Pièce urbaine C, Plaines-du-Loup à Lausanne

Concours de projets d’architecture et de paysage, organisé en procédure ouverte à un degré, pour la construction de logements et de surfaces d'activités dans le quartier des Plaines-du-Loup, Lausanne
Des typologies maîtrisées à double voire à triple orientation et un dispositif paysager qui améliore la vie au coeur du quartier par des usages variés sont les deux grandes qualités du projets de Nicolas de Courten architectes et la paysagiste Aurélie Barral lauréats du concours.

Jury non professionnel

  • Natacha Litzistorf (Présidente, architecte, Directrice du logement, de l’environnement et de l’architecture, Ville de Lausanne)
  • Ilhan Büchler (Directeur de la SCHL, Lausanne)
  • Marlyse Dormond Béguelin (Présidente de la FPHL, Lausanne)
  • Ulrick Liman (Chef du Bureau développement & projet Métamorphose, Ville de Lausanne)
  • Philippe Meyer (Directeur de la FLCL, Lausanne)
  • Claude Waelti (Président de la SCHL, Lausanne)
  • Andréa Faucherre (sociologue, Service du logement et des gérances, Ville de Lausanne)
  • Jean-Claude Seiler (Chef du service d’accueil de jour de l’enfance, Ville de Lausanne)

Jury professionnel

  • Jeanne Della Casa (Vice-présidente, architecte dipl. EPFL FAS, Lausanne)
  • Marc Collomb (architecte dipl. EPFL SIA BSA FAS, Lausanne)
  • Luc Delaloye (architecte dipl. EPFL SIA, Martigny)
  • Valérie Devallonné (architecte dipl. EPFL, architecte adjointe de la Ville, Ville de Lausanne)
  • Jean-Yves Le Baron (architecte paysagiste REG B, Lausanne)
  • Roberto Morandi (architecte dipl. EPFL, Pully, Président de la FLCL)
  • Jacqueline Pittet (architecte dipl. EPFL SIA FAS, Lausanne)
  • Grégoire Andenmatten (architecte dipl. EPFL SIA, chef du service des bâtiments de la SCHL)
  • Jean Camuzet (architecte dipl. EPFL SIA, Lausanne)
  • Julien Rémy (architecte paysagiste, Service des parcs et domaines de la Ville de Lausanne)
  • Raquel Soutullo (architecte REG A, Bureau développement & projet Métamorphose, Ville de Lausanne)

Maître d'ouvrage

Société simple pour la réalisation de la pièce urbaine C PPA 1 (SRP – C)


Objectifs du Concours

Le site des Plaines-du-Loup doit accueillir un écoquartier d’environ 12'500 habitants et emplois. Cette urbanisation se fera progressivement, au fur et à mesure que les parcelles seront libérées par la relocalisation des terrains de football du plateau de la Blécherette, du stade olympique et des divers équipements sportifs actuellement présents sur le site. A l’horizon 2030, c’est un véritable morceau de ville qui sera créé sur ce site de quelques 30 hectares, comprenant environ 3'500 à 4'000 logements en complément desquels se développeront des commerces et des activités accueillant jusqu’à 3'600 emplois, des espaces verts ainsi que des installations sportives de proximité. S’y trouveront également les équipements publics indispensables, tels que deux écoles et leurs salles de gymnastique, des structures d’accueil pour les enfants (garderies, accueils pour enfants en milieu scolaire) ainsi qu’une maison de quartier prenant place au sein du parc prévu par le premier plan partiel d’affectation. L’offre en stationnement privé sera concentrée sur quatre ou cinq parkings centralisés, propices à la mutualisation des places entre logements et activités, et à un recours accru aux transports publics.

La pièce urbaine C, objet du présent concours, s’intègre dans le processus de réalisation de l’ensemble du PPA 1, coordonné par le COPIL des Plaines-du-Loup piloté par la Ville et intégrant l’ensemble des investisseurs. Les concours et/ou mandats d’étude parallèles portant sur les pièces urbaines A, B et E ont été publiés au premier semestre 2017, celui de la pièce D le sera d’ici la fin de l’année.

L’objet du concours est la construction des immeubles de logements et d’activités ainsi que des équipements mutualisés et des aménagements paysagers constituant la pièce urbaine C du PPA 1 des Plaines-du-Loup, pour un total de 16'300 m2 de surface de plancher déterminante (SPd), le bonus de 5% sur le CUS (conformément à l’art. 97 LATC) s’entendant en sus.

Le concours porte sur l’organisation générale de la pièce urbaine afin d’aboutir à un concept d’ensemble garant d’une vision urbanistique, architecturale et paysagère cohérente à l’échelle de la pièce C. L'objectif des maîtres d'ouvrage est de développer et de construire un ensemble architectural de qualité comprenant des logements pour familles de type subventionné construits par la FLCL et la FPHL, et des logements pour familles de type régulé construits par la FLCL, d'une part, et d'autre part, par la SCHL destinés à ses actuels et futurs sociétaires. Des logements pour étudiants dont la typologie sera adaptée à la colocation seront également construits, à raison d'une vingtaine de chambres par investisseur, à prendre sur la surface des appartements régulés de la FLCL et de la SCHL. Leur typologie devra être innovante, mais leur conception architecturale devra assurer la réversibilité de ces logements pour étudiants en appartements traditionnels.

