Si­lence and Light à Do­rigny

Extension de l'Unithèque (UNIL)

Conçue par l’agence lausannoise FHV, la nouvelle salle de lecture de l’Unithèque, enterrée sur trois niveaux et couverte de poutres en béton de 34 mètres, incarne autant la prouesse technique que les paradoxes d’une époque en quête de sobriété. Pensée comme une vaste place publique du savoir, l’architecture met en tension l’idéal démocratique de la bibliothèque et la tentation du geste héroïque.

Date de publication
03-12-2025
Jacques Perret
Ingénieur en génie civil EPFL, Dr ès sc. EPFL et correspondant pour TRACÉS.

En travaillant dans la nouvelle salle de lecture de l’Unithèque, baignée dans la lumière naissante du matin, on peut être touché par la grâce de ces deux divinités qu’invoquait Louis Kahn dans ses élans mystiques pour expliquer, par les sens, l’essence de l’architecture1: «Silence», «Lumière». Jusqu’à ce qu’un téléphone, à quinze mètres de là, déchire cette clarté tranquille d’une sonnerie criarde. Quand on construit une cathédrale, on a les inconvénients d’une cathédrale. Tout l’enjeu du vaste projet d’extension de la bibliothèque centrale de Dorigny se dévoile aujourd’hui: comment concevoir une salle suffisamment grande et majestueuse pour induire un comportement respectueux tout en donnant les conditions idéales pour le travail solitaire?

Achevée en 1983, l’Unithèque est la pièce maîtresse du campus végétalisé de Dorigny, un paysage ouvert ponctué de grandes maisons, une par faculté. L’édifice central, conçu par Guido Cocchi, rassemble l’administration, les cafétérias et la bibliothèque. Organisé en gradins, il épouse les courbes de niveau et s’ouvre sur le lac2. Pensée dès 2008, l’extension vise à suivre la croissance de l’institution: l’université, conçue pour 7000 étudiant·es, en accueille aujourd’hui 17000. Avec ses 10000 m2 supplémentaires, le projet achevé fera passer les places de travail de 800 à 2000 et offrira 350000 ouvrages en libre accès, les autres étant stockés dans des magasins (95 km linéaires). Ici la numérisation n’a pas eu raison des livres, explique Rachel Vez Fridrich, la directrice adjointe de la Bibliothèque cantonale et universitaire - Lausanne (BCUL): «Les sciences humaines restent attachées au papier et aux lieux de rencontre. On l’a vu pendant le Covid: en période d’examen, même en plein hiver, la file d’attente s’étirait à l’aube jusque dans le champ.»

La machine du savoir

Là où les architectes perçoivent des espaces et des volumes, les bibliothécaires décrivent une machine sophistiquée dont la valeur tient précisément à la qualité de ses collections, structurées et dynamiques: 10000 acquisitions par an, 1 million de références, 28 disciplines et 4 collections patrimoniales, qui exigent des conditions de conservation spécifiques3. Pour gérer ce flux constant, un vaste tunnel souterrain orchestre la circulation des ouvrages, entre les magasins et les ateliers de reliure. «Une bibliothèque, disait Cocchi, est comme un organisme vivant, comme un têtard; il y a une tuyauterie intérieure qui doit être remplie à une extrémité et se vider à l’autre, une bouche et un anus.»4

Cocchi avait lui-même préconisé ce parti, qui permet d’offrir un immense plateau libre pour le travail et les livre

En 2015, l’agence lausannoise FHV remporte le concours pour l’extension de l’Unithèque. Le projet consiste à l’adosser au bâtiment d’origine, en enterrant trois niveaux. Cocchi avait lui-même préconisé ce parti, qui permet d’offrir un immense plateau libre pour le travail et les livres5. Au sous-sol, la proposition des lauréats permet de prolonger la grande desserte centrale avec trois couloirs radiaux et autant de noyaux de circulation. Le parti est donc à la fois rationnel et discret, car l’extension, malgré ses 150 m de long, est peu visible derrière l’édifice existant. Mais sa réalisation sera semée d’embûches: activité maintenue durant le chantier, sol capricieux, très grandes portées de la couverture6.

