la sortie de Lucerne, les grands moyens ont été mis pour résorber un goulot d’étranglement.

Publication
10-04-2019
Revision
10-04-2019

La Petite Emme est franchie par un nombre considérable de ponts adaptés à chaque mode de transport et à leur vitesse. Pour la mobilité douce, les Reusszopfbrücken totalisent 67 m de longueur et permettent de passer en toute quiétude de Emmen à Lucerne. Immédiatement au nord-est de ce franchissement, les voitures et les poids lourds circulent sur l’Ibachbrücke, un ouvrage presque trois fois plus long ; la bretelle d’autoroute rénovée il y a une dizaine d’années passe ainsi la Petite Emme et la Reuss. Plus en amont, à l’ouest de ces ouvrages en béton de longueur et de largeur différentes, se trouvent deux ponts en treillis, l’un datant de 1922, l’autre de 1939. Chacun relie sur l’axe nord-sud le trafic ferroviaire régional et international avec la gare terminus de Lucerne. Plus en amont encore, on trouve trois autres ponts : les deux ouvrages de franchissement les plus extérieurs sont réservés aux flux pendulaires qui vont et viennent de la ville, chacun doté d’un seul sens de circulation. L’ouvrage situé au centre, un pont en béton armé de 45 m de long, à une travée, est réservé aux transports publics. Il est complété par une voie cyclable.

Séparation des circulations et fin du goulot d’étranglement

Cet entrelacs d’ouvrages au niveau de la Seetalplatz constitue le nœud de transport régional majeur à l’entrée sud-ouest de ­Lucerne et a fait l’objet d’une restructuration conséquente. Le pont ferroviaire a été rallongé, deux ponts routiers ont été remplacés et un corridor avec deux ponts pour la mobilité douce a été créé. À cela s’est ajoutée la construction de nouveaux tronçons routiers, pour une longueur totale de 4 km.

Le projet a modifié le plan de circulation et accru la capacité d’écoulement pour tous les usagers et tous les types de mobilité. Auparavant, les voitures, les poids lourds, les trolleys et les cyclistes se pressaient sur deux ponts et un double giratoire pour ­entrer ou sortir de la ville. Désormais, la congestion chronique appartient au passé : la circulation des modes individuels motorisés est séparée des autres modes de transport et réglée par un anneau à sens unique. L’unification de l’aspect des ouvrages a été possible par la contribution des architectes.

Coordination avec le développement territorial

Le projet d’infrastructure publique répond à des enjeux importants, tels que la protection contre les crues, l’amélioration de l’état écologique de la zone et des espaces de détente. En 2005, la Petite Emme avait si violemment débordé que, en plus des travaux liés aux transports, 40 millions de francs avaient été investis dans l’élargissement du cours d’eau et la création d’une île alluviale. Par ailleurs, la restructuration de la Seetalplatz est l’une des étapes du réaménagement de Lucerne Nord. La circulation près des zones résidentielles est en partie apaisée. Dans le futur, les zones d’activité limitrophes devraient être reconverties. La Seetalplatz devient ainsi une importante tête de pont, en termes d’infrastructures, pour la densification de cette région.

Participants au projet

 

Planification génie hydraulique, planification des transports, ouvrages d’art: consortium d’ingénieurs Epsilon (Emch + Berger WSB, Emmenbrücke ; SNZ Ingenieure und Planer, Zurich ; Bänziger ­Partner, Zurich)

Architecte conseil: Eduard Imhof, Lucerne

Suivi environnemental des travaux: Basler & Hofmann, Esslingen ZH

Technique des transports: Marty + Partner Verkehrs­technik, Zollikon ZH

Eclairage: Artlight, St-Gall

Coûts des infrastructures de transport: 150 mio. fr.

Coûts de la protection contre les crues: 40 mio. fr.

Durée des travaux: 2013-2017 (inauguration : juin 2018)

 

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