Recommandations du jury

Au terme du jugement, le jury recommande au Maître de l'ouvrage de retenir le projet n°15 DANSE AVEC LES LOUPS pour la poursuite des études et la réalisation, sous réserve de la décision des autorités compétentes. Conformément aux remarques contenues dans la critique, ce projet possède un fort potentiel qu’il s’agira de mettre en oeuvre dans la poursuite des études. Le jury engage les auteurs à établir un dialogue attentif avec le Maître de l'ouvrage et à se coordonner avec le Bureau de développement et projet Métamorphose pour favoriser un développement harmonieux du projet.

Le jury insiste en particulier sur les qualités suivantes à préserver et à développer :

- la forme urbaine des îlots offrant des typologies à double voire triple orientation tout en évitant la problématique de la gestion des angles ;

- es qualités spatiales et l’organisation des placettes / cours aux usages variés, en relation avec les affectations des rez-de-chaussée contigus ;

- la générosité des espaces ouverts offrant un dispositif arboré intéressant à l'échelle du construit ainsi que la possibilité d’offrir des transitions cohérentes entre espaces publics et espaces privés ;

- l’expression des façades avec une matérialisation minérale en cohérence avec le système constructif.

Pour la poursuite des études, le jury recommande :

- d’étudier la possibilité d’organiser le centre de vie enfantine sur un seul niveau sans perdre les spécificités des cours adjacentes ;

- de vérifier la faisabilité de l’usage collectif des toitures accessibles en regard des contraintes architecturales et de production d’énergie renouvelable;

- de développer le projet conformément aux objectifs énergétiques de la « société à 2000 watts »;

- d’assurer les espaces nécessaires aux locaux de services (conciergerie, buanderies, étendages, …) ainsi que pour les abris PC.

Extraits du rapport du jury

1er rang – 1er prix : DANSE AVEC LES LOUPS

Le projet DANSE AVEC LES LOUPS entend jouer un rôle de charnière assurant la perméabilité entre les pièces nord et les pièces sud de l’écoquartier. La forme urbaine proposée est un long volume serpentant sur toute la longueur de la parcelle dégageant des cours au nord et des placettes au sud. La volumétrie régulière se termine sur la route des Plaines du Loup par un volume plus haut.

La perméabilité est résolue par des interruptions du bâti à l’arrière des placettes sud, ce qui atténue la lecture de la continuité en définissant quatre bâtiments en U assez compacts qui suivent la pente naturelle du terrain. Cette partition permet de distinguer les propriétés des trois sociétés.

L’ouverture des placettes en façade sud et la succession de cours et de passages en façade nord dans un environnement très arborisé donnent une lecture convaincante du filtre recherché. Les placettes proposent des espaces de qualité. Minérales et arborisées, elles regroupent les entrées des immeubles. Semblables dans leurs dimensions, elles ont des caractères différents en fonction des activités qu’elles servent : communautaires à l’ouest, privatives au centre et public à l’est. Elles s’ouvrent sur des jardins urbains très organisés. Les cours nord sont introverties et peu ensoleillées. Elles ont un caractère très privatif, en annexe au jardin public nord aléatoire et naturel.

Chaque bâtiment en U est un double élément en S mitoyen au sud. Chaque élément est distribué par une circulation centrale distribuant 4 appartements de taille différente (2.5, 3.5 et 4.5 pièces). Pour des raisons d’économie les étages sont identiques, sauf les bâtiments avec locaux communautaires.

Le dernier S à l’est se dilate pour s’adapter à la largeur supérieure du bâtiment de tête. Il est occupé par un centre de vie enfantine assez compliqué qui se répartit sur deux niveaux coupés au rez-de-chaussée par l’entrée de l’immeuble et à l’étage par le palier de distribution. Un escalier interne relie l’étage à la cour arrière partiellement réservée aux enfants.

Le bâtiment de tête, sur la route des Plaines du Loup, est plus large et plus haut. Son programme comprend au rez des commerces, des bureaux et un bar de bonnes dimensions, au premier étage des bureaux, puis des étages d’appartements.

La typologie des appartements est très bien maîtrisée. Les prolongements des U vers les passages permettent d’ouvrir tous les appartements sur 2 à 3 façades de sorte que tous les espaces jour bénéficient de deux orientations. Les appartements bénéficient également de lieux de rencontre sur les toitures aménagées en terrasses accessibles.

Les façades proposent une image avenante, en adéquation avec les plans des appartements. Le traitement des ouvertures et des loggias est simple et cohérent. Il convient à l’ensemble des bâtiments proposés et renforce l’unité de la pièce urbaine depuis le chemin des Bossons jusqu’à la route de la Plaine du Loup.

