2D → 7D: mieux gé­rer le cycle de vie des in­fras­truc­tures

Date de publication
14-05-2023

BIM : l’acronyme ne laisse personne indifférent parmi les architectes et les ingénieur·es. À l’heure où ces professionnel·les s’interrogent de plus en plus sur l’impact de leur pratique sur la santé de la planète et de ses habitant·es, de manière caricaturale, on peut grossièrement distinguer deux grands camps: d’un côté, les techno-enthousiastes pour qui la résolution des problèmes contemporains passe par un inévitable développement technologique s’appuyant fortement sur la digitalisation; de l’autre, les techno-sceptiques prônant, si ce n’est la décroissance, au moins une approche low-tech et une sobriété en matière d’exploitation des ressources. Comme s’il n’y avait personne entre ces deux camps ou que les deux approches ne pouvaient pas se combiner intelligemment.

Le BIM et ses cousins nourris au big data et à l’intelligence artificielle que sont les jumeaux numériques et la maintenance prédictive passent souvent pour les avatars d’une architecture générique produite pour de gros investisseurs par des entreprises totales disposant seules des moyens financiers et humains suffisant pour se battre sur ce terrain. La réalité est plus nuancée: la digitalisation est aussi et d’abord liée à l’entretien, à la maintenance, un sujet trop longtemps négligé et pourtant crucial. Elle vise ainsi à mieux entretenir nos infrastructures de transport aussi indispensables que vieillissantes de manière efficiente, ou encore à favoriser le recours à des ressources locales durables dans un contexte de pénurie. La numérisation ouvre également la perspective de penser les édifices jusque dans leur phase de démontage et de réemploi, grâce à de véritables catalogues d’objets dont les maquettes BIM pourraient fournir les entrées. À ce titre, elle semble une étape incontournable et indispensable au déploiement du réemploi à large échelle.