Pa­villon ja­po­nais: S’ins­tal­ler sur des dé­combres

Biennale d'architecture 13 à Venise

Date de publication
03-09-2012
Revision
19-08-2015

Le tsunami qui a ravagé l’ouest du Japon en mars 2011 a non seulement détruit la centrale nucléaire de Fukushima et lancé un débat mondial sur l’abandon de cette forme d’énergie. Il a aussi abattu des dizaines de milliers de maisons, anéantissant de larges pans de l’environnement bâti qui fondait le socle identitaire de la population locale. Il faut assurer au plus vite le relogement des sans-abri, mais également permettre l’émergence d’une nouvelle appartenance au-delà de la satisfaction des besoins de base. Avec le soutien des milieux économiques, de donateurs privés et des édiles, l’architecte de renommée internationale Toyo Ito a donc lancé le programme intitulé «Architecture. Possible here? – Home-for-All». L’équipe réunit trois jeunes architectes – Kumiko Inui, Sou Fujimoto et Akihisa Hirata – ainsi que le photographe Naoya Hatakeyama, lui-même originaire de la région sinistrée. Leurs travaux documentent l’état des ravages, les opérations de déblaiement ainsi que la reconstruction, et développent des projets d’habitations qu’ils soumettent à la population. Ils débattent collectivement de ce que peut et doit apporter cette architecture de fortune – une question qui se pose finalement toujours mais qui, face à l’urgence de la situation, prend un relief particulier en se cristallisant sur les enjeux les plus fondamentaux.

Les différents modèles de travail issus de ce processus participatif sont exposés au pavillon. Le parti commun à toutes les propositions est de fournir une structure de base formant l’ossature d’un bâtiment apte à abriter une vie de famille; les façades tout comme l’échelle urbaine demeurent indéterminées. L’environnement de ces futures maisons s’affiche en arrière-fond photographique sur les murs: dévastations urbaines, champs de gravats, zones industrielles désertées. Quant aux maquettes, elles recourent aussi à des matériaux qui évoquent la catastrophe: bâtons tordus, morceaux de sagex, algues ou autres résidus d’épave. Le pavillon est lui-même garni de troncs taillés et les maquettes posées sur des blocs de bois brut. On ne sait toutefois pas si ce langage formel sera effectivement appliqué aux nouvelles constructions ou s’il n’a qu’une fonction cathartique.

Exposition: Toyo Ito, Kumiko Inui, Sou Fujimoto, Akihisa Hirata, Naoya Hatakeyama

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