Le vaste plateau proposé par FHV s’avère particulièrement pertinent puisqu’il permet de déployer une sorte de plan d’urbanisme du libre accès, une ville dont les rues portent le nom des disciplines scientifiques. Le projet ne sera pleinement vécu qu’à l’issue du chantier de rénovation du bâtiment ancien, quand les deux parties seront connectées et les ouvrages en libre accès déplacés à nouveau dans la partie ancienne. L’extension sera alors entièrement dédiée aux places de travail, réparties sur trois niveaux de terrasse, la plus haute étant peut-être la plus calme. Mais dès à présent il est possible d’expérimenter la majestueuse salle, qualifiée de «temple de lecture» dès le jugement du concours7.

Contrastes lumineux

La nouvelle salle crée un contraste net avec l’existant, comme si la volonté de marquer le présent passait par une opposition sans nuance. Proportions monumentales, formes pesantes, lumière diffuse, pareille à celle d’un musée: une atmosphère qui tranche avec la chaleur feutrée, les poutraisons bois de la partie ancienne, ses échelles intermédiaires et ses cadres enchâssés minutieusement mis en œuvre pour composer ces façades qui lui confèrent ce petit air scandinave. Cocchi, qui recourait volontiers à la métaphore anatomique pour décrire son ouvrage, affirmait que «tous les organes nécessaires à le faire fonctionner doivent être visibles et accessibles»8. Dans l’extension, la technique est au contraire camouflée, notamment l’évacuation de l’air, derrière les étagères des murs des terrasses. Enfin, l’usage unilatéral du béton armé dans l’extension rompt avec la tectonique légère et le langage d’assemblages préfabriqués qui caractérisent la partie ancienne. 

Proportions monumentales, formes pesantes, lumière diffuse, pareille à celle d’un musée: une atmosphère qui tranche avec la chaleur feutrée, les poutraisons bois de la partie ancienne

Le plafond en sheds imaginé par FHV Architectes est composé de 40 poutres en béton armé de 34 m de long. Avec une hauteur statique d’un peu plus de 3 m, leurs profils en Z asymétriques offrent une réponse efficace aux exigences statiques tout en guidant la lumière qui vient frapper le flanc de la poutre voisine. «Low-tech», les sheds ne sont pourvus ni d’ouvrants ni de stores. Quelques rayons caresseront – jauniront peut-être – les livres ouverts. Cela est assumé, car le contrôle strict de l’ensoleillement aurait coûté davantage que le remplacement des livres (qui sont de toute manière empruntés).

Depuis les places de travail, le ciel est donc pratiquement invisible. Seule la variation de l’intensité lumineuse du gris signalera le passage des nuages et des anges. De scandinave, la nouvelle salle ne conserve peut-être qu’une référence, que les architectes reconnaîtront sans doute: le pavillon que Sverre Fehn érigeait aux Giardini de Venise pour y importer sa lumière.

Refus de la tectonique

Concevoir ce plafond en bois aurait ramené une certaine chaleur, dans la salle comme dans les cœurs. Pendant le long développement du projet, plusieurs voix auraient demandé si cela était possible, également pour des questions de durabilité – ou du moins de son expression. Une telle option, leur a-t-on répondu, aurait augmenté la hauteur statique des poutres et suscité des difficultés lors de l’acheminement des pièces. Si les architectes imaginaient initialement que les poutres seraient préfabriquées en béton, celles-ci seront finalement coulées en place [voir ci-dessous]. Une autre option aurait été de diviser la poutre en deux portées, puisqu’une poutre BLC standard de 200 × 30 cm suffit à franchir 20 m de portée. 

