Du par­king au parc, Nyon re­con­quiert son cent­re-vil­le

Résultat de MEP pour l’aménagement de la place Perdtemps

Avec le projet «Pleine terre», l’équipe Paysagestion, Localarchitecture, mrs part­ner, küng et associés rem­porte l’aménagement de la place Perdtemps, en impo­sant une vision paysagère très forte qui valorise l’espace public et le végétal, et intègre avec intelligence et discrétion les programmes construits.

Publikationsdatum
25-09-2019

Historiquement en dehors des limites de la vieille ville, la place de trois hectares a accueilli des jardins, des vergers, des foires, un stand de tir et finalement, à partir des années 1960, un vaste parking. Aujourd’hui, la Ville entend en finir avec les stationnements en surface (les voitures seront parquées en sous-sol) et ramener la place dans le giron d’un centre élargi, animé et plus vert. C’est l’une des ambitions affichées dans le projet communal « Cœur de ville » pour renforcer l’attractivité du centre. Le parking devenu parc doit s’inscrire dans le réseau d’espaces publics et concrétiser la « boucle des adresses » en créant de nouveaux programmes de commerces et d’équipements en rez-de-chaussée. Il s’agit de retrouver des surfaces plantées et des espaces libres, polyvalents, piétons, pour cette surface dédiée depuis plus de 50 ans au stationnement. 

À l’issue d’une procédure de MEP en trois degrés lancée en juin 2018, à laquelle ont participé neuf équipes, le collège d’experts et la Ville ont retenu le projet « Pleine terre » de l’équipe pilotée par Paysagestion. 

Thierry Bruttin, responsable du projet au service de l’urbanisme de la Ville de Nyon, s’explique sur le choix de cette procédure qui a duré dix mois. La complexité du projet (ses connexions avec les autres quartiers du centre), comme du programme (édifices et parc publics, surface commerciale privée et parking de 450 places), ainsi que les enjeux politiques liés à ce type d’aménagements de grande envergure, ont conduit la Ville à rechercher un processus qui permette la rencontre, les échanges et la critique entre tous les acteurs : politiques, citoyens et équipes de concepteurs.

À l’issue de chaque degré, et dans le respect de l’anonymat prévu par le règlement SIA 143, des rencontres entre les équipes et le collège d’experts ont donc eu lieu pour approfondir et réorienter les propositions, valider ou non certaines hypothèses. Parallèlement, des ateliers citoyens réunissant 40 habitants (tirés au sort après inscription) ont travaillé sur les différents projets et formulé des observations. Ils ont également testé des usages sur la place pour explorer le potentiel du site et nourrir la réflexion des équipes. Leur présence dans ce processus a notamment permis de confirmer la volonté du Conseil communal de rejeter l’option qui avait été initialement envisagée, pour des raisons d’économie du projet, de construire des logements sur la place, pour privilégier un espace entièrement consacré à un parc. 

Pour Thierry Bruttin, la devise du projet lauréat – «Pleine terre» – a visé juste dès le début en prenant le parti de favoriser le projet paysager et en mettant l’architecture des espaces bâtis au service de cette vision. Le projet parvient en outre à répondre aux enjeux essentiels du programme : la connexion du parc aux autres espaces du centre-ville, la multiplicité des usages et des ambiances, la valorisation de la salle communale. 

Lors du troisième degré, le collège d’experts a suggéré aux trois équipes encore en lice de renoncer à implanter le parking sous le parc et de rassembler certaines des composantes du programme pour créer une construction compacte, économique et fonctionnelle. Pour Thierry Bruttin, cette solution a été très bien résolue par l’équipe Paysagestion : le caractère semi-enterré de la surface commerciale (qui fait aussi office d’ouvrage de contention), dont seule la façade est visible sur la place, la subordonne au projet d’espace public.

La Ville doit maintenant affiner un montage financier public-privé qui devrait lui permettre de tenter de réaliser une opération blanche. Elle dispose désormais d’une vision claire et coconstruite avec les habitants pour le futur parc Perdtemps. Elle devra dans les prochains mois la partager avec les partenaires privés intéressés, afin d’entrer dans la phase de réalisation, l’objectif étant de livrer le parc dès 2023. À suivre donc.

Tous les projets primés lors de ce MEP peuvent être consultés sur notre plateforme dédiée aux concours

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