Et ainsi naquit l’espace public en Romandie
Comment est-on passé en 60 ans de la «verdure» au «vivant», des «piétons» aux «usager·ères»? À partir de nos archives, Sonia Curnier retrace la genèse de l’espace public en Suisse romande, en analysant les lieux de projet, les acteur·ices, les images et les mots. Chronique d’une pratique en mutation.
15 mai 1965. Onze pages du Bulletin technique de la Suisse romande (BTSR), prédécesseur de la revue TRACÉS, sont consacrées au concours d’idées pour l’aménagement de la place du Marché, à Montreux1. L’article se limite à des extraits du cahier des charges et du rapport du jury, accompagnés de nombreuses illustrations des six projets primés. À propos du projet lauréat, signé Dominique Gampert, Janez Hacin et Jean-Jacques Oberson, le jury, composé notamment de Jean-Marc Lamunière et Léopold Veuve, déclare : «La qualité fondamentale de ce projet est d’avoir libéré entièrement les vues et permis la réalisation d’une esplanade entièrement réservée aux piétons et à la verdure et en accord parfait avec le site».
Piétons. Verdure. Site. Les thèmes fondamentaux qui structurent encore aujourd’hui les débats autour de l’espace public sont déjà présents en 1965, exprimés dans le vocabulaire de l’époque. On y lit les prémices de réflexions appelées à se développer au fil des six décennies qui nous séparent de ce concours.
Saut dans le temps. En 2022, TRACÉS, descendante directe du BTSR, publie les résultats des MEP pour la revalorisation des quais de la Suze à Bienne2. Le compte-rendu de la démarche compétitive prend cette fois la forme d’un texte critique, signé par la rédactrice Stéphanie Sonnette. On y découvre le projet lauréat Canal éponge, porté par l’équipe du bureau apaar, salué pour sa capacité à «traiter tous les sujets: la réponse environnementale à l’urgence climatique, la participation des habitants dans le processus et le respect du cadre patrimonial».
Habitants. Environnement. Cadre patrimonial. À soixante ans d’intervalle, les mots ont changé, mais ils résonnent avec ceux d’hier. Il s’agit toujours de redonner de la place au vivant – usager·ères comme espèces naturelles – tout en tenant compte du contexte.
Les problématiques se sont bien sûr complexifiées, à la lumière des savoirs actuels et des urgences liées au climat, à l’environnement, à la justice sociale ou encore à la qualité de vie. Les «piétons» sont devenus des «habitants», s’appropriant l’espace public pour des usages multiples, notamment récréatifs et conviviaux. La «verdure» a fait place à «l’environnement», intégrant dorénavant des enjeux de sol, de milieu vivant, de biodiversité, de gestion des eaux. Enfin, le «site» embrasse désormais aussi bien le contexte matériel (patrimoine bâti, tissu urbain, paysage, climat) qu’immatériel (mémoire collective, usages, histoire du lieu).
Une évolution de la pratique : genèse sur base d’archives
Si ces deux exemples illustrent que les thématiques centrales gravitant autour de l’espace public se sont bel et bien confirmées, tout en se complexifiant, on note en revanche un déplacement de la focale quant aux types d’espaces investis. On passe ainsi d’un espace majeur de destination – la place du marché de Montreux – à un espace de transit – une route longeant la Suze – qu’on souhaite requalifier en lieu de séjour. Ce glissement est révélateur d’un élargissement progressif du champ d’action des concepteur·rices d’espaces publics, amorcé depuis plusieurs décennies.
Une autre évolution notable concerne le profil des personnes impliquées dans les procédures. Le concours montreusien de 1965 se limite à une seule profession – les primés comme les membres professionnels du jury sont des architectes – tandis que les MEP biennois de 2021 affichent une réelle pluridisciplinarité, à commencer par l’équipe lauréate rassemblant pas moins de six champs disciplinaires3. Le collège d’expert·es s’est lui aussi diversifié – rajeuni et féminisé au passage – et comprend des architectes paysagistes, une architecte-urbaniste et une spécialiste mobilité4. Fait plus innovant encore, au cours de la mise en concurrence, des échanges réguliers avec des habitant·es et commerçant·es sont venus enrichir la réflexion et le processus de conception.
