Concours Eu­ro­pan: quel ave­nir?

Les résultats du 13e concours EUROPAN ont été publiés il y a peu. En Suisse, on ne profite malheureusement guère de cette compétition internationale pour jeunes architectes et urbanistes.

Date de publication
27-01-2016
Revision
11-02-2016

Après la clôture de chaque concours Europan, l’architecte lausannois Rodolphe Lüscher, assisté de Michel Ruffieux et de Christelle Sobrado, reprend infatigablement son bâton de pèlerin pour engager à nouveau des communes à soumettre leurs problématiques urbaines et architecturales à la prochaine édition du concours.
La recherche de nouvelles zones ou tâches susceptibles d’en faire l’objet s’avère cependant de plus en plus ardue et les communes intéressées se font malheureusement rares. Une défection que l’on ne saurait attribuer à l’absence de problèmes ou à la non-pertinence des thématiques proposées. Intitulé «La ville adaptable», le concours Europan 13 qui vient de s’achever engageait ainsi les participants à aborder les enjeux présentés sous un angle novateur et interdisciplinaire. Les communes d’Onex, de Bernex et de Confignon (GE) ont été les seules collectivités suisses à y participer avec un projet intercommunal axé sur le renouvellement de la zone pavillonnaire – un défi on ne peut plus actuel.

Quasi-absence de concurrents suisses

Pourtant, dans notre pays en tous cas, ce concours d’idées international est largement ignoré et le palmarès de la 13e édition témoigne clairement du peu d’engagement – et de résultats – côté suisse. Quinze pays participants proposaient un total de 49 programmes, qui ont suscité 1305 projets : 93 équipes ont reçu un prix et 61 autres une distinction en décembre dernier. Mais seules deux équipes suisses ont été distinguées : en Romandie, Yony Santos et Mounir Ayoub de Genève ont obtenu un premier prix pour leur projet Onex-Bernex-Confignon, tandis que le team zurichois Guillermo Dürig et Matthias Winter a décroché une distinction pour son travail en Finlande.
Une situation économique enviable fournit sans doute une explication réjouissante à cet état de fait : la relève suisse dans le domaine des études pour la construction n’aurait pas besoin d’Europan, car les jeunes conceptrices et concepteurs trouvent suffisamment de travail et de commanditaires en dehors de cette vitrine de concours européenne.
Cela pose la question des perspectives actuelles et de l’avenir d’Europan en Suisse. Rodolphe Lüscher et son équipe méritent quoi qu’il en soit toute notre gratitude pour l’engagement consenti jusqu’ici. Car pour les jeunes architectes suisses également, Europan a longtemps représenté une plate-forme de choix pour se familiariser avec les procédures de concours et le travail interdisciplinaire, et ses buts demeurent en ligne avec les priorités et les objectifs de la SIA en matière d’encouragement de la relève et de renforcement de l’institution du concours. Il est d’autant plus regrettable qu’Europan ne trouve actuellement guère d’écho chez nous – et que la nouvelle génération d’architectes et d’urbanistes laisse ainsi passer une belle occasion d’acquérir une expérience internationale.

Importants préparatifs

La recherche de périmètres de projet adaptés en vue de la prochaine édition du concours doit être lancée aussitôt que possible et d’importants efforts d’information sont nécessaires pour convaincre des communes de participer à l’opération. Or, autour des débats actuels sur la densification, bon nombre de localités sont à la recherche de conseils et d’idées originales. La SIA appelle donc de ses vœux un engagement résolu de tous les acteurs impliqués dans l’évolution de notre cadre de vie, ainsi que les contributions d’équipes internationales.

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