Le bois en cir­cuit court

En Suisse, le bois est disponible en quantité. Alors que la construction en bois est en plein essor, comment cette ressource est-elle valorisée dans le bâtiment? Radiographie d’une filière locale en devenir.

Date de publication
22-03-2018
Revision
27-03-2018

Près de 10 millions de m3 de bois poussent chaque année dans les forêts suisses qui couvrent près d’un tiers du territoire. A l’ère du développement durable, de la traçabilité et du localisme, comment la Suisse met-elle à profit cette ressource locale disponible pour la construction? Tracés est allé à la rencontre de quelques-uns des acteurs de la filière, de la forêt au produit fini, pour comprendre leur positionnement et leurs stratégies dans un marché mondialisé et concurrentiel.

Un matériau normalisé


Le bois est devenu un matériau de construction comme un autre. Grâce au travail des acteurs de la branche pour faire évoluer les normes1 et aux efforts de communication, le bois n’est désormais plus envisagé par les commanditaires et les maîtres d’œuvre comme une variante mais comme une option parmi d’autres. Le choix du bois dès l’origine des projets, le développement d’une «culture bois» chez les ingénieurs et les architectes, ainsi que l’optimisation de la chaîne de production ont permis d’absorber progressivement les surcoûts.

Les freins objectifs à l’usage du bois ont été levés, ouvrant la voie à de nouveaux développements du marché, avec la construction en hauteur ou les structures complexes. La demande est là, chez les particuliers comme dans les communes, et maintenant chez les investisseurs qui y voient une manière de se démarquer en affichant une image eco-friendly. Cet engouement bénéficie à la filière bois, déjà bien structurée en Suisse. Pourtant, la moitié de la matière première utilisée est importée, alors que la ressource locale est disponible, en quantité comme en qualité…

La filière du bois suisse existe-t-elle?

Entendue comme «une suite de personnes en rapport les unes avec les autres, servant d’intermédiaires à une activité», une filière suppose une chaîne d’acteurs interdépendants, et couvre toutes les phases d’une activité, depuis la matière première jusqu’au client final. Pour le bois suisse, la filière se compose d’une chaîne d’acteurs qui interviennent à chaque stade de transformation : les propriétaires forestiers, privés ou publics, les exploitants, les négociants, les scieurs, les colleurs, les menuisiers, les charpentiers, plus ou moins dépendants financièrement les uns des autres, plus ou moins solidaires. Tous les métiers de la chaîne ne sont pas soumis aux mêmes impératifs économiques: certains ont le choix de leur approvisionnement, d’autres moins. Certains sont rentables, d’autres non.

Pour Daniel Ingold, directeur de l’Office romand de Lignum, la filière telle qu’elle fonctionne aujourd’hui est «l’addition de beaucoup d’intérêts parfois divergents. L’objectif commun est le même, mais les intérêts de chaque entreprise au quotidien varient. Dans la première partie de la chaîne, les propriétaires forestiers, les exploitants, les scieurs et les lamellistes ont intérêt à mettre le bois suisse sur le marché et à augmenter son potentiel d’utilisation. A l’inverse, dans la partie utilisation du bois, les charpentiers et les menuisiers peuvent être tentés de se fournir en bois étranger, de même qualité mais souvent à moindre prix. Ils utiliseront du bois suisse par choix, ou pour répondre à la demande. La filière doit être motivée par l’idée de préserver la transversalité, la solidarité de la chaîne, sinon il y aura un risque pour tous les métiers de la première transformation.»

Le bois suisse à l’épreuve du marché européen


Ilot de cherté au cœur de l’Europe, la Suisse fait les frais de la concurrence de ses voisins. A cause du prix élevé de la main-d’œuvre, le bois suisse coûte cher, à entretenir, à débarder, à transformer, à transporter. Plus cher en tout cas que le bois importé.