On assiste donc à une double diversification: celle des objets d’intervention et celle des profils mobilisés pour les aborder. Deux dynamiques étroitement liées, dont je tenterai d’illustrer ici la genèse à partir des archives du BTSR, d’IAS et de TRACÉS.
Ce matériau traduit inévitablement des choix éditoriaux propres à la revue. À ce titre, il ne saurait être considéré comme un reflet fidèle de la pratique5. Il n’en reste pas moins un indicateur précieux de dynamiques professionnelles à l’œuvre, à condition d’en reconnaître la nature non-exhaustive.
L’espace public en mode majeur: les places en puissance
Se plonger de manière systématique dans les archives de la revue permet de prendre le pouls, année après année, de l’importance accordée aux espaces publics dans le débat professionnel local. Si quelques lieux emblématiques, à l’image de la place de la Riponne6 ou du projet montreusien susmentionné, parviennent à se frayer un chemin dans les pages du BTSR, il faut néanmoins attendre jusqu’au milieu des années 1980 pour voir le sujet apparaître avec une certaine vigueur, sans doute sous l’effet de l’effervescence qu’il suscite alors ailleurs en Europe. Cet intérêt se manifeste par plusieurs articles relatant des concours de réaménagement d’espaces majeurs, en particulier des places historiques. Ces concours sont alors largement l’apanage des architectes. On retrouve dans les jurys des figures de premier plan de la scène architecturale (Luigi Snozzi, Alvaro Siza) et, parmi les lauréats et primés, la relève locale en train de s’affirmer : Devanthéry Lamunière et Marchand, Galletti et Matter, Bonnard et Woeffray7.
L’attention portée à ces places publiques réaménagées sous la houlette d’architectes se prolongera durant les décennies suivantes. À titre d’exemple, en 2006, la place du Molard (2b architectes, 2002-2004) reçoit une mention spéciale lors de la première édition de la Distinction romande d’architecture8, signe de la reconnaissance de l’espace public comme objet architectural à part entière.
À partir des années 2000, l’attention se déplace vers des places liées à la mobilité, notamment aux abords des gares ferroviaires et des transports publics9. Parmi ces interventions, un concours se démarque dans le corpus étudié : celui pour l’aménagement et la réorganisation de la place de la Gare de Neuchâtel (2000). Pour la première fois, le collège d’experts inclut des architectes paysagistes – Sybille Aubort Raderschall et Michel Corajoud – aux côtés des traditionnels architectes. Le projet lauréat est porté par le bureau Paysagestion accompagné du plasticien Jean-Claude Deschamps10. Il illustre une ouverture interdisciplinaire inédite.
L’entrée en scène des architectes paysagistes
À cette époque, la question du paysage va effectivement acquérir une importance croissante en Suisse romande, dans le sillage de dynamiques amorcées quelques années plus tôt ailleurs en Europe11. La revue IAS, puis TRACÉS, jouent un rôle actif dans la diffusion de cette thématique, dans un contexte local marqué par une forte effervescence autour du sujet.
En 1997 se tient la première édition de Lausanne Jardins qui propose des interventions éphémères en milieu urbain issues d’un concours international. Lors de la seconde édition, on salue, dans l’éditorial de l’IAS, cet événement stimulant « un débat fondamental sur l’appropriation de l’espace public » et le fait que le « dialogue entre les disciplines ouvre des perspectives fascinantes »12. Dès lors, la revue s’affiche comme un partenaire engagé de la manifestation, lui dédiant des numéros entiers, mêlant présentations de projets et réflexions théoriques. Elle contribuera ainsi à faire du paysage un thème majeur du débat architectural et urbain.
