Le pa­villon po­lo­nais à la 13e Bien­nale d’ar­chi­tec­ture

«Making the walls quake as if they were dilating with the secret knowledge of great powers»

Date de publication
10-09-2012
Revision
19-08-2015

Les murs sont-ils d’équerre? D’où viennent ces bruits? Incrédules, les uns palpent les surfaces grises, tandis que les autres collent leur oreille aux parois qui revêtent l’intérieur du pavillon polonais. Certains se tiennent même les yeux fermés dans cet espace que sa métamorphose soustrait à toute référence, obligeant le visiteur à s’imprégner de sa présence matérielle. Citant le roman «Dombey et Fils» de Charles Dickens, le commissaire Michal Libera, expose l’idée à l’origine de cette remarquable installation spatiale: celle de percevoir l’espace de façon sensuelle et de le réentendre. A cette fin, l’architecte Katarzyna Krakowiak a conçu le plus habile des dispositifs: un revêtement de sol et des murs gris, dont le décalage de quelque 2,5° de la verticale provoque un effet proprement déroutant, mais avec assez de retenue pour détourner l’attention vers la perception auditive. Cet arrière-plan sonore est saturé par plus de 50 haut-parleurs répartis dans le volume, qui déconcertent l’ouïe par des successions de sons à basse fréquence.
L’installation plonge ainsi directement au coeur des interrogations liées à la notion de «Common Ground». Comment faut-il en effet entendre la création d’un espace appartenant à tous? A quoi peut-il ressembler et quels en sont les déterminants? Au pavillon polonais, Libera attire notre attention sur l’importance de notre perception, en nous confrontant à la finesse de nos impressions sensorielles – un aspect certes souvent invoqué, mais qui demeure encore trop négligé en architecture. Décerné à ce travail, le Prix de la Biennale est cette année plus que mérité.

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