Con­grès mon­dial de l’UIA à Bar­ce­lone

Gros succès pour le grand festival des architectes entre architectes

10’000 participants, 250 intervenants, des discussions sans contradicteurs et une exposition-instagram. Au 29e congrès de l’Union Internationale des Architectes (UIA), le format festival a pris le dessus sur le congrès. Mais dans les interstices, les débats les plus utiles avaient bien lieu: il est temps que les architectes reprennent le pouvoir, a-t-on entendu.

Date de publication
07-07-2026

Était-ce vraiment un congrès? Avec ses conversations mises en scène, ses installations et ses expos pop-up, on aurait plutôt dit une biennale, voire une version géante du Baukultur Festival! L’Union internationale des architectes rassemble quelque 100 000 membres de 133 pays: son congrès mondial, organisé tous les trois ans, est la principale grand-messe internationale de la profession. Mais jamais elle n’avait pris une telle dimension. Le dispositif donne le ton: huit scènes simultanées, dont une grande salle plénière de plus de 4000 places. C’est là, dès 9h du matin, que les personnalités du moment rivalisent de propos engagés, devant cinq caméramen et quatre écrans géants, dans une scénographie digne d’un talk-show télévisé.

Instagramisation

En parallèle, une exposition est montée à partir des travaux des intervenants sur le site des Tres Xemeneies – une ancienne centrale usine thermique (gaz/fioul) désaffectée, dont les trois cheminées monumentales offrent un cadre spectaculaire et particulièrement photogénique. Un décor à la Mad Max idéal pour trinquer au monde en transition: la mégastructure, qui devrait être reconvertie en centre des médias XXL, accueille des événements dans l’entre-deux. L’exposition du congrès UIA est déployée dans les plateaux et dédales de cette cathédrale de béton. Elle déçoit, car elle consiste en réalité à rassembler pour chaque speaker 1-2 images, accompagnées d’une légende sommaire, qui ne permettent pas d’entrer dans le projet. On dirait un gros compte Instagram qui reposte des images déjà vues, et qui confirme que le sujet du jour, c’est la sélection, pas les projets. Les installations sont plus inégales: celles de BC Materials et le mur en réemploi du SXL (déjà présentées au Baukultur Festival) tirent leur épingle du jeu; les autres évoquent les pavillons-métaphores habituels, eau, terre, bienveillance, etc.

Un congrès sans contradicteurs

Le soir, les speakers du jour sont rassemblés dans l’Open Forum, une sorte de grand pow wow pacifique. Au cours de cette interminable discussion – il faut bien donner la parole à tout le monde –, chacun tâche de lancer sur l’écran géant son vibrant manifeste, en brodant sur l’un des six thèmes vaguement philosophiques du congrès – Becoming Embodied, Becoming Circular, Becoming Interdependent, etc. Ça rappelle cette biennale de Venise 2021 où l'on voulait sauver le monde à coup de citations de Bruno Latour. Ce sont les sujets inclusion, réemploi, droit au logement et de la (non-)démolition qui dominent. C’est brave, engagé, mais une fois de plus les décideurs n’ont pas été invités aux discussions: maîtres d’ouvrage, politiques, entreprises, on les a bien critiqué (à l’exception d'Holcim, l’un des principaux soutiens du congrès). Les absents ont toujours tort. Mais comme ils étaient absents, ils n’ont pas entendu.

200 happy fews

Au sortir de ces grandes sessions plénières, on discute surtout d’une seule question: qui était là, et qui n’y était pas? Car c’est bien de cela qu’il s’agit à Barcelone: le choix des intervenants est le manifeste. Les six commissaires – omniprésents – ont réussi un tour de force en réunissant plus de 200 speakers – une line-up présentée comme une affiche de festival électro. Les starchitectes brillent par leur absence, à quelques exceptions près: des Pritzker (Lacaton & Vassal, Smiljan Radić Clarke, Shigeru Ban), des stars locales (H Arquitectes, Ted’A), les nouvelles stars (Bruther, Boltshauser) et quelques fausses notes, tel Junya Ishigami, qui obtient une heure trente à lui tout seul pour une conférence modestement intitulée My Work. Les employés apprécieront. Pour le reste, ce sont surtout des architectes engagés – publiés, exposés, pavillonnés – et celles et ceux qui s’expriment autant voire plus qu’ils ne bâtissent: Andrés Jaque, Tatiana Bilbao, Marina Tabassum, Lacol, etc. Le name droping est sans fin, mais il faut le reconnaître, les hôtes sont celles et ceux que l’on admire, même si, dans cette sélection, l’Europe est surreprésentée, ainsi que les grandes écoles du continent, au premier rang desquelles l’EPFL et surtout l’ETH Zurich.

