Bâti et pay­sage: conci­lier des in­té­rêts di­ver­gents

Conférence des sections et des groupes professionnels 2018.

La conférence des sections et des groupes professionnels 2018 s’est articulée autour de trois thématiques : la culture du bâti et le paysage rural, la nouvelle dynamique financière de la SIA, ainsi que la collaboration entre les sections et le bureau.

Date de publication
05-12-2018
Revision
06-12-2018

Le 26 octobre, Lucerne accueillait la conférence des sections et des groupes professionnels de la SIA et ses 93 participants, dont 68 délégués, en provenance de toute la Suisse. D’entrée de jeu, Daniele Biaggi, membre du comité et trésorier de la SIA, a abordé les finances de la Société, exposant les mesures que celle-ci doit adopter pour corriger son déficit structurel – un déficit dont faisait déjà état le rapport annuel 2017.

L’heure est au redressement


Il a insisté sur le fait qu’il est temps d’agir et de rétablir la situation afin de renouer avec un résultat bénéficiaire. La réduction des coûts de personnel et la diminution des contributions accordées aux organisations tierces en sont le douloureux corollaire. Désormais, lorsque de nouvelles activités seront lancées, il faudra aussi chercher à compenser en abandonnant d’autres projets. Ces différentes mesures sont inévitables si l’on veut rééquilibrer les comptes. La constitution de nouvelles réserves exigera, quant à elle, des revenus supplémentaires moyennant la vente de nouveaux services, produits et cours ainsi que l’augmentation des cotisations d’affiliation. Seule une base financière solide donnera à la SIA l’assise nécessaire pour continuer à assumer son rôle de chef de file des associations de concepteurs. Le président de la SIA Stefan Cadosch a ajouté, pour conclure, que toute dépense devait se faire dans l’intérêt de la SIA et de ses membres.

Joris Van Wezemael, directeur de la SIA depuis juin 2018, a ensuite rendu compte de son « tour de Suisse » auprès des sections, d’où il ressort que les synergies entre les sections et la SIA Suisse doivent être nettement renforcées (voir à ce propos l’article « Un voyage instructif »).

Culture du bâti et paysage rural


Le volet central de la conférence était cette année consacré au rapport entre le bâti et le paysage sous l’égide du groupe professionnel Environnement. En ligne de mire : la construction hors des zones à bâtir. Ariane Widmer-Pham, architecte, urbaniste et membre du comité SIA, a présenté la Prise de position relative au paysage de la Société. Ce document paru en 2017 doit éveiller la responsabilité des membres SIA et les orienter en ce sens, car c’est à eux qu’il incombe de garantir la qualité des ouvrages en dehors des zones constructibles afin de préserver le paysage et d’en améliorer la qualité.

La politique du paysage est l’affaire de tous


Dans ce contexte, Christiane Guyer du service lucernois de l’agriculture et de la sylviculture (LaWa) s’est exprimée sur les défis rencontrés dans son canton. Elle plaide également pour un changement des mentalités dans notre rapport au paysage et estime que les membres SIA ont un rôle essentiel à jouer à cet égard. En effet, l’attractivité du paysage lucernois est à double tranchant, puisqu’elle contribue à attirer de nouveaux arrivants, source de mitage. C’est pourquoi il est primordial de réfléchir à un concept paysager global et de mettre en œuvre la stratégie correspondante. Ces travaux sont actuellement en cours et tous les acteurs concernés sont appelés à s’impliquer, soit les maîtres de l’ouvrage, les architectes, les concepteurs, les communes – sans oublier la population. Selon Christiane Guyer, de nombreux échanges et un important travail de persuasion doivent être menés pour obtenir le large soutien nécessaire. Car la politique du paysage est l’affaire de tous.

Concilier des intérêts divergents


Un canton qui a réussi à susciter une véritable prise de conscience de la problématique de la construction hors des zones à bâtir est Zoug. Martina Brennecke, aménagiste cantonale suppléante et responsable du service Nature et paysage, a expliqué la raison de ce succès lors de la table ronde qui a suivi. Les différents besoins doivent être pris au sérieux, même si les points de vue divergent. Martina Brennecke prend l’exemple du maître de l’ouvrage qui souhaite concrétiser son rêve de maison à la campagne et met en garde contre une attitude moralisatrice. Plutôt que de vouloir donner des leçons, entre autres sur des questions esthétiques, il importe d’instaurer un rapport d’égal à égal et d’être à l’écoute pour ensuite travailler ensemble. Dans cet esprit, le Canton de Zoug a élaboré un guide qui bénéficie aujourd’hui d’un large soutien. Si la collaboration s’avère fructueuse et débouche sur une construction de qualité, tous en profitent.

 

Prise de position de la SIA sur le paysage

Les documents suivants sont disponibles en allemand uniquement :

Disponible sous www.sia.ch/pppaysage

Étiquettes

Sur ce sujet