À la même époque, les écoles d’architecture locales s’emparent elles aussi de cette thématique. Le programme de 3e cycle « Architecture et paysage » de l’Institut d’architecture de l’Université de Genève (IAUG), lancé en 1997 sous la direction de Georges Descombes, fait venir en Suisse des figures majeures du paysage français, parmi lesquelles Michel Corajoud, Alexandre Chemetoff et Christine Dalnoky13. L’EPFL accueille quelques années plus tard comme professeur invité l’architecte paysagiste suédois Thornbjörn Anderson, qui signe un article dans TRACÉS explorant les nouvelles perspectives pour sa discipline – la conception d’espaces publics y occupant une place centrale14.
Ce rapprochement entre architecture et paysage amorcé au tournant du 21e siècle s’accompagne ainsi d’une ouverture internationale, qui enrichit à la fois le contenu éditorial de la revue et le débat professionnel.
Un élargissement du champ de conception
La reconnaissance du paysage comme composante essentielle de la transformation des villes et des espaces publics romands va influer sur le type d’espaces investis par la conception. Dès le tournant du 21e siècle, la revue TRACÉS publie régulièrement des projets de reconquête de berges15, de parcs métropolitains16 ou encore de renaturation de cours d’eau17. Ces interventions témoignent d’un élargissement progressif du champ d’action des concepteur·rices d’espaces publics – architectes, architectes paysagistes et urbanistes confondus – vers une échelle plus territoriale.
Une seconde évolution notable concerne le rôle structurant désormais accordé au paysage et aux espaces publics dans les développements urbains18. En 2011, par exemple, un concours d’urbanisme ET d’espaces publics est lancé dans l’Ouest lausannois, pour le site en pleine mutation de Malley ; Tracés en publie les résultats, dont le projet lauréat des architectes paysagistes français du bureau In Situ19.
Cet intérêt pour l’échelle urbaine va également donner lieu à des transformations du tissu urbain ordinaire, avec la volonté de recréer des lieux de vie sociale au cœur des quartiers. L’espace public acquiert ainsi une nouvelle dimension, ancrée dans le quotidien des habitant·es. Quand il s’agit de places, celles-ci sont conçues comme partie intégrante d’un réseau – à l’échelle de l’îlot ou du quartier – pensé comme support de rencontres et d’échanges sociaux.
Une démocratisation de la conception
Cet élargissement à l’intervention sur le tissu urbain ordinaire – et par extension sur la qualité de l’habitat – va placer les enjeux d’usager·ères et d’usages, de lien social et de patrimoine au cœur des préoccupations. Pour les aborder, des profils issus des sciences humaines et sociales (ethnologie, anthropologie, sociologie ou encore histoire) apparaissent dans les équipes de projets comme dans les jurys. C’est le cas notamment du projet pour les quais de la Suze, présenté en introduction, dont l’équipe lauréate comptait un historien.
Mais rappelons que ce projet biennois va plus loin encore dans le décloisonnement du processus de conception, en intégrant des échanges directs entre la population et les équipes concurrentes durant la procédure compétitive. L’ouverture démocratique dépasse ici le modèle répandu d’une simple démarche participative visant à nourrir un cahier des charges de concours. Le format ouvert des MEP – non soumis à l’anonymat, à la différence des concours classiques – favorise en effet l’inclusion des retours critiques de celles et ceux que l’on nomme désormais « expert·es d’usages ». Bienne s’inscrit ainsi dans la continuité de procédures pionnières permettant au public de se prononcer sur les projets rendus, à l’instar du concours de la place du marché de Renens jugé en 2005, dont le caractère inédit n’échappera pas à la rédaction de TRACÉS20.