Les trois placettes assurent une très bonne porosité de la pièce urbaine. Cette attitude génère un dispositif paysager intéressant qui améliore la vie au coeur du quartier par des usages variés. Les espaces ouverts généreux offrent un vocabulaire arboré dense qui répond à l'échelle du construit. Sur la partie nord, le système bâti en redent permet aux aménagements publics au caractère écologique de pénétrer le quartier. Au sud, la proposition de parc-rue au caractère partagé est intéressante dans son accroche à l'espace public. Les propositions de matérialité de revêtements, comme le choix des essences sont à relever.



2e rang – 2e prix : MANCALA

En définissant son intervention par: « habiter une densité poreuse » l’auteur de ce projet donne une réponse appropriée aux enjeux de la densification du quartier des Plaines-du-Loup, qui conjugue la contrainte d’une forte occupation d’habitants sur un territoire qui veut privilégier les espaces verts, ouverts à tous ses usagers. Pour ce faire il imbrique aussi bien verticalement qu’horizontalement, dans la forte épaisseur bâtie des lots regroupés C1 et C2, des vides favorisant l’apport de vues, d’ensoleillement ainsi que des passages entre le nord et le sud de la parcelle. Cette perméabilité participe à l’identité de cet ensemble, où espaces verts et constructions proposent un système ouvert de grande qualité. L’empreinte construite au sol est faible. Les fonctions des rez-de-chaussée, entrées d’immeubles, locaux communs, couverts à vélos, jardins collectifs sont clairement différenciées des appartements, qui pour garantir leurs privacités sont surélevés par rapport au sol des jardins.

Le bâtiment du lot C3, plus important en volume, répond aux contraintes de la proximité de la route des Plaines-du-Loup. Il décline les mêmes principes que les bâtiments à l’ouest, en disposant les appartements en périphérie d’un vide central, lui-même ouvert au sud dans les derniers étages pour favoriser l’apport de soleil et de vues. En revanche le rez-de-chaussée est entièrement occupé par des services. Sa porosité est au service de la prolongation des activités sur l’extérieur, de la garderie et des commerces sur ces quatre façades et halls d’entrée aux logements.

Dans l’ensemble cette implantation fusionne de manière heureuse et habile les creux et les pleins, les espaces collectifs et privés, la nature et le construit.

La morphologie des appartements proposés est identique pour les trois maîtres de l’ouvrage au niveau de la recherche d’un module d’activité domestique similaire pour les activités de : chambre à coucher, cuisine habitable, espace de séjour, espace de transition accueillant les services, passages et entrées. Bien dimensionnés et ergonomiquement maitrisés, ces modules permettent de se passer de corridor et laissent envisager une flexibilité intéressante dans la destination des fonctions. Toutefois, le principe de distribution des logements est différent et propre à chaque bloc de bâtiment : par cour centrale et coursives pour le bâtiment C3, favorables à la vie collective, autour de patios ouverts pour les bâtiment C1 et C2 favorisant pour chaque appartement des vues combinées vers le sud et le nord. Grâce à la porosité des volumes construits tous les logements de tous les lots ont une double orientation permettant des vues diagonales multiples et généreuses entre pièces sur l’extérieur. Il se dégage dans cet habitat une ambiance lumineuse et aérée. Les surfaces de toitures intermédiaires reprennent la végétalisation du sol. L’expression constructive est à la fois simple et rationnelle. Le module de composition est exprimé en façade. Les ouvertures sont placées de manière à permettre un ameublement complet et sans conflits. Cet entrelacs volumétrique complexe définit une échelle humaine appropriée à un ensemble d’habitation. Ainsi la densité poreuse devient une densité heureuse.

La couture entre la rue nord et la rue sud est assurée par une placette arborée généreuse. Trois cours jardins à usages différenciés offrent des espaces récréatifs au coeur du construit et confortent un certain caractère privé au coeur de la pièce urbaine. Ces cours reliées aux espaces publics par des passages sous couvert améliorent les connexions de mobilité douce du quartier.

Le stationnement systématique des deux roues sur le front nord contribue à une certaine altération du caractère écologique de l’espace public.

Pour le front sud, la proposition d'aménagement paysager dénuée d’informations suffisantes ne convainc pas. De façon générale, ce projet souffre d'une absence de propositions en ce qui concerne la gestion des eaux, la matérialité des revêtements ainsi que la nature des espèces végétales.



3e rang – 1e mention : Rendez-vous à l’Orangerie

Le projet Rendez-vous à l’Orangerie propose un jardin assurant la perméabilité entre les pièces nord et sud de l’écoquartier. Dans ce jardin sont disposés quatre bâtiments polygonaux articulés de manière à fractionner davantage l’ensemble et à faire émerger sept volumes attribués aux différentes sociétés propriétaires. La grande place à l’arrière du bâtiment de tête est le lieu de référence et le passage nord-sud principal. Deux autres passages sont aménagés à travers les bâtiments ouest alors que des ”coulisses” entre bâtiments restent végétales.

Les