C’est tout le paradoxe : l’utilisation de la ressource locale, au lieu d’alléger les coûts de construction, comme on pourrait l’espérer d’une matière première disponible en quantité, tendrait plutôt à faire monter les prix. Et si l’on arrive aujourd’hui à produire des bâtiments en bois suisse, transformé en Suisse, dont le coût de sortie n’est que légèrement plus élevé qu’un bâtiment construit en béton ou en acier, c’est que certains acteurs de la chaîne, ceux de la première transformation, font un effort sur les prix, quand ils ne travaillent pas à perte. Comme l’explique Didier Wuarchoz de la Forestière, société coopérative de propriétaires et exploitants forestiers, «les prix du bois suisse sont sous pression, parce que le prix du bois est donné par les sciages d’importation en provenance majoritairement d’Allemagne et d’Autriche. Aujourd’hui, 50% des groupements forestiers sont dans le rouge et ont recours aux financements publics. Les propriétaires privés, qui n’ont pas cette possibilité, ont même tendance à négliger leurs forêts car l’activité n’est pas rentable.»

Un choix suisse: la forêt multifonction


La Suisse a fait le choix de gérer ses forêts d’une manière équilibrée, chaque forêt devant assurer trois fonctions : économique, sociale et écologique. Aucun boisement n’est donc dédié spécifiquement à l’exploitation. Pour Daniel Ingold, «à juste titre, la priorité politique fixée dans la loi sur les forêts, c’est la biodiversité, la protection contre les risques naturels et ensuite la valorisation de la matière première. En Suisse, la forêt est jardinée, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres endroits du monde où l’on fait des coupes rases ou des plantations spécifiques pour l’industrie des panneaux par exemple. Les fonctions sociales et environnementales de la forêt suisse ne sont pas forcément assurées par la concurrence, qui livre, elle, un matériau qui répond à une demande. Ici, ce sont les gestionnaires de la forêt qui choisissent ce qu’ils mettent à la disposition de la filière, pas les utilisateurs.»

Face au recul de l’exploitation des forêts suisses (4,46 millions de m3 de bois ont été récoltés en 2016, en baisse de 2 % par rapport à 2015), Daniel Ingold s’inquiète des risques qui pourraient peser sur l’exploitation forestière et menacer de fait la filière. Il craint par exemple que le bois ne reste en forêt, soit parce que l’activité n’est pas rentable pour les exploitants, soit parce qu’ils vont privilégier une activité d’entretien, subventionnée et moins complexe.

Faut-il alors valoriser davantage l’exploitation, soutenir mieux les exploitants, subventionner l’activité pour permettre aux premiers maillons de la chaîne de bénéficier du développement de la filière?

La forêt répond-elle aux besoins en bois suisse pour la construction?


Peuplée à 60% de résineux, bien adaptés au secteur de la construction, et à 40 % de feuillus, la forêt suisse a progressivement évolué vers des peuplements plus mixtes, en essence et en âge. Chaque année, environ cinq millions de m3 de bois en sont extraits sous forme de grumes, de bois-énergie et de bois-industrie. Sous-exploitée, à la fois à cause du niveau des prix très faibles du bois à la vente et de l’inaccessibilité de certains boisements, la forêt telle qu’elle est gérée aujourd’hui est-elle à même de répondre à la demande en bois pour la construction?

Jean-Marc Ducret, directeur de JPF Ducret, l’une des grandes entreprises de construction bois en Suisse romande, qui s’approvisionne à 95 % en bois suisse, répond par l’affirmative: «Nous travaillons avec les deux grandes scieries de Suisse romande et nous n’avons jamais eu de pénurie, ni en qualité, ni en quantité.» Didier Wuarchoz est plus nuancé: «La forêt a du mal à s’adapter à la demande en bois. Elle peine parfois à faire correspondre les besoins précis des scieurs avec ce qu’elle a à offrir. Nous avons par exemple un problème de gros bois – les bois de plus de 50 cm de diamètre – parce que nous n’exploitons pas assez les forêts. Or, les scieries industrielles sont équipées de machines automatiques (des canters), limitées à 40 ou 50 cm. La demande est croissante pour des bois petits et moyens, dont on peut faire des lamelles. La capacité du marché à absorber les gros bois n’est pas très élevée.»