Festival ou congrès?

La stratégie mise en œuvre à Barcelone a donc permis de rassembler 10 000 personnes de 146 pays – 62% en provenance d’Europe – et de dégager des recettes importantes. Mais les commissaires avaient-ils vraiment pour mission de créer une sorte de festival? On apprend en coulisses que la Ville de Barcelone entend capitaliser sur l’expérience pour lancer un méga-événement bisannuel (qui rivaliserait avec Venise – puisque l’Arsenale déçoit). L’UIA aurait-elle servi de marchepied à ce projet? Cela expliquerait pourquoi les sessions «sérieuses» du congrès – pédagogie, concours, défense des intérêts professionnels, etc. – ont été reléguées dans un programme parallèle, des «événements collatéraux» difficiles à trouver en ligne, organisés dans de petites salles, ou dans un autre centre de congrès, le DHub. C’est là que les délégations du monde entiers échangent des salutations diplomatiques, c'est là que se tiennent discrètement, au sous-sol, les expositions nationales, en général par un indigeste catalogue de projets récents. La Suisse s’y distingue en présentant non pas des projets mais les processus de sélection de trois démarches, avec ou sans critères Davos: l’annuaire SAY26, le SIA-Masterpreis et le Prix SIA.

Petit tour d’horizon

Lors de la première session plénière, un propos donne le ton du congrès: puisque les politiques ne nous écoutent pas, travaillons directement avec les habitants. Dès lors, les débats les plus intéressants se sont déroulés dans les salles secondaires, là où des architectes expliquent comment ils ont développé leurs propres solutions ou généré eux-mêmes la commande, seul moyen d’agir concrètement.

Que rapporte-t-on d’un tel événement? Des discussions noyées dans une masse de propos mal structurés et surtout sans réels débats, mais aussi une quantité d’échanges très riches, dans les plus petits auditoires et dans les programmes parallèles au congrès. L’entre-soi a du bon. Comme il était physiquement impossible d’assister à toutes les sessions, je vous propose une sélection de propos qui tournaient autour de cette idée: si les architectes veulent opérer une véritable transition, ils doivent le faire eux-mêmes et ne plus compter sur les décideurs et les structures en place. Vous trouverez dans un épisode de la Baukultur Radio des témoignages en français des personnes mentionnées ci-après.

Matériaux, souveraineté, mémoire

Un jeune architecte vietnamien, Trung Mai, a livré dans le panel Economy of Means un témoignage percutant. Pour être reconnu comme représentant de l’Asie du Sud-Est dans ces grands événements internationaux (occidentaux), explique-t-il, il ne faut pas être trop moderne: mieux vaut présenter des projets légèrement folkloriques, correspondant à l’image attendue par l’Occident – durabilité, savoir-faire traditionnels, si possible avec des bambous. Il tente de s’émanciper de cette assignation tout en poursuivant une carrière internationale, alertant sur les démolitions massives en cours à Hanoï. Sa pratique exploite le réemploi – non pour la durabilité, mais pour la mémoire.

Cinq ans après le dossier consacré par TRACÉS à la construction terre à Dakar, on retrouve Nzinga Mboup (agence Worofila, Sénégal) dans le panel Earthly Cycles: Bio-based Materials and Territorial Networks. Elle explique pourquoi son agence emploie les produits terre: pour des questions de «durabilité», certes, mais surtout pour vivre et faire vivre; réguler le climat intérieur, exploiter des ressources locales et économiser une énergie coûteuse au profit de la main-d’œuvre locale. En un mot: pour la souveraineté. Worofila réalise au Sénégal un centre de formation pour les futurs ouvriers spécialisés dans les produits bio et géosourcés locaux. L’enjeu, immense, est de reconstruire une filière.

