Ha­bi­ter sur la Renn­bahn

Mandat d’étude parallèle sur invitation: Rennbahnklinik, Muttenz

L’histoire autour du site de la Rennbahn de Muttenz entre dans un nouveau chapitre: le projet lauréat de Salathé Architekten Basel s’appuie sur les qualités de l’ancienne Rennbahnklinik et complète le bâtiment par une nouvelle tête qui accueille de manière compacte de nombreux logements et sert de nouvelle adresse.

Publikationsdatum
27-10-2026
Revision
27-10-2026
Salome Bessenich
Rédactrice Environnement/Aménagement du territoire – espazium magazin

La Rennbahnklinik, dans la banlieue bâloise de Muttenz, a un riche passé: à l’origine se dressait ici un vélodrome en bois, dont le souvenir survit dans le nom actuel. Dès les années 1970, la Rennbahnklinik, un hôpital spécialisé en orthopédie du sport, a pris sa place; en 2014, elle a déménagé dans la zone d’activités voisine. Depuis, le bâtiment est occupé à titre transitoire par l’association WoVe, qui y loge des étudiants.

De nouveaux logements doivent désormais voir le jour à l’emplacement de l’ancienne Rennbahnklinik. Le cadre est fixé par le plan de quartier, en vigueur depuis 2019 et élaboré conjointement avec la parcelle voisine. L’objectif: créer de nouveaux logements de qualité dans un lieu bien desservi.

Construire sur l’existant, malgré le plan de quartier

L’idée de l’époque: tout démolir et reconstruire. Ce qui a déjà été fait sur les autres lots, le fonds immobilier Swissinvest, géré par Pensimo Fondsleitung AG, voulait l’aborder autrement pour la dernière pièce du site. Celle-ci a organisé un mandat d’étude dont la tâche centrale consistait à montrer comment créer de nouveaux logements en réutilisant le bâti existant de la Rennbahnklinik, sans qu’il faille modifier le plan de quartier.

Pour en savoir plus sur le concours, rendez-vous sur competitions.espazium.ch

Sur les cinq équipes bâloises invitées, le jury recommande à l’unanimité de poursuivre avec le projet «Pragmatic Beauty» de Salathé Architekten Basel. D’une coupe nette, celui-ci sépare le bâtiment de tête du corps principal et propose un nouveau bâtiment de huit étages en construction hybride bois, qui s’appuie sur le rez-de-chaussée existant. On conserve ainsi la partie de l’édifice qui peut faire valoir ses qualités avec la nouvelle affectation. La desserte actuelle, par exemple, peut être maintenue, puisque l’existant accueillera des logements de plain-pied ainsi que de plus grands logements aux étages, tandis que le bâtiment neuf dessert efficacement les nombreux petits logements. La façade de l’existant est remise à niveau et seulement ponctuellement adaptée, notamment aux accès aux balcons de la couche de balcons rapportée côté cour. Les lamelles de béton en gradins, caractéristiques de la façade côté rue, sont elles aussi conservées dans leur état d’origine, sans isolation, car Salathé Architekten Basel les utilise habilement comme espaces extérieurs couverts.

Des logements au rez-de-chaussée

L’aménagement des espaces libres convainc lui aussi: le long de la St. Jakobs-Strasse, très fréquentée, le trottoir s’avance jusqu’au bâtiment, ce qui souligne le caractère public des activités commerciales prévues ici. La végétation dense à l’est et à l’ouest marque en revanche les accès et l’usage en espace privé, réservé aux habitants. On habitera aussi ici au rez-de-chaussée: six logements de 2,5 pièces sont directement accessibles depuis la cour, dont trois en duplex avec les chambres au 1er étage. Cela confère à ces logements une qualité propre et peut aussi animer la cour, autour de laquelle on habite certes partout au rez-de-chaussée, mais où aucun lien avec l’espace libre commun n’a encore été créé. Salathé a récemment fait de même au Domino, à Riehen, où le bureau a transformé un EMS en logements.

Seul l’échelonnement un peu trop timide le long de la façade du bâtiment de tête ne se comprend pas, compte tenu du contexte spatial de l’axe routier principal: il n’est ni fonctionnellement justifié, ni dérivé du rythme de l’existant, et il ne s’affirme pas non plus comme un geste autonome et assuré qui pourrait être lu, vers le carrefour, comme une invitation. Le jury recommande donc de retravailler l’apparence du bâtiment de tête dans sa fonction de repère urbain.

Un bâtiment neuf et trois surélévations

Les autres projets ont eux aussi développé des solutions marquées pour la tâche posée. SSA Architekten, par exemple, proposent également un bâtiment neuf pour la tête, mais le séparent du bâtiment en longueur, ce qui crée un nouvel interstice où sont prévus les accès ainsi qu’un café. Le jury n’est toutefois pas convaincu par cette situation de passage, tant en raison des qualités amoindries de la cour résidentielle que du passage lui-même, qui reste à l’ombre du nouveau bâtiment de tête toute la journée.