De son côté, Daniel Ingold estime qu’«en théorie, la forêt suisse pourrait répondre aux besoins quantitatifs de la filière construction bois. Elle produit autant que ce qui est consommé. Dix millions de m3 de bois poussent chaque année et on en a utilisé pour la première fois moins de cinq millions en 2017, alors que l’utilisation du bois augmente, ce qui signifie qu’on a importé plus. Sept ou huit millions de m3 pourraient être utilisés, mais pas dix. S’il y avait une grosse demande ou si on doublait le marché de la construction bois en Suisse, on serait vite aux limites de la forêt, mais sans doute plus vite encore aux limites d’une partie de la filière.»

Coût global compétitif


Si le bois suisse est plus cher que le bois d’importation (les plus-values sur le matériau bois suisse lui-même s’élèvent à 10-20%), le coût global des constructions en bois parvient à rester compétitif. L’étude Plus-value bois suisse du 26 février 2014, réalisée par l’Office romand de Lignum et l’association forestière valaisanne, montre que la plus-value s’élève pour l’ensemble d’une construction à environ 1 à 2% pour une maison individuelle, 1,5 à 2,5% pour un immeuble et 0,4 à 0,6% pour une halle. Pas grand-chose donc à l’échelle d’un projet, pour un maître d’ouvrage motivé à utiliser du bois local.

Le surcoût lié au bois lui-même parvient à être absorbé par les autres acteurs de la chaîne, qui ont fait évoluer leur modèle d’affaires, se sont spécialisés et ont industrialisé les processus de transformation. Pour Samuel Ballif, du bureau d’ingénierie Ratio Bois, «la Suisse est un trop petit pays, donc un trop petit marché, pour avoir des entreprises de première transformation qui scient de tout à des prix concurrentiels. Chaque entreprise est obligée de se spécialiser dans un domaine, de mécaniser au maximum la ligne de production pour être compétitive. Comme le fait la scierie Zahnd à Rueyres par exemple, qui se fournit en bois suisse: elle s’est spécialisée dans le sciage de planche à coller, ce qui lui permet d’être économiquement rentable et intéressante pour le marché.»

Rationaliser l’exploitation de la forêt pour abaisser les coûts


Sur quels leviers faut-il agir pour faire baisser les coûts d’exploitation et consolider ainsi les premiers maillons de la filière, fragilisés par la concurrence?

La Forestière est active sur plusieurs fronts. Elle développe des liens étroits entre les propriétaires forestiers et les scieurs ou les marchands de bois, en négociant les prix, en s’adaptant aux fluctuations du marché et du taux de change franc/euro. «Nous sommes tout à fait conscients au quotidien de travailler pour une filière. Les scieurs sont fragilisés aujourd’hui: les scieries traditionnelles qui fournissent du bois massif, utilisé auparavant pour la construction, disparaissent au profit des scieries industrielles qui produisent des lamelles. Si nous arrêtions de fournir une scierie pour des questions de prix, on se tirerait une balle dans le pied», témoigne Didier Wuarchoz.

Pour aller dans le sens d’une optimisation de l’exploitation, les propriétaires forestiers (2800 propriétaires publics et 244 000 particuliers pour l’ensemble de la Suisse, source OFS 2014) sont incités à augmenter la taille des exploitations en créant des groupements forestiers et à travailler davantage avec les entreprises spécialisées dans la récolte du bois, capables d’investir dans des machines performantes. En somme, comme les scieries et les entreprises de charpente qui ont déjà franchi le pas, les exploitants sont sommés de rationaliser au maximum le processus d’extraction du bois, autrement dit industrialiser et mécaniser, «raisonnablement», précise Didier Wuarchoz.

