Vil­le en bois – In­di­ces de du­ra­bi­li­té et d’éco­no­mi­ci­té

Là où les loyers sont élevés, le bilan écologique et économique de la construction en bois convainc. Afin de la pro­filer aussi dans des zones
de prix inférieurs, il faut des processus d’étude et de réalisation efficients.

Data di pubblicazione
25-11-2020

En contexte intra-urbain, la construction en bois assure la densification de l’existant. Surélever en bois entraîne moins d’interventions sur la substance, avec des surfaces d’équipement et une durée de chantier réduites. Or, le bois s’affirme aussi dans le neuf depuis quelques années. à Zoug, par exemple, une tour de 80 mètres est actuellement à l’étude. Le «Projet Pi» de V-ZUG, dont l’achèvement est prévu en 2024, sera alors la plus haute tour en bois du pays.

Les atouts écologiques du bois

Dans le cadre de l’Accord de Paris, la Suisse s’est engagée d’ici 2030 à réduire de moitié ses rejets de gaz à effet de serre par rapport à ceux de 1990. D’ici 2050, notre pays veut en outre totalement bannir de tels gaz. Actuellement à l’origine de quelque 25 % des émissions de CO2, le secteur du bâtiment fait donc face à des défis importants, qui sont autant d’opportunités pour les modes de construction écologiques.
Le bois constitue une des réponses à l’obligation de bâtir durablement. Ses atouts écologiques sont nombreux, à commencer par la captation du CO2 atmosphérique par les arbres, dont les structures cellulaires consomment presque une tonne de gaz carbonique pour produire un mètre cube de bois.
Et quand le bois remplace d’autres matériaux tels l’acier ou le béton, d’importants rejets de CO2, par exemple liés à la production de ciment, sont évités. Sur le plan énergétique, l’exploitation du bois présente en outre un bilan neutre, car le pourrissement naturel du matériau émet autant de CO2 que sa combustion.
Cela étant, la construction en bois entraîne aussi le rejet de gaz à effet de serre et, selon les circonstances, la fabrication d’éléments en bois peut s’avérer très gourmande en énergie grise. Le lotissement du Hegianwandweg à Zurich a ­ainsi fait l’objet d’une comparaison entre construction en bois ou en dur. Au final, le bois nécessitait tout de même quelque 7% d’énergie grise en moins et ses rejets de gaz étaient d’environ 15 % plus faibles. D’autres études arrivent aux mêmes conclusions.
Le bilan écologique d’un bâtiment en bois est au pire égal à celui d’une cons­truction en dur, mais souvent meilleur.

Lire également: L’es­sor du bâti en bois

Les avantages économiques du bois

Le mythe de la « cherté du bois » retient nombre d’investisseurs d’opter pour ce matériau. WüestPartner a donc évalué huit réalisations en bois et établi des indices de référence. Il s’agit d’immeubles d’habitation de haute qualité avec des coûts de construction de 10 mio de CHF et plus, qui – sauf un – ont été bâtis après 2010. Les exemples retenus bénéficient tous de macro-emplacements très bons à excellents.
Les indices obtenus montrent que la construction bois s’avère un peu plus chère que les données de référence établies pour 170 objets en dur, ce qui n’a rien d’étonnant vu les standards cons­tructifs et énergétiques élevés qui caractérisent ces bâtiments. Il apparaît aussi que les écarts de prix entre ceux-ci sont minimes, ce qui tient sûrement à la similarité de leurs standards. En outre, leur conception selon la méthode BIM permet une planification très précise des délais et des coûts. Une influence du type de structure adopté n’a en revanche pas pu être relevée.
Avec 3.2% en moyenne, l’évaluation des premiers rendements bruts montre que l’option bois répond aux attentes du marché actuel.

L’avenir de la construction bois

L’évaluation montre que le bois convainc aussi bien sur le plan écologique qu’économique. Dans un secteur aux loyers élevés, on atteint des rendements corrects. Pour des zones périphériques, des solutions plus avantageuses sont toutefois nécessaires. Des modes d’étude et de réalisation efficients, alliés à des chantiers raccourcis constituent une clé.

Informations complémentaires
et inscription aux événements sur
www.wuestpartner.com/weiterbildung/stadt-aus-holz

Le projet «Ville en bois» réalisé pour le compte de l’Office fédéral de l’envi­ronnement OFEV inclut nos hors-séries ainsi que les manifestations de WüestPartner et des visites de bâtiments emblématiques organisées en Suisse et à l’étranger par Lignum, industrie suisse du bois.


Dans ce cahier, nous décortiquons à nouveau des questions fondamentales liées au bois, dans des articles qui seront publiés avec d’autres contributions régulières sur notre dossier numérique

Dans la première série, nous avons abordé les rapports entre la construction en bois et l’environnement (Ville en bois I – «Nouvelles voies») et la refonte des normes incendie et de sécurité (Ville en bois II – «La mise en œuvre du bois est devenue plus simple»). La deuxième série explore des «Mégatendances» (Ville en bois III – «Mégatendances comme moteurs») et des questions commerciales en lien avec de grands lotissements (Ville en bois IV – « Développements et nouveaux bâtiments »), ainsi qu’en matière de rationalisation (Ville en bois V – «Modules, éléments, participation, BIM et objets provisoires»).

Articoli correlati