Dans les sessions dédiées à la construction terre et au réemploi, les débats les plus techniques ont souvent été les plus stimulants. Dans la plénière Becoming Embodied, qui réunissait notamment BC architects & studies & materials et Bruther, il n’était plus question de poursuivre le narratif du matériau ancestral, mais de passer à la production industrielle – condition indispensable pour changer à grande échelle l’usage des terres excavées. Ken de Coomans, de l’entreprise belge BC Materials (une quarantaine d’employés, organisée en coopérative), déploie trois axes – architecture, matériaux, recherche – qui fonctionnent ensemble et se nourrissent mutuellement. Pour lui, les architectes doivent participer activement à la recherche et au développement des matériaux: impossible de faire autrement si l’on veut une architecture réellement responsable.

S’engager dans les normes et les règles

Charlotte Malterre-Barthes, dans The Politics of Reuse: Housing, Policy, and Urban Strategies, a incité les professionnels à se réinvestir dans les commissions de normes et de standards – comme le prône la SIA – afin de ne pas les laisser aux mains des entreprises, compétentes mais forcément intéressées. Si les règles favorisent systématiquement la démolition-reconstruction, le réemploi restera marginal. La récolte d’un million de signatures de l’initiative HouseEurope! n’a pas abouti, mais une nouvelle initiative sera lancée sur le droit au logement – et donc indirectement sur la protection des logements menacés de démolition par des investisseurs cherchant à attirer des populations plus aisées.

«Il est temps que les architectes reprennent le pouvoir.» Barbara Buser (baubüro in situ) a, elle aussi, invité les architectes à sortir du cadre de leur pratique (Building Thought, Thinking Building). Celle qui fait transitionner les friches industrielles depuis trente ans a également obtenu un MBA à Londres. Il ne suffit pas d’avoir du cœur et des idées larges: il faut aussi savoir compter, administrer, prendre des risques financiers. Pour chaque projet, Buser et son associé Eric Honegger ont dû monter une association, lever des fonds, racheter les terrains – seul moyen de conserver la souveraineté sur le projet et de maîtriser les choix constructifs. Une leçon d’économie politique autant que d’architecture.

L’IA, la menace qui n’en est pas une?

L’historien des technologies Mario Carpo a commencé par remettre les pendules à l’heure. La panique autour de l’intelligence artificielle – risque existentiel, le pape s’inquiète, les politiciens évoquent un danger catastrophique – contraste avec ce que les praticiens savent depuis longtemps: l’IA générative produit des images bonnes pour penser, pas des images utilisables. Ce n’est pas un outil de conception – et ne le sera peut-être jamais. Dans sa conférence Generative AI and the revival of creative imitation in the visual arts, il replace l’IA dans l’histoire longue de la mimèsis. Depuis Platon jusqu’à Semper et Wölfflin, tous les artistes imitent quelque chose – le passé, d’autres œuvres, une idée mentale. L’IA ne fait pas autre chose: elle agrège des ressources numériques sur une base statistique, comme Zeuxis, qui s’inspirait de cinq modèles féminins pour peindre une déesse de la beauté…

Le modernisme avait interdit l’imitation au nom du Form follows function – mais celle-ci s’est perpétuée en secret, comme l’alcool sous la Prohibition, jusqu’à ce que le postmodernisme la réhabilite, sous forme de collage, pastiche, assemblage. En ce sens, «l’IA générative est un outil postmoderne», assume l’historien. Pas de quoi s’inquiéter, donc. Elle automatise l’imitation – mais seulement jusqu’à un certain point. Érasme distinguait trois manières d’imiter: 1) copier exactement; 2) s’en inspirer; 3) aller au-delà: étudier le modèle, le critiquer, produire quelque chose de meilleur. Les deux premières, l’IA les maîtrise désormais. La troisième reste l’apanage du bon architecte.