Valoriser toutes les ressources de la forêt

L’avenir de la filière passe aussi par une réflexion sur la gestion des boisements et la valorisation du bois de construction, notamment des bois durs, tout en restant compatible avec les principes d’équilibre fondamentaux définis par la législation sur la forêt.

Les bois durs restent encore un marché de niche pour des réalisations spécifiques (comme des rénovations), quand ils ne finissent pas broyés. Pour Jean-Marc Ducret, «il faut être ouverts aux performances de ces matériaux. Le frêne ou le hêtre présentent des qualités mécaniques exceptionnelles qui permettraient par exemple de faire des structures porteuses plus fines.» Des projets de recherche et développement sont actuellement en cours à la Haute école spécialisée bernoise à Bienne (lire l'articel Vers le bois 4.0).

Labelliser pour exister


Pour sensibiliser les clients comme les acteurs de la chaîne de production et soutenir l’économie de la forêt et du bois, plusieurs associations et organismes ont créé des labels ou des certifications attestant de la qualité et de la provenance des bois. Dans le cadre de sa démarche de promotion du bois suisse, Lignum a ainsi créé en 2009 le label COBS – Certificat d’origine bois suisse – qui peut s’appliquer à un bâtiment entier, ou seulement une partie, à des entreprises pour l’ensemble de leur production ou seulement certaines lignes de produits (utilisateur COBS agréé). «Le label COBS est attribué à des entreprises ou à des objets, selon deux critères, explique Daniel Ingold : minimum 80 % de bois d’origine suisse et minimum 60% de travail en Suisse. Les propriétaires forestiers et les scieurs peuvent se faire certifier, ce qui semble logique. Chez les menuisiers, qui traitent différents bois, de l’acier, du PVC, on est parfois obligé de segmenter : on peut certifier une ligne de production, par exemple s’ils font des fenêtres en bois suisse »

D’autres labels se disputent aussi les forêts: la certification Bois des Alpes, dans le massif alpin français, qui s’applique à des «produits transformés localement en circuit court développant le savoir-faire des entreprises régionales», ou encore l’AOP Bois du Jura, qui choisit de valoriser une filière locale, transfrontalière. Son aire géographique se situe à cheval sur la frontière franco-suisse, pour tenir compte des échanges économiques qui existent déjà entre les deux pays: 80% du bois neuchâtelois est par exemple exporté et scié en France.

L’obstacle des marchés publics


Reste un obstacle à l’utilisation du bois suisse dans les constructions publiques. Le principe de mise en concurrence et de non-discrimination posé par les directives de l’OMC dans le cadre des marchés publics interdit au maître d’ouvrage de spécifier la provenance des matériaux. Pour Daniel Ingold, c’est d’abord la rigidité de la loi sur les marchés publics qui limite le développement de la filière. Il en appelle à plus de souplesse dans l’application de ces normes qu’il juge inadaptées aux conditions cadres, à la structure économique et artisanale et à l’échelle de la Suisse. Pour inciter les maîtres d’ouvrage publics à avoir recours au bois suisse, Lignum a édité un guide à leur attention: Favoriser le bois suisse lors des appels d’offres. Y sont détaillées les multiples options qui permettent de faire jouer les règles des marchés publics dans le sens du bois suisse. A défaut de demander explicitement du bois suisse, les communes peuvent par exemple définir des critères environnementaux liés aux émissions de gaz à effets de serre ou des spécifications qualitatives et techniques.

Le propre bois


Autre option qui s’offre aux maîtres d’ouvrage publics qui souhaiteraient réaliser des projets en bois suisse : le faire avec leur propre bois. Ils peuvent ainsi mettre gratuitement leur bois à disposition d’une scierie, d’un atelier de charpente ou d’une menuiserie, en établissant une première soumission pour la fourniture et production du bois d’œuvre, puis un second appel d’offre pour la construction elle-même: transformation du bois et pose. C’est le choix qu’ont fait plusieurs communes romandes pour leurs équipements publics (Vaulruz, Bassins, Bercher, Ursy…), ainsi que le Canton de Fribourg pour la réalisation du bâtiment de la Police cantonale à Granges-Paccot, dont les images illustrent cet article.

