Pay­sages so­laires 1/2: la né­ces­sité d’une syn­thèse

Editorial du numéro TRACÉS 21-02/2020

Date de publication
09-01-2020

La centrale de Mühleberg est arrêtée: cette fois, la stratégie énergétique de la Confédération démarre pour de bon. Les nouvelles lois cantonales en matière d’énergie solaire seront si ambitieuses que, dans bien des cas, les toitures des nouveaux immeubles ne suffiront plus pour déployer les surfaces de captage nécessaire. Des façades recouvertes de panneaux photovoltaïques: le cauchemar de l’architecte!

Pour les rassurer, nous les emmenons faire une promenade dans ces nouveaux «paysages solaires», avec un numéro double. Nous traitons d’abord de la perception du problème du point de vue de l’architecture. S’ils veulent éviter de subir ces nouvelles exigences, les professionnels du bâti devront développer des solutions coordonnées et donc développer de nouveaux thèmes architecturaux.

Comme l’explique Maria Cristina Munari Probst, il est nécessaire de réviser certains récits, désuets, datant de périodes révolues, où l’énergie était abondante, de ne plus concevoir une architecture qui se concentre exclusivement sur l’objet construit, qui considère l’approvisionnement en énergie comme un problème extérieur, purement technique, alors que de tous temps elle en a été l’un des fondements. Pour y remédier, dit-elle, il faut aboutir à une synthèse, qui allie une nouvelle conception de l’architecture à une connaissance fine des nouvelles technologies.

Les projets de Philippe Rahm présentés dans ce numéro ne concernent pas directement l’énergie, mais la relation que nous entretenons avec le climat dans le projet d’architecture. Ces projets provoquent et éveilleront certainement quelques scepticismes, en raison de l’utilisation exacerbée d’outils d’analyse provenant de différents champs scientifiques. Mais ils ont le mérite de chercher une telle synthèse, de proposer un discours qui allie technicité et esthétique. Le «style anthropocène» qu’il appelle à advenir nous fait entrevoir une architecture qui, au lieu de se focaliser sur des objets, conçoit des environnements, considère simultanément le milieu ambiant et la sensibilité du sujet qui l’occupe (son ressenti physique mais également émotionnel, voire artistique).

Toute l’équipe de la revue TRACÉS vous souhaite une bonne année 2020, que nous plaçons résolument sous le signe de la transition – énergétique… et éditoriale.

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