Quand les vrais décideurs entrent en scène

Contrairement à ce qui a été dit plus haut, des maîtres d’ouvrage, il y en avait et c’est peut-être dans ce seul panel réunissant des non-architectes que les échanges ont été les plus instructifs. Dans Housing as Commoning. Administration and Innovation in Sustainable Living, les bailleurs sociaux de Vienne (Silvia Hofer), de l’IBA27 de Stuttgart (Andreas Hofer) et d’IMPSOL de Barcelone (Josep Maria Borell) ont échangé sur les moyens d’obtenir une architecture de qualité malgré la pression extrême exercée sur les villes. Barcelone doit réaliser 50 000 logements en dix ans; IMPSOL favorise le concours, permettant aux jeunes agences de produire des projets innovants. Vienne est citée en exemple comme la seule ville européenne qui s’en sort dans la crise actuelle, pour une raison évidente: la municipalité n’a jamais dilapidé ses terrains aux promoteurs. Depuis le 19e siècle, un impôt en faveur du logement social soutient les investisseurs développant du logement d’utilité publique. Chaque opération doit aussi être un «cadeau à la ville» – seul moyen de ne pas stigmatiser les habitants, un argument exploité par certains partis politiques. Andreas Hofer, qui a promu les coopératives zurichoises nouvelle génération il y a trente ans, dirige désormais l’IBA27 de Stuttgart, où tous les rez-de-chaussée sont offerts à la ville.

ICC: les concours UIA

On en apprend enfin sur l’UIA en se rendant à l’une des sessions du «programme parallèle», réservées à une audience inscrite. Celle de la commission des concours (International Competitions Consultancy – ICC) réunit une quarantaine de personnes. La commission, à laquelle Regina Gonthier, présidente sortante de l’UIA, s’est longtemps consacrée, présente son bilan: 320 concours dans 83 pays depuis 1948. L’UIA donne un standard de qualité, promeut le concours à l’international et lutte contre la tentation d’opérer par gré à gré – renforcée par les marchés publics qui favorisent le moins-disant. Gonthier rappelle que les grands projets mitterrandiens des années 1980 à Paris étaient des concours UIA; en 2021, la mosquée Al-Nouri en Irak a été restaurée grâce à l’un d’eux. En 2026, trois nouveaux concours: au Maroc après le séisme, sur un site archéologique en Palestine, et pour un pavillon à Beijing – hôte du congrès 2029. Nouveauté: l’UIA emploiera désormais un competition manager dédié, et parlera de consultancy board plutôt que de commission.

Maria Buhigas, architecte au Conseil municipal de Barcelone, a présenté le programme Blind Walls. La Capitale mondiale de l’architecture 2026 transforme ses murs aveugles en façades habitées: un millier de murs attendent encore une intervention, vestiges de réglementations obsolètes. Pour cette édition, 300 propositions du monde entier pour dix-sept murs, jugées par un jury international incluant Camilla van Deurs et Meriem Chabani. Complexité du problème: les murs appartiennent à des propriétaires privés, parfois un par étage – la municipalité doit donc opérer un long travail de persuasion. Les lauréats sont de jeunes architectes aux propositions innovantes; les plus expérimentés connaissent trop bien les contraintes. Inauguration prévue au printemps 2027.

Dans cette session, enfin, Josep Ricart (H Arquitectes) était invité à témoigner sur l’importance du concours. L’architecte livre une analyse précieuse et inspirante: l’agence, fondée en 2000, a participé à 101 concours, explique-t-il, quatre par an, presque tous en Catalogne, puis s’est concentrée sur le processus de construction qui caractérise aujourd’hui son approche. Depuis les débuts, l’un des associés tient un fichier Excel. Sa conclusion: économiquement, le concours n’est pas rentable. Mais il est excellent pour le team-building, la réputation et la recherche (en particulier les typologies de logement). Désormais, l’agence refuse de travailler pour des développeurs privés dégageant une marge.

Le C40 sur la ligne de front

En marge du congrès, le rassemblement du C40 – quarante villes pionnières de la durabilité, sous la direction d’Hélène Chartier – a produit des échanges tranchés. Les débats portaient non sur les astuces technologiques mais sur la manière d’encadrer les investisseurs. «Le problème, a résumé Tatiana Bilbao en une phrase, c’est que le logement est complètement soumis au marché.» L’architecte mexicaine refuse elle aussi tous les mandats émanant d’investisseurs dégageant une marge: la création de logement ne doit pas rapporter autre chose que du logement accessible.

