Ci­vic tech: les pro­jets nu­mé­riques de consul­ta­tion ci­toyenne s’in­ten­si­fient

Si la fabrique de la ville repose sur un panel de professionnels varié, elle implique également toujours plus les citoyens, en particulier pour les projets d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Dans ce domaine, les outils numériques et de mise en réseau sont une piste qu’on ne peut négliger. Afin de mesurer et localiser ce phénomène, le Laboratoire de Sociologie Urbaine de l’EPFL (LaSUR) a créé la première enquête nationale dédiée à ce sujet.

Date de publication
30-01-2020
Julia Jeanloz
Rédactrice en charge des pages SIA de la revue Tracés

Baptisée «Baromètre des Civic Tech», cette dernière a pour ambition de cartographier la diversité des technologies et leurs usages, ainsi que d’identifier les acteurs impliqués à l’échelle nationale. Déployée entre août et novembre 2019 auprès de collaborateurs de communes, villes ou de cantons suisses, cette enquête compte 83 répondants, répartis entre la Suisse romande, alémanique et le Tessin. 

L’enquête du LaSUR, menée avec le Service de concertation et de communication du Canton de Genève, met en évidence une amplification du recours aux outils numériques participatifs, sous des formes toujours plus variées et essentiellement top-down. Sont notamment utilisés des sites web ou blogs, des données en open data, des réseaux sociaux ou d’autres outils contributifs favorisant l’échange d’idées et la formulation de propositions. Il est à noter qu’il existe une forte tendance à l’hybridation de ces dispositifs, à travers une complémentarité du physique/présentiel avec le numérique/à distance. Néanmoins, la moitié de ceux-ci ne permettent pas réellement aux citoyens de contribuer, puisqu’il s’agit davantage d’outils de communication que de participation.

Des outils de prédilection pour les projets d’urbanisme

En Suisse, admet Armelle Hausser, doctorante au LaSUR, ce sont en priorité les domaines de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, de la jeunesse, des sports et de l’environnement qui privilégient ce type d’initiative. Celle qui examine ces outils dans le cadre de sa thèse ajoute que l’intérêt pour ces derniers est grandissant: dans les douze mois à venir, les collectivités suisses ont pour projet de déployer pas moins de 31 dispositifs civic tech. Enfin, cette enquête souligne que ces initiatives émanent principalement des organes exécutifs des collectivités suisses, indépendamment des obligations légales.

Biais de l’enquête

L’un des points névralgiques de ces dispositifs réside dans la prise en compte des contributions citoyennes. L’enquête suggère que celles-ci sont intégrées de manière marginale dans la prise de décision des collectivités suisses. De plus, l’évaluation de l’impact de ce type de dispositif reste en suspens, faute de pouvoir les comparer avec des initiatives analogues plus anciennes. Finalement, les réseaux de communication des initiateurs de l’enquête étant davantage présents en Suisse romande, les répondants alémaniques et tessinois sont minoritaires. Un second baromètre, prévu fin 2020, fera un nouveau point sur la question.

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