La norme SIA 115 «Coûts dans le bâtiment» a fait peau neuve
Toujours aussi concise mais plus précise, la norme SIA 115 intitulée «Coûts dans la construction» couvre désormais le génie civil. Point fort de cette refonte, le traitement des risques – un enjeu clé dans cette discipline – apporte un nouvel éclairage qui n’est pas sans intérêt pour le bâtiment également.
Lorsqu’un projet de construction en est à ses prémices, la détermination des coûts relève toujours du pronostic. Il n’en reste pas moins qu’il est essentiel pour les acteurs de projet de connaître le degré de précision des coûts estimés. Les règlements concernant les prestations et les honoraires (RPH) de la SIA définissent des valeurs repères: pour l’«avant-projet» (phase partielle 31), le RPH SIA 102 prévoit une fourchette de précision des coûts de +/-15% (+/-20% dans le SIA 103 pour le génie civil) et pour le «projet de l’ouvrage» (phase partielle 32), une marge de +/-10%. Malgré ces prescriptions, les coûts restent notoirement la cause principale des litiges qui surviennent dans le cadre de projets de construction. Invoquer un manque de compétences dans le domaine de la détermination des coûts ne suffit pas à expliquer le problème, qui résulte bien souvent de conceptions divergentes quant aux structures de coûts sous-jacentes. La norme révisée SIA 115 «Coûts dans la construction» y remédie en établissant un cadre de référence commun qui permet à tous les acteurs de projet d’y voir plus clair.
Plus de contenu, même concision
La norme SIA 115 est parue pour la première fois en 2022 sous le titre de «Coûts dans le bâtiment» (voir TRACÉS 6/2022). Le but n’était pas d’élaborer un outil de planification des coûts de construction, mais de mettre de la clarté dans la jungle d’outils et de notions en circulation afin de poser une base de compréhension commune. À l’époque déjà, il était prévu d’ajouter le génie civil dans un second temps. C’est désormais chose faite, avec une nouvelle édition plus riche en contenus, mais tout aussi compacte avec une norme qui ne dépasse pas 28 pages. Cette concision a été rendue possible par le fait que la première publication a été volontairement concentrée sur l’essentiel. La planification des coûts de construction est abordée dans les grandes lignes afin de faciliter la compréhension de cette question épineuse, souvent négligée malgré son importance. L’accent est mis sur la distinction entre planifiable et non planifiable, ce qui permet de délimiter les domaines de responsabilité du mandant et du mandataire.
Après une introduction générale portant sur la planification des coûts (soit la détermination, le contrôle et la gestion des coûts), la précision des coûts est abordée de manière détaillée, avec des explications relatives au degré de précision et aux postes de coûts qui y sont associés, aux réserves ainsi qu’à la prise en compte du renchérissement. La norme est complétée par une liste des termes clés en trois langues (français, allemand, italien) ainsi qu’un tableau qui expose le système de classification des coûts de construction – fondé entre autres sur la possibilité de contrôle par le mandataire. Pour faciliter la compréhension, le texte est accompagné de schémas qui illustrent l’évolution de la base de la précision des coûts et des réserves au gré des étapes du processus de conception.
Repenser le risque
L’intégration du génie civil ne profite pas uniquement aux ingénieurs puisque certaines nouveautés intéresseront également les architectes. En effet, connaître les répercussions de l’allongement des durées de projet (par exemple pour ce qui est de la prise en compte du renchérissement avant contrat), disposer d’un glossaire amélioré et précisé, ou en savoir davantage sur la gestion des risques peut également leur être utile. Dans le génie civil, les risques sont en moyenne plus élevés et constituent de ce fait une variable indissociable du processus de conception. Sur la base des expériences faites dans ce domaine, la norme SIA 115 recommande de distinguer les risques dits «identifiés» des risques dits «quantifiés» ainsi que de déterminer ou d’estimer leur probabilité d’occurrence de même que les conséquences financières qui pourraient en découler. Les enseignements pratiques issus du génie civil se reflètent également sur les réserves définies dans la norme révisée. Outre la «réserve du mandant» et la «réserve pour imprévus», une «réserve pour facteurs de risques quantifiés» est désormais prévue. Catégoriser clairement les réserves est essentiel dans la mesure où elles constituent toutes des postes de coûts non planifiables et ne relèvent de ce fait pas du degré de précision attendu du mandataire. Il faut toutefois savoir que si un événement identifié comme risque survient, il entre dans la catégorie des coûts planifiés dont la responsabilité incombe au mandataire. Ce cas de figure n’est pas forcément négatif. Dans le génie civil, les risques ne sont pas seulement considérés sous l’angle du danger, et ce cadrage transparaît dans la norme: le terme de «chance» y est défini comme la possibilité que des éléments inattendus se répercutent positivement sur le projet. Il n’y a pas à en douter, la norme SIA 115 a bel et bien été optimisée.
«RUNDUM SIA» sur les coûts
À l’occasion de la publication de la nouvelle norme SIA 115 «Coûts dans la construction», la SIA organise une rencontre (uniquement en allemand) le 22 septembre à la «Amboss Rampe» à Zurich. Au menu de cette soirée-débat: la compréhension des coûts dans la construction.
SIA 115:2026 «Coûts dans la construction»
28 pages, format A4, broché
140 CHF
En vigueur depuis le 1er août 2026
Disponible en français et en allemand sur: shop.sia.ch/F/