Si elles demeurent rares, ces démarches de participation citoyenne introduisent pourtant un potentiel important : celui d’éloigner le projet d’une réponse isolée, portée par un·e (ou un groupe d’) auteur·e omnipotent·e sur la base d’un programme défini par un cercle restreint de professionnel·es, pour l’affirmer au contraire comme le résultat d’une élaboration collective et négociée.
Quel rôle pour la critique face à un champ en constante évolution ?
Parmi ces élans d’implication citoyenne, une forme plus discrète s’incarne dans la «simple» ouverture des séances de jugements de concours aux «profanes»21, sans toutefois leur donner la parole. En rendant accessibles ces débats jusqu’alors confinés à huis clos, on donne à voir l’un des rares espaces où s’exerce une critique de projets d’espaces publics. Les ouvrir permet d’enrichir le débat citoyen, en offrant au public des connaissances et des arguments nécessaires pour porter un jugement éclairé sur l’actualité de la conception.
Plus que nourrir le débat public, la critique joue aussi un rôle réflexif essentiel dans l’évolution du champ professionnel. Notre exploration des archives de la revue a révélé comment ce rôle se déploie dans la presse spécialisée. Cela passe par la mise à l’agenda de l’espace public comme sujet, le suivi de l’évolution des enjeux qu’il cristallise, l’ouverture à des thématiques connexes ou encore la mise en lumière de projets locaux et internationaux. Cette rétrospective permet de mesurer à quel point pratique et critique sont étroitement liées, et combien leur dialogue contribue à faire mûrir un champ de conception encore jeune. Elle nous amène à considérer une dernière figure centrale : celle du ou de la critique, au sens de journaliste spécialisé·e.
Revenons pour cela à nos deux projets de départ, à Montreux et Bienne: dans le premier cas, l’article se limite à un simple copier-coller du rapport du jury, tandis que dans le second, plus récent, il s’agit d’une lecture critique par une membre de l’équipe éditoriale.
En effet, si la rubrique « concours » existe depuis longtemps dans la revue, il faudra attendre 2014 – et la création de la plateforme en ligne Espazium Competitions — pour que TRACÉS produise des articles adoptant une véritable posture critique à leur propos. Or cette évolution est décisive, car elle permet de porter un regard non seulement sur les projets rendus – ce que fait déjà le jury – mais aussi sur l’ensemble du processus de concours. Cela inclut les ambitions (politiques) initiales, le contenu du cahier des charges, le périmètre d’intervention, les expertises mobilisées dans les équipes concurrentes et jurys, et parfois même le contenu des débats de ces derniers.
Comme nous l’avons vu tout au long de cet essai, ces éléments déterminants ont considérablement évolué au cours des dernières décennies, redéfinissant constamment le champ de la conception des espaces publics. Face à ce constat, une remise en question critique, rigoureuse et régulière, s’impose. Elle seule permet d’accompagner les évolutions, d’en évaluer les effets et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Souhaitons donc qu’elle perdure et se développe dans les pages de la revue, pour les 150 prochaines années, au moins !
Notes
1. « Concours d’idées pour l’aménagement de la place du Marché, à Montreux », Bulletin Technique de la Suisse Romande, 1965, pp. 129-139. Ce projet a été exhumé des archives en raison de la mention pionnière du terme ’espace public’ dans l’article, à une époque où la notion commençait à peine à émerger.
2. Stéphanie Sonnette, «Une Suze nature, s’il-vous-plaît !», TRACÉS 4/2022, pp. 46-47
3. Celle-ci est pilotée par l’atelier apaar, lui-même composé d’architectes paysagistes, architectes et urbanistes, associé pour l’occasion à des ingénieurs civils spécialisés en environnement et cours d’eau (CERA), des ingénieurs en mobilité (RGR) et, fait plus surprenant, un historien (Clément Crevoisier).
4. Jan Forster (président), Marie-Hélène Giraud, Nathalie Luyet, Virginie Kauffmann
5. À noter que les cahiers de l’Aspan, créés en 1983 (aujourd’hui Les Cahiers d’EspaceSuisse – Section romande), qui paraissent sous la forme d’encarts du bulletin technique, abordent le thème de l’espace public de manière plus régulière.
