Le 13 fé­vrier de la presse spé­cia­li­sée: li­berté, éga­lité, pu­bli­ci­tés

Si les annonces publicitaires détonnent dans nos pages, leur nombre et leur diversité sont la garantie de notre indépendance éditoriale, mais aussi le reflet véritable du milieu économique dans lequel baigne la culture du bâti.

Date de publication
11-02-2022

Un an après la refonte du projet éditorial de notre revue, certains retours critiques ont relevé qu’avec la nouvelle sobriété de la maquette, les publicités prenaient une place importante, voire dominante. C’est vrai; et c’est un mal pour un bien. Les votations actuelles sur le soutien public aux médias suisses – qui génèrent beaucoup de malentendus et d’amalgames sur ce qu’on nomme sans beaucoup de discernement «les médias» – nous offrent l’opportunité de faire le point sur notre modèle économique, qui détermine notre indépendance éditoriale.

Tracés n’est pas exactement la revue de la SIA. Elle est, depuis 150 ans, la revue partenaire – «l’organe officiel» – de l’association en Suisse romande. Celle-ci est également devenue l’un des actionnaires (majoritaire) de la maison d’édition espazium – Les éditions pour la culture du bâti et contribue à son financement. Dans les faits, seules les rubriques lisiblement estampillées du logo aux trois lettres constituent des contenus émanant directement de l’association. Jusqu’ici, aucun autre contenu n’a été favorisé ou censuré par l’association, consciente que toute atteinte à la liberté éditoriale de ses revues partenaires nuirait directement à ses propres intérêts. Les prises de positions critiques sur les normes, les conditions de travail ou les concours sont encouragées. À propos, nous aimerions en recevoir plus souvent de nos lecteurs.

Sur le plan économique, ce partenariat assure surtout au titre une distribution importante auprès des membres ingénieurs et architectes, un lectorat spécialisé recherché par les annonceurs. C’est ce marché-là qui constitue la très grande majorité des revenus de la maison d’édition: publicités d’entreprises, offres d’emplois, annonces de concours.

Or, comme vous le savez sans doute, ce marché est en chute. La presse technique imprimée n’est pas épargnée par la baisse, progressive et inéluctable, des revenus publicitaires amorcée avec la numérisation des médias. D’après la Fondation statistique suisse en publicité, rien qu’entre 2016 et 2020, elle aurait perdu 40 %1 de ses revenus publicitaires. Oui, vous avez bien lu. Chez espazium, nous surmontons cette situation en nous réinventant : le lancement de la plateforme espazium.ch, d’abord, puis les tirés à part, financés par des partenaires; enfin les soutiens sporadiques, comme celui de la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE) à la rubrique Réalisations, qui contribue à valoriser les entreprises ayant participé à un projet (même en dehors du canton de Vaud).

La communication institutionnelle, les titres racoleurs, l’auto-promotion ou les contenus sponsorisés gagnent du terrain: à ce concert absolument inaudible, nous préférons l’honnêteté intellectuelle. Dès lors, si les annonces publicitaires détonnent dans nos pages si soigneusement composées, nous nous en réjouissons! Leur nombre et leur diversité sont la garantie de notre indépendance éditoriale, mais aussi le reflet véritable du milieu économique dans lequel baigne la culture du bâti. C’est cette diversité qui nous autorise à traiter de thématiques parfois délicates sans craindre d’ébranler les valeurs portées par tel ou tel groupement.

Note

 

1 Enquête «Vue d’ensemble recettes publicitaires nettes 2016-2020», Fondation statistique suisse en publicité, 2021

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