Pourquoi ne pas avoir introduit un sommier et des porteurs intermédiaires? Une bibliothèque n’est pas un gymnase, ni un opéra; l’espace n’a pas à être dégagé

Dès lors, pourquoi ne pas avoir introduit un sommier et des porteurs intermédiaires? Une bibliothèque n’est pas un gymnase, ni un opéra; l’espace n’a pas à être dégagé. Les architectes des salles de lecture les plus fameuses ont d’ailleurs su tirer parti de l’élan tectonique des colonnes ou des piliers pour faire tenir leurs plafonds lumineux, que ce soit avec grâce (Labroust, Scharoun) ou avec pesanteur (Kahn, Perrault)9. Pourquoi ce refus de l’expression tectonique, réponse rationnelle (et écologique) aux problèmes statiques depuis la nuit des temps? Aurait-on, ici encore, confondu monumentalité et performance d’ingénierie?

Monumentaliser la connaissance

«Placer des porteurs intermédiaires aurait contredit l’intention du projet de concours», explique Guillaume Henry (FHV). La grande salle de lecture a été conçue comme un vaste espace unitaire dont la volumétrie est caractérisée par des terrasses qui suivent la topographie du site – poursuivant à l’intérieur celles qui se tournent vers le lac dans la partie ancienne. Dans ce projet, «la toiture doit unir l’ensemble». Les grandes poutres rayonnantes projetteront les regards vers le sud (et vers le grand paysage, quand la grande cloison qui sépare les deux parties sera retirée, à l’issue des travaux). Un système porteur avec piliers, poutres primaires et secondaires aurait créé des secteurs spatiaux en contradiction avec cette vision. Une fois les parties ancienne et nouvelle connectées, la salle de 150 m de long sera donc une gigantesque salle de lecture, une «place publique» à laquelle la communauté universitaire pourra s’identifier, selon Guillaume Henry10.

«Placer des porteurs intermédiaires aurait contredit l’intention du projet de concours» – Guillaume Henry (FHV)

Dans la bouche de l’ancien directeur, Jean-Claude Albertin, cet espace a même quelque chose de religieux. «Le projet a réellement une qualité spatiale qui supporte la comparaison des bibliothèques aux cathédrales.11» La salle de lecture sera «un espace où ce vécu de l’acquisition de connaissances se partage comme un rite initiatique». Façonnées par les idéaux révolutionnaires, les bibliothèques modernes sont devenues des espaces d’expression d’un projet démocratique, celui de la transmission universelle des connaissances. C’est encore la mission de la BCU de nos jours12.

Pas étonnant, dès lors, que certaines salles de lecture aient pris des formes et des dimensions inspirées des temples et des églises, avec leurs coupoles, leurs colonnes monumentales et leurs lumières. Parmi les références obligatoires à ce type d’édifices figure en bonne place la fameuse bibliothèque «idéale» d’Etienne-Louis Boullée. Avec ses terrasses, ses livres encastrés dans leurs murs, avec sa voûte en plein cintre qui franchit d’une seule portée un espace démesuré, cette utopie non réalisée13 éclaire encore un certain idéal architectural, jusqu’à Dorigny.

Changer le projet?

Reste à savoir si les étudiant·es verront dans ce plafond une invitation à l’élévation spirituelle ou un lourd présage. En tout, 12000 m3 de béton auraient été coulés pour réaliser l’extension14. Or le principe de sobriété, la quête d’une diversification des filières liées à l’extraction, la recherche d’une hybridité matérielle et d’une construction rationnelle – en résumé, l’application du principe universel du «bon matériau au bon endroit» auquel on aspire depuis quelques années condamneraient aujourd’hui un tel geste. Dès lors, aurait-on dû faire évoluer le projet de concours? Le rapport du jury recommandait en effet de ne pas chercher à tout prix le geste héroïque. «La bibliothèque doit être un instrument avant d’être un monument», lisait-on en 201515.

L’application du principe universel du «bon matériau au bon endroit» auquel on aspire depuis quelques années condamneraient aujourd’hui un tel geste

Ce n’est pas faute d’avoir essayé: dès l’avant-projet, des études d’optimisation ont été menées, sur la largeur du bâtiment (réduite de 3 m), sur la composition de la toiture. La question a encore été soulevée pendant l’arrêt de chantier provoqué par la révocation de l’adjudication du lot béton-maçonnerie, en 202016. Mais la conseillère d’État qui siégeait dans la commission de projet admettait que des changements n’étaient plus possibles une fois les fondations effectuées17

Il faut savoir qu’entre 2015 et 2025, trois crédits additionnels ont été octroyés, faisant passer le coût global de l’opération de 78 (devis concours) à près de CHF 100 mio18. Cela explique en partie l’abandon, en mai 2025, du grand «phare» qui devait marquer l’entrée de l’édifice dans le projet de concours, et dont la perte devrait compenser une part de ces surcoûts. La nouvelle solution d’entrée, plus sobre, maintiendra l’effet recherché à l’intérieur en minimisant l’émergence et l’impact sur la façade. 