Dans ce panel, on retrouve l’architecte de la Ville de Barcelone, Maria Buhigas, qui dévoile l’ensemble du plan mis en œuvre cette année, et profite de l’éclairage apporté par le Congrès et le titre de Capitale mondiale de l’architecture. En rassemblant tous ces petits espaces qui échappent au découpage parcellaire traditionnel, elle parvient à lancer un vaste programme pour revitaliser, arboriser et exploiter les cours intérieures, les espaces interstitiels, les toitures, etc. Elle lance également une vaste campagne pour projeter de l’ombre sur Barcelone, une ville très minérale, en commençant par un espace public majeur sous-évalué: les places de jeu, infréquentables pendant trois mois à cause du rayonnement solaire direct.

ACE: tour d’Europe des transformations

Parmi les événements «partenaires» du Congrès, une exposition manifeste, organisée par le Conseil des architectes d’Europe (Architects’ Council of Europe – ACE/CAE), mérite que l’on s’y attarde. L’ACE représente les intérêts de 500 000 architectes de 36 pays (et donc peut-être les vôtres). Form Follows Transformation propose un véritable tour d’Europe de la reconversion. Aux côtés de deux projets suisses déjà publiés dans nos pages – le Weinlager Coop d’Esch Sintzel et l’immeuble Normandie de Brauen Wälchli –, on découvre une trentaine de réalisations exemplaires, comme le campus universitaire installé dans une ancienne caserne militaire d’Ixelles (Belgique) par evr Architecten et BC Architects & Studies, avec des détails soignés et un recours systématique aux matériaux bio et géosourcés.

Trois reconversions de silos témoignent de l’intérêt contemporain pour ces infrastructures longtemps sacrifiées: l’ancien silo Kellogg’s de Brême, transformé en hôtel avec des chambres circulaires logées dans les conteneurs d’origine; le silo de Kristiansand (Norvège), devenu un monumental Kunstsilo, centre d’art ouvert sur le fjord; et les somptueux Automatic Mills de Pardubice (Tchéquie), acquis par un architecte qui a pris le risque de les convertir lui-même en centre culturel (automatickemlyny.eu). Étant donné que 85 à 95 % des édifices européens seront toujours debout en 2050, «un principe de rénovation et une culture de la maintenance, lit-on en introduction, doivent guider toutes nos décisions, la démolition devant être la dernière option.» L’exposition servait aussi de toile de fond à un autre «événement collatéral» du Congrès, une discussion sur les règlementations européennes menant à de telles pratiques, réunissant, entre autres, Oliver Martin, Chef de la section Baukultur de l’OFC, Josep Ricart, déjà cité, ou encore l’architecte de la ville Maria Buhigas, qui a décidément investi dans le congrès pour présenter sa démarche.

Les prix

Dans la lumière magique de la Sagrada Familia – dont la tour principale vient d’être inaugurée, soit cent ans après le début de sa construction –, Eduardo Souto de Moura a reçu le Grand Prix de l’UIA, au terme d’une cérémonie ponctuée d’intermèdes musicaux interprétés par des trompettes glorieuses. Paola Viganò a été récompensée du Prix Patrick Abercrombie pour l’urbanisme et le design urbain, avec un discours résolument tourné vers l’avenir, engageant la profession à se réinventer pour répondre aux défis contemporains. Jacques Gubler, historien genevois et auteur de plusieurs ouvrages sur Jean Tschumi – premier président de l’UIA, dont le prix porte le nom –, a reçu la récompense pour la critique et l’écriture architecturale, et s’est exprimé en catalan, égrenant les noms des grands hommes qui ont fait la réputation artistique de Barcelone. Enfin, le Prix Auguste Perret pour la technologie revient à Fetdeterra (version espagnole de Terrabloc, Terrio ou BC materials), pour un système de construction modulaire bas-carbone, et le prix Young Architects, nouvellement établi, récompense l’agence catalane Cierto Estudio.

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