«Ha­bi­li­ter l’hu­main pour la trans­for­ma­tion nu­mé­rique»

Transformation numérique

Le conseil d’experts «Transformation numérique» conseille le comité de la SIA sur le plan stratégique. D’après Birgitta Schock, qui le copréside, la clé du succès réside surtout dans les échanges entre les acteurs impliqués.

Date de publication
08-01-2020

Espazium: Madame Schock, quelles sont les tâches du conseil d’experts nouvellement créé?
Birgitta Schock: Le conseil d’experts joue un rôle essentiellement stratégique. Il est au service du comité de la SIA en tant que plateforme d’expertise et de réflexion, et peut aussi être amené à formuler des idées. Il met prioritairement son savoir spécialisé à disposition. En effet, il n’existe à ce jour ni d’exemples, ni de processus stratégiquement déterminants liés à la maîtrise de la transformation numérique. C’est pourquoi nous voulons apporter notre soutien et des incitations pour les tâches à venir.

Comment cette activité se démarque-t-elle des tâches opérationnelles de la SIA?
Le conseil d’experts agit à un niveau purement stratégique. Nous souhaitons néanmoins faire preuve de proactivité, sans attendre que le comité nous soumette des questions. De plus, ajoutons que notre rôle est d’esquisser de possibles objectifs à partir d’outils stratégiques, afin que les activités opérationnelles puissent s’y refléter.

De quel type d’outils pourrait-il s’agir?
Une feuille de route sera élaborée comme outil d’orientation stratégique. Au niveau du contenu, cela permet d’avancer différentes thèses en lien avec la transformation numérique et de les reporter sur un axe temporel. Il est certes délicat de prédire aujourd’hui les thèmes qui nous occuperont dans cinq ans, mais il importe de se faire une image de l’avenir et de développer des arguments.

Dans ce contexte, quels sont les thèmes prioritaires?
En premier lieu, nous voudrions créer une plus-value pour la Société et ses membres. Cela n’est possible que si nous habilitons les humains pour la transformation numérique et que nous les plaçons au cœur de notre action. Je suis moi-même active dans d’autres organes, où les maîtres-mots sont normalisation et standardisation. Or, quelle que soit l’approche adoptée, l’humain demeure le facteur de succès essentiel.

Comment peut-on fédérer toutes les parties prenantes autour d’une telle ambition?
La clé du succès demeure dans les échanges – en l’occurrence, entre les membres individuels de la Société et, si nécessaire, des détenteurs de connaissances externes. La SIA compte beaucoup de membres compétents. Nous envisageons de créer des lieux physiques et numériques pour l’échange de ces savoirs. Une telle ambition ne peut se déployer qu’à partir des connaissances et de la curiosité de chacun. Car il ne s’agit pas seulement de technologies : la transformation numérique doit plutôt déboucher sur une nouvelle culture rehaussant la qualité et la créativité dans les processus d’étude de projets.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie?
Une approche serait de mettre sur pied, avec des partenaires répartis dans divers lieux en Suisse, des forums autonomes pour ces échanges de connaissances. Dans de tels lieux, des membres désireux d’apprendre pourraient se familiariser en toute simplicité avec les possibilités offertes par les progrès numériques. Un accès informel au savoir numérique est d’une importance cruciale.

Quel est le rôle de la SIA dans ce contexte?
En tant qu’association interdisciplinaire, la SIA offre un cadre unique pour permettre et gérer de tels flux de connaissances – elle peut quasiment endosser un rôle de « courtier en savoirs ». Avec les connaissances disponibles et les compétences numériques de ses membres, sa tâche consistera à encadrer un processus d’apprentissage permanent.

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