Ce récit, comme tant d’autres, montre combien il est difficile de faire évoluer un projet pour un ouvrage d’une telle envergure

Dans un tel contexte, on n’ose imaginer ce qu’aurait provoqué un remaniement du système structurel. Ce récit, comme tant d’autres, montre combien il est difficile de faire évoluer un projet pour un ouvrage d’une telle envergure. Aussi la quête d’une optimisation s’est reportée vers les épaules des ingénieurs, qui ont su développer la solution élégante décrite en aparté. La rationalité exceptionnelle du système incite à croire que c’était l’une des meilleures options. En termes de bilan carbone, seule une étude comparative (avec des variantes BLC, par exemple) permettrait de tirer des conclusions19. Réduites en maquette 1:100, les poutres réalisées (34 m) auraient l’épaisseur du carton. Si c’est un dernier hommage au béton, alors on peut dire qu’il est réussi. 

 

Conception de la toiture

 

L’extension de la bibliothèque est dotée d’une toiture qui, en ne s’appuyant que sur ses bords, crée une vaste salle de lecture libre de tout obstacle. Résultat du travail conjoint des architectes et des ingénieurs, cette toiture se compose de la juxtaposition de 40 poutres en béton armé d’une portée d’environ 34 m, dont la section transversale répond intelligemment aux exigences statiques tout en rendant possible un éclairage naturel et indirect du nouvel espace.

 

Ces poutres de toiture reposent à leurs extrémités sur des murs de bord d’environ 5 m de haut faisant le tour de l’ensemble de l’extension. Les murs au sud de l’extension se situant sur la bibliothèque, leur réalisation a nécessité d’adapter les structures en place. Les colonnes et une partie des bords des dalles précontraintes d’origine ont été démolies et reconstruites pour supporter les nouvelles charges. Ces travaux ont été exécutés en préservant la façade nord de la bibliothèque existante qui est ainsi restée accessible durant les travaux. Les fondations ont dû être renforcées avec des profilés métalliques avant la construction de la toiture, en raison des difficultés d’accès.

 

D’une hauteur statique d’un peu plus de 3 m, les poutres de la toiture ont une section en forme de Z asymétrique. Fonctionnant en poutres simples, elles sont constituées d’une âme de 20 cm d’épaisseur, jouxtée dans sa partie supérieure par une dalle horizontale et dans sa moitié inférieure par un T couché sur lequel des vitres sont fixées. En plus de permettre un éclairage naturel, cette section inhabituelle offre l’avantage de disposer d’une surface de béton conséquente dans la zone comprimée pour répondre aux efforts de flexion, tout en stabilisant l’âme vis-à-vis du voilement et en équilibrant les poutres vis-à-vis des déformations de torsion. Précontraintes par le biais de trois câbles longitudinaux, les poutres ne sont que faiblement armées, le taux d’armature (125 kg/m3) n’excédant pas celui d’un simple mur.

 

Située à une hauteur allant de 4.5 à 15 m du sol, la toiture a été bétonnée à l’aide d’un impressionnant système de coffrages permettant de construire plusieurs poutres en parallèle. Chacune d’elles a été l’objet de quatre étapes: deux pour les parties verticales, suivies de deux pour les parties horizontales, soit un total de 160 étapes. Les poutres ont été réalisées après le bétonnage des murs de bord et des façades, effectué en quelque 70 étapes de 10 à 12 mètres. À raison d’une à deux étapes de bétonnage par jour, ces travaux se sont étalés sur une période d’un peu plus de six mois.