Cette démarche n’est pas sans soulever un certain nombre de difficultés techniques, juridiques, opérationnelles, qui doivent être anticipées. Mais pour Jean-Marc Ducret, la filière a tout intérêt à aller dans ce sens. Quand on évoque les obstacles possibles, comme l’inadéquation du bois communal avec les besoins de la construction par exemple, il répond: «C’est à la filière de se débrouiller. Si le bois de la commune n’est pas d’assez bonne qualité ou ne correspond pas exactement aux besoins pour la construction projetée, on pourrait imaginer des systèmes de compensation, des équivalences ou des processus qui permettent d’arriver au résultat. C’est dans l’intérêt de la filière de jouer le jeu.»

Vers la normalisation de la filière


La filière bois suisse se situe à une étape intermédiaire selon Daniel Ingold : « Les bâtiments qui sortent aujourd’hui sont exemplaires, réalisés dans des démarches pratiquement exceptionnelles. Ils nous servent à montrer ce qu’il est possible de faire et à lancer la philosophie. Or, le but n’est pas de construire un ou deux bâtiments emblématiques, mais de faire en sorte que le bois suisse soit une option comme une autre ». Il milite également pour que la « voie du bois suisse ne soit pas une contrainte mais qu’elle se normalise, ce qui passe par un changement de modèle d’affaires pour les entreprises.» Après les privés et les communes, Lignum cible les investisseurs qui pourront construire des immeubles de plusieurs étages en bois, rapidement. Pour Jean-Marc Ducret, l’avenir de la filière bois suisse passe aussi par la construction d’immeubles: bâtiments administratifs, logements, constructions modulaires, écoles, ce que confirme Samuel Ballif : «L’enjeu, c’est de construire des immeubles de moyenne hauteur, jusqu’à six niveaux, parce qu’on sait le faire et qu’on arrive à être compétitif sur ce type d’objets. La construction en bois est devenue une industrie. Plus les développements technologiques avancent, plus la demande augmente. On optimise notre façon de construire en définissant les constructions en bois dès le début, avec des systèmes répétitifs concurrentiels. La rentabilité des entreprises augmente. La différence de coût à bâtiment égal entre un bâtiment en béton ou en bois est minime, voire inexistante, et on pourrait imaginer que ça se reproduise dans la première transformation s’il y a une demande accrue et qu’on arrive à optimiser les systèmes de production. L’avenir passe par l’augmentation de la demande, à l’échelon suisse, mais ce sera pareil à l’échelon mondial.»

 

Note

1. Tous les dix ans, l’Association des Etablissements cantonaux d’assurance incendie AEAI révise les prescriptions de protection incendie pour l’utilisation du bois dans la construction. En 2005 et 2015, les nouvelles prescriptions ont levé les limitations pour les ouvrages en bois.

 

MAD3 : une histoire de bois

Le nouveau bâtiment de cinq niveaux de la Police cantonale fribourgeoise à Granges-Paccot (MAD3), livré en novembre 2017, est construit en bois issu des forêts du canton. L’Etat a fourni gratuitement la matière première que plusieurs scieries et entreprises de charpente se sont chargées de transformer. Les travaux d’assemblage et de construction ont ensuite fait l’objet d’une procédure ouverte, conformément aux règles des marchés publics. 2457 m3 de bois indigène ont été mobilisés pour la construction de ce bâtiment conçu par deillon delley architectes SA en collaboration avec la société d’ingénierie Chabloz & Partenaires.

La série de photographies qui illustre cet article est extraite de l’ouvrage MAD3: bâtiment de la Police cantonale à Granges-Paccot, édité par Lignum Fribourg, 2017 / Fr. 49.–, commande: info@lignum-fr.ch

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