Les trois autres équipes conservent aussi le bâtiment de tête aux étages supérieurs, ce qui pose divers défis dont les solutions n’ont finalement pas convaincu le jury. L’équipe autour de Burckhardt Architektur, par exemple, conserve toute la structure existante, mais remodèle la façade avec de nouveaux éléments, comme un accès par coursive et des murs-voiles revêtus d’aluminium, si bien que le lien avec les traits caractéristiques de l’ancienne Rennbahnklinik se perd.

Jessenvollenweider mise, dans le bâtiment en longueur, sur une coursive rapportée, surélève le bâtiment de tête en construction hybride bois et complète l’existant par deux extensions latérales: une approche certes jugée «exemplaire, libératrice et évidente», mais qui oppose de nombreux obstacles au développement des plans. Cela tient aussi à la desserte peu optimale qui découle de la réutilisation de l’existant.

Rahbaran Hürzeler surélèvent le bâtiment en longueur d’un niveau et le bâtiment de tête de cinq étages, les charges étant reportées vers l’extérieur par un exosquelette. L’ancienne Rennbahnklinik reste ainsi visible comme socle, et le principe de la construction sur l’existant est démontré de façon parlante. Mais cette solution dépasse en même temps nettement le périmètre constructible du plan de quartier – un risque que la propriété ne veut pas prendre.

Les bonnes questions

Que la propriété et les autorités aient accepté d’examiner de façon approfondie une construction sur l’existant, malgré un plan de quartier qui prévoyait clairement démolition et reconstruction, est plus que louable. Et même si le jury s’est décidé pour un projet particulièrement convaincant, les cinq contributions ont toutes montré des voies plausibles pour réaliser un habitat de qualité en intégrant l’existant. Le mandat d’étude ne montre ainsi pas seulement une solution pour la Rennbahn de Muttenz, mais aussi quelles bonnes réponses on obtient lorsqu’on pose les bonnes questions.

Certains problèmes ne se résolvent toutefois ni dans la planification de quartier ni dans de bonnes procédures de mise en concurrence. L’emplacement directement sur la St. Jakobs-Strasse, très fréquentée, reste par exemple un défi pour l’habitat. Bordée de grands garages automobiles, elle rappelle presque les banlieues nord-américaines. Reste que la mutation structurelle n’épargne pas les parcelles voisines: plus les reconversions s’installeront, plus il y aura de chances qu’émerge une atmosphère où les gens à pied se sentent bien et chez eux. Avec un peu de chance, on verra même naître de la bonne architecture. Comme pour l’ancienne Rennbahnklinik.

Rennbahnklinik, Muttenz

Mandat d’étude parallèle sur invitation

 

Recommandation pour la poursuite du projet

Salathé Architekten Basel AG, Bâle;
Schnetzer Puskas Ingenieure AG, Bâle;
Albiez de Tomasi GmbH, Zurich;
Büro für Nachhaltigkeit am Bau Stefan Schrader AG, Zurich;
Buri Müller Partner GmbH, Berthoud

 

Autre équipe du tour final

jessenvollenweider architektur ag, Bâle; ZPF Ingenieure AG, Bâle; Stauffer Rösch AG, Bâle; Waldhauser + Herrmann AG, Münchenstein; Kuster + Partner AG, Coire; Gruner AG, Bâle

 

Équipes éliminées au premier tour:
 

Équipe Burckhardt AG

Burckhardt Architektur AG, Bâle; Ulaga Weiss AG, Bâle; Eberli Landschaftsarchitektur, Zurich; WerkRaumKlima GmbH, Lucerne; Kasburg Siemon Ingenieure, Riehen

 

Équipe Rahbaran Hürzeler Architekt:innen

Rahbaran Hürzeler Architekt:innen, Bâle; ZPF Consulting AG, Zurich; Hannes Kalau, architecte, Bâle

 

Équipe SSA Architekten AG

SSA Architekten AG, Bâle; Gruner AG, Bâle; Habitat Landschaftsarchitektur, Zurich; Zirkular GmbH, Bâle

 

Jury professionnel

Men Kräuchi, architecte, Bâle;
Norma Tollmann, architecte, Bâle;
Daniel Wentzlaff, architecte, Bâle

 

Membres non professionnels du jury

Juliane Grüning, commune de Muttenz;
Dr Sara Luzón, Pensimo Management AG, Zurich;
Dominik Schmid, Pensimo Management AG, Zurich;
Martin Schriener, Pensimo Management AG, Zurich

 

Maître d’ouvrage

Bellerive-Immobilien AG, représentée par Pensimo Management AG Zurich

 

Organisation

punktb GmbH, Zurich

Traduit par l’IA, révisé par la rédaction.

Lien vers la version originale en allemand

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