 

Afin de renforcer l’expression monolithique de l’extension, les murs de bord et les façades qui y sont fixées ne comprennent aucun joint de dilatation. à l’exception de quelques points 
d’attache fixes, les murs reposent librement (appuis glissants) sur des colonnes-voiles qui participent à la sécurité sismique. Pour répondre aux phénomènes de retrait ou de dilatation thermique, les dispositifs de fixation des façades, spécialement développés pour le projet, permettent des déplacements pouvant aller jusqu’à 5 cm. Dans les angles du bâtiment, les façades ne sont pas fixées aux murs et fonctionnent comme des porte-à-faux. Dans ces zones, un espace «libre» a été créé entre les murs et l’isolation de la façade, afin de permettre à cette dernière de se dilater librement sans risque de fissuration.

 

Jacques Perret est correspondant ingénierie pour la revue TRACÉS.

EXTENSION DE L’UNITHÈQUE, CAMPUS DE DORIGNY, LAUSANNE (VD)

Maîtrise d’ouvrage :
Canton de Vaud, représenté par le CoPil des constructions universitaires

Architecture :
Fruehauf, Henry & Viladoms

Direction de travaux: Pragma partenaires

Génie civil:
Schnetzer Puskas Ingenieure

Entreprise terrassement et gros œuvre: Marti Construction SA

Concours (SIA 142): 2015

Réalisation:
2020-2025, extension 2025-2027, restauration de l’édifice existant

 

Notes

 

1  Louis I. Kahn, Silence and Light, ETH Zurich, 1973. Kahn prenait l’exemple d’une bibliothèque universitaire pour exprimer son sentiment.

 

2  Sur le concept paysager du campus universitaire de Dorigny, voir: Camille Claessens-Vallet, «L’Odyssée du campus de l’Ouest lausannois», TRACÉS 6/2023

 

3  La gestion des collections liées à la recherche est effectuée en étroite collaboration avec l’UNIL (l’Unithèque est rattachée à la DGC, comme les musées cantonaux, et l’UNIL est un partenaire). Les quatre collections patrimoniales sont la Réserve précieuse, les manuscrits, l’iconopôle et les archives musicales.

 

4  Nadia Maillart, entretien avec Guido Cocchi, L’Université de Lausanne à Dorigny, Gollion, Infolio 2013, p. 179

 

5  «Ma proposition consisterait en un agrandissement qui serait enterré à l’arrière, dans le rocher». Ibid., p. 181. Dans cet entretien, conduit en 2013, Cocchi évoque également les sondages importants effectués pour connaître la composition en profondeur des sols. «Ce sont des sols compliqués, il y a des poches d’eau», p. 179. Voir également la note 39, qui cite l’étude géotechnique effectuée par le laboratoire de Géotechnique (H. B, de Cérenville), en 1979.

 

6  «Les difficultés rencontrées sont de trois ordres: premièrement, la consolidation du terrain, en raison de sa nature géologique (injection nécessaire pour le blindage des fouilles), et ce malgré plusieurs sondages préalables; deuxièmement, la construction adossée à un bâtiment existant (construction de 1983), sur un terrain instable, avec d’importants problèmes de portée dus à un surdimensionnement du projet; et troisièmement, le maintien de l’ouverture et de l’activité du bâtiment existant durant toute la durée du chantier, y compris celle du restaurant, couplé aux périodes d’examen des étudiants et à la consultation des ouvrages en bibliothèque. Le cumul de ces trois éléments a fortement renchéri les coûts.» Rapport de la commission, Grand Conseil du Canton de Vaud, avril 2022 (RC-21_LEG_249)

 

7  Extension du bâtiment Unithèque à Dorigny. Une nouvelle bibliothèque pour l’Université de Lausanne, Rapport du jury, novembre 2015, p. 24

 

8  Nadia Maillart, entretien avec Guido Cocchi, op. cit., p. 179

 

9  C’est aussi le cas des bibliothèques contemporaines, voir le catalogue réalisé par Nolan Lushington, Wolfgang Rudorf et Liliane Wong, dans Libraries, a design manual, Bâle, Birkhäuser, 2018

 

10  Guillaume Henry, Conférence Docomomo, 30.04.2025

 

11  «Projeter en continuité: l’extension de l’Unithèque», entretien avec Jean-Claude Albertin, TRACÉS 11/2017

 

12  «La Bibliothèque cantonale et universitaire permet à la population de s’informer sur tous les thèmes du savoir humain, par la mise à disposition de documents sur différentes formes de supports: a. intéressant la population en général, […].» Mission légale de la BCU, LPMI article 32 a.

 

13  Le projet de Boullée est abandonné pour des questions politiques et économiques mais la bibliothèque située sur le même site (palais Mazarin) sera réalisée au siècle suivant par Labrouste – avec des porteurs intermédiaires cette fois, ces fameuses colonnes élancées construites en fonte. En réalité, il y a deux salles: celle dédiée à la recherche est couverte d’une majestueuse coupole inspirée de la British Library. Voir Claire Bouchard, «La bibliothèque idéale de Boullée», gallica.fr, 13.09.2022

 

14  «Unithèque UNIL – La banque du savoir», Chantier magazine, 25 juin 2023

 

15  «Si la clarté du concept ne fait pas de doute, le jury pense que la mise en place de moyens constructifs plus modestes et moins héroïques serait au bénéfice d’une architecture plus évidente dans le contexte paysager de ce programme universitaire. La bibliothèque doit être un instrument avant d’être un monument.» Rapport du jury, op. cit., p. 24

 

16  «Les travaux de terrassement ont débuté en août 2020. Les travaux de béton-maçonnerie devaient débuter en janvier 2021. Cependant, à l’été 2020, le consortium adjudicataire pour le lot de béton-maçonnerie (dont le coût était devisé à CHF 14.5 millions) a revendiqué une plus-value de CHF 1.85 million. Le 17 décembre 2020, après 6 mois de litige avec ce consortium, la DGIP a révoqué l’adjudication du lot de béton-maçonnerie sur décision du CoPil des constructions universitaires. Vu les incertitudes financières, la DGIP a procédé à la suspension immédiate de toutes les adjudications et contrats en cours. En pratique, le chantier a été suspendu de façon presque complète.» Exposé des motifs et projet de décret accordant au Conseil d’État un crédit additionnel de CHF 5810000.– pour financer les dépenses supplémentaires nécessaires à la poursuite du chantier de l’Unithèque sur le campus de l’Université de Lausanne, Grand Conseil du Canton de Vaud, mars 2022

 

17  «Nous n’avons pu nous rendre compte que des économies structurelles n’étaient plus possibles que pendant l’avancement du projet, lorsque les fondations ont été réalisées.» Cesla Amarelle, conseillère d’État, membre de la commission de projet, premier débat lors de la séance du Conseil d’État du 24.05.2025

 

18  La première augmentation naît d’imprévus géotechniques et du redémarrage post-covid, la seconde pour garantir «l’exemplarité énergétique» du canton en déployant des panneaux solaires, la troisième pour mettre aux normes le restaurant. Exposé des motifs et projet de décret accordant au Conseil d’État un crédit additionnel de CHF 10700000 au crédit d’ouvrage de CHF 54700000 accordé par le Grand Conseil le 17 septembre 2019 pour financer l’extension et la mise en conformité du bâtiment «Unithèque» de l’Université de Lausanne à Dorigny, destiné à financer la mise aux normes du bâtiment (hygiène, exploitation et câblage), mai 2025. Le financement global de CHF 98.2 mio HT comprend le crédit d’étude et la subvention fédérale du SEFRI.

 

19  Pour un cas comparable, voir l’École des Plaines-du-Loup à Lausanne, initialement conçue en béton, mais réalisée en acier, bois et béton après une demande formulée par la maîtrise d’ouvrage. L’étude réalisée pour comparer les variantes de projet aboutit à la conclusion que le gros des émissions grises se situent dans les fondations: les options matérielles ont, elles, un impact mesuré. L’école des Plaines-du-Loup, Bâtisseurs suisses, espazium, mai 2025

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