Marc J. Sau­gey

TRACÉS 2020 5-6

10,00 CHF
Print Date
18-03-2020

Ce dossier, conçu par une historienne et un photographe, est ponctué de témoignages d’architectes et d’historiens. Ils ont travaillé de concert, se sont influencés mutuellement, afin de dresser un portrait vivant de l’œuvre de l’architecte genevois Marc J. Saugey, un hommage attendu, actuel, précieux.

Articles principaux

Saugey: ensemble, c’est tout, éditorial de Marc Frochaux

Saugey, la ville et l’architecture, Catherine Dumont d’Ayot et photographies de Maxime Delvaux
En septembre dernier, nous avons appris avec le plus grand soulagement la décision de la Fondation Wilsdorf de racheter l’ensemble de Mont-Blanc Centre et du cinéma Le Plaza à Genève, réalisé par Marc J. Saugey entre 1951 et 1953. Le sauvetage de cet ensemble urbain unique avec un projet centré sur le cinéma lui permettra de redevenir un lieu d’échange culturel et populaire. La bataille juridique autour du classement du cinéma ayant échoué, c’est l’engagement et la prise de conscience d’un large public, du monde du cinéma et des architectes, et finalement l’intervention de la Fondation Wilsdorf qui ont créé les conditions de la sauvegarde in extremis de cet objet exceptionnel. Cette reconnaissance populaire rend un bel hommage à Saugey, lui qui pensait que l’architecture était le «véritable baromètre de la valeur des générations» et qu’elle était «à un haut degré sociale»1, le reflet construit de la société. 68 ans après l’inauguration du cinéma Le Plaza et de Mont-Blanc Centre, ce projet est maintenant inscrit dans l’histoire, l’histoire de Genève, celle du cinéma en Suisse et de l’architecture. Cet événement nous donne l’occasion de revenir sur l’œuvre de Marc J. Saugey et son actualité.

Le sens de l’adresse, Pierre Bonnet
Architecte et pilote, Marc J. Saugey se distinguait par son adresse, dans sa conduite,
dans ses projets comme dans le montage complexe de plans financiers, raconte Pierre Bonnet dans ce post-scriptum personnel qui noue l’homme à son œuvre.

Gleisarena: rigueur et volupté, Grégoire Farquet
Comment l’architecte peut-il reconquérir une autorité qui a été atomisée, redevenir un des acteurs principaux de la formulation du territoire, de l’espace urbain? Comment fait-il prévaloir son argumentaire, l’idée du projet, la qualité spatiale et urbaine d’un site sur les chiffres et les calculs de rentabilité? Ose-t-il résister au diktat du produit fini et s’engager dans une proposition plus inattendue qui soulèvera des questions? Pour l’auteur de cet article, le bâtiment réalisé par Made in à côté de la gare de Zurich fait la démonstration que même dans un cadre projectuel très strict, l’architecture peut apporter une qualité à la ville – à condition de prendre des risques.