Adap­ta­tion des stan­dards et ob­jec­tifs can­to­naux de pro­tec­tion du Can­ton de Vaud

La Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) du Canton de vaud a adapté ses standards et objectif de protection selon une nouvelle approche. Présentation. 

Date de publication
23-03-2022
Jacques Perret
Ingénieur en génie civil EPFL, Dr ès sc. EPFL et correspondant pour TRACÉS.

Développée par la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR) du Canton de Vaud, cette approche vise à: limiter le risque individuel de décès des usagers, y compris du personnel d’exploitation; garantir l’accès des services de secours et la disponibilité des axes d’évacuation; préserver le patrimoine vis-à-vis des dangers naturels en réduisant le risque collectif (humain et matériel); limiter les impacts (humain et économique) indirects dus à l’impossibilité d’utiliser une voie de communication.

Elle repose sur la définition, pour chaque voie de communication, d’une classe d’ouvrage (CO) et d’une classe d’exposition (CE). Les classes d’ouvrage sont les suivantes:

  • CO I: voie de communication de faible importance, pouvant être défaillante temporairement sans conséquences majeures pour la sécurité des usagers et des biens;
  • CO II: voie de communication ayant une fonction importante, mais non vitale, avec la possibilité de dévier le trafic (y compris, pour une ligne de transport public);
  • CO III: voie de communication vitale ou stratégique, ou constituant le seul accès à une localité ou à une installation importante.

Ces classes sont indépendantes des usagers (piétons, cycles, véhicules légers, transports publics, etc.), du volume de trafic (trafic moyen journalier TJM) ou des caractéristiques locales (temps de passage sur la zone de danger, visibilité d’un aléa soudain, possibilités de manœuvre, etc.), qui servent quant à eux de critères pour la définition de trois classes d’exposition (CE I, CE II, CE III). La répartition des voies de communication au sein de ces classes se fait à partir du calcul d’un trafic dit ajusté (TA) obtenu par la combinaison du TJM et de trois coefficients tenant compte de la vitesse, des transports publics et de la mobilité douce. La DGMR a alors défini, sur la base des classes d’ouvrage et d’exposition, cinq matrices SOP (VoCo 1 à VoCo 5) pour les voies de communication.

Dans ces matrices (VoCo), les situations de danger sont caractérisées par un temps de retour et une intensité. À partir de relevés géologiques, de l’observation d’événements antérieurs et de modélisation géotechnique, les différents scénarii propres au secteur étudié sont établis et classés en situation de danger. Pour chaque situation identifiée, il découle un niveau de risque et, par extension, un niveau de protection avec une action correspondante. Un temps de retour de 5 ans a été ajouté aux valeurs usuelles de 30, 100 et 300 ans pour des événements relativement fréquents (comme les chutes de blocs) qui constituent une part importante des risques pour les voies de communication.

Les matrices proposent alors trois niveaux d’action qui dépendent de la compatibilité de l’usage de la voie de communication par rapport à sa situation de danger:

  • niveau 3: l’usage de l’infrastructure est incompatible avec le danger et une action est indispensable;
  • niveau 2: l’usage de la voie de communication est peu compatible avec le danger. La nécessité d’une action est à évaluer pour un ouvrage existant. Pour les nouvelles constructions et les modifications importantes, le risque est inacceptable et une action est indispensable;
  • niveau 1: l’usage de la voie de communication est compatible avec le danger, sous réserve d’éventuelles restrictions ou conditions au niveau des permis de construire.

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