6. Marc Picard, «Urbanisme lausannois: la place de la Riponne», BTSR 65/1939
7. Aménagement du quartier du Manoir de Martigny, L. Snozzi dans le jury, Inès Lamunière, Patrick Devanthéry et Bruno Marchand primés, IAS 9/1985. Aménagement de la place de l’Hôtel-de-Ville à Monthey, A. Siza dans le jury, O. Galletti, C. Matter (collaborateurs de Jean Galletti) lauréats, Geneviève Bonnard et Denis Woeffray (collaborateurs de Fonso Boschetti), IAS 9/1989
8. Harry Gugger, Martin Steinmann, «Première édition de la Distinction romande d’architecture», TRACÉS 18/2006
9. Gare de Cornavin, IAS 6/2001 et TRACÉS 12-13/2018 ; Gare de Renens, TRACÉS 1/2008 ; Les interfaces du Ceva, TRACÉS 22/2014 ; Gare de Lausanne, TRACÉS 10/2016 ; Place de la Sallaz, TRACÉS 21/2016.
10. «Espace de l’Europe à Neuchâtel», IAS 12/2000. Les deuxième et troisième prix sont remportés par des architectes, respectivement Atelier d’architecture Chieppa Manini Pietrini et Dettling Péléraux.
11. Sébastien Marot, «La reconquête des sites», TRACÉS 5/2000, pp. 112-119. Voir aussi Jacques Lucan, « L’irrésistible ascension des paysagistes », AMC Architecture, septembre 1993, p. 41. Sébastien Marot, «L’alternative du paysage», Le Visiteur 1/1995, pp. 54-80. Lisa Diedrich (éd.), séries Landscape Architecture Europe, Blauwrudk, depuis 2006.
12. Kurt Aellen, «Éditorial. Vivre la ville», IAS 5/2000
13. Vanessa Lacaille et Mounir Ayoub livrent un portrait étendu de cette «école de Genève» dans un dossier spécial dédié à la formation publié en 2017, «Dossier Spécial : L’école de Genève», TRACÉS 23-24/2017.
14. Thornbjörn Anderson, «Quatre voies pour l’architecture du paysage», TRACÉS 18/2003, pp. 14-18.
15. Parc des rives Yverdon, TRACÉS 7/2006 ; Plage des Eaux Vives, TRACÉS 23-24/2010
16. Concours pour le Parc agro-urbain pour le Grand-Genève, TRACÉS 12/2013
17. Revitalisation de l’Aire, TRACÉS 23/2002 ; Renaturation de la Seymaz, TRACÉS 6/2007 ; Île de la Suze, TRACÉS 9/2020 ; 3e correction du Rhône TRACÉS 3/2020
18. Dans l’article évoqué plus haut, Anderson associe cette ouverture du champ au développement du projet urbain : «Après les décennies 1960 et 1970 – où le triomphe du trafic automobile dans les villes occidentales a relégué dans les marges la plupart des lieux et espaces de socialisation urbains –, nous voyons le projet urbain (urban design) revenir à l’avant-scène comme un outil appelé à contribuer à la survie de l’idée de ville.», p. 17.
19. «Malley Centre : concours d’urbanisme et d’espaces publics», TRACÉS 4/2012
20. Nicolas Babey «Architecture et processus participatif: le cas de Renens», TRACÉS 24/2006, pp. 7-8 ; En 2010, Francesco Della Casa, alors rédacteur en chef, dédie un numéro entier à ce projet issu d’une «procédure inédite en Suisse romande», TRACÉS 20/2010.
21. Le terme est emprunté à Gabriela Marcovecchio, «Des conclaves et des profanes, la participation et la transparence dans les concours», espazium.ch, 17.03.2025.