Ber­nard Tschumi s’ex­pose à Pom­pi­dou

La rétrospective consacrée à l'architecte franco-suisse se poursuit jusqu’au 28 juillet à Paris.

Date de publication
07-05-2014
Revision
19-08-2015

Bernard Tschumi « s’est engagé dans une dynamique du concept toujours soumise à l’épreuve du contexte, avec la scrupuleuse exigence de maintenir les deux pôles de cet antagonisme en tension »1. Les propos que Frédéric Migayrou a tenus sur l’architecte franco-suisse pourraient servir de synopsis à l’exposition qui lui est actuellement consacrée au Centre Pompidou. Car l’architecture de Bernard Tschumi est une architecture activée, dont la conception et le développement font corps avec l’événement, c’est-à-dire avec l’expérience et la manière de vivre. Pour lui, « l’architecture est autant ‹ espace › que ce qui se passe dans cet espace » et le bâtiment ne doit pas se résumer à être simple contenant, ou répondre de manière directe à un contexte.
L’exposition s’attache à rendre compte de la manière de fonctionner et de travailler de Tschumi, qui fait notamment usage de la notation (voir figure), une technique utilisée dans d’autres champs comme la danse et le cinéma et qui permet, en architecture, de tenir précisément compte non seulement de l’espace mais aussi de ce qui est susceptible de s’y produire. 
Deux décennies après l’exposition monographique sur Bernard Tschumi au MoMA, le Centre Pompidou inaugure une véritable rétrospective. La scénographie de l’exposition, orchestrée par l’architecte lui-même, propose un parcours qui débute par une introduction et se divise ensuite en cinq pôles thématiques – programme et superposition, vecteurs et enveloppes, espace et événement, contexte et concept, formes-concepts. Pour illustrer ces différents éléments inhérents à l’architecture telle que conçue par Tschumi, quelque 350 dessins, croquis, collages et maquettes, et la présentation de 45 projets réalisés en Europe, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et en Chine.
Parmi ces projets, plusieurs sont romands : le siège Vacheron Constantin à Genève, l’écal et le pôle d’échanges de la gare du Flon à Lausanne ou encore le Carnal Hall, actuellement en construction sur le site du Rosey, à Rolle2. Ses réalisations majeures sont aussi présentées, notamment le musée de l’Acropole à Athènes et le Parc de La Villette, fruit du premier concours auquel il a participé en 1982 et dont l’objectif était de transformer une friche industrielle de 55 hectares en parc. L’exposition à Pompidou, qui met en lumière la pratique de Tschumi, théoricien et pédagogue avant d’être constructeur, trouve un écho dans l’actualité, puisque son projet parisien du zoo de Vincennes a été inauguré mi-avril.

 

Notes

 

1 Architecture : concept et notation, sous la direction de Frédéric Migayrou, éd. du Centre Pompidou, Paris, 2014, p. 36. Ouvrage bilingue de 256 pages qui accompagne l’exposition, conçu par Bernard Tschumi.
2 Bâtiment ovoïdal destiné à abriter un auditoire de 800 places pouvant servir de salle de spectacles ou de conférences, un théâtre expérimental, des ateliers, des studios, une cuisine et un restaurant. L’inauguration est prévue début octobre. Bernard TschumiExposition jusqu’au 28 juillet au Centre Pompidou, Paris
www.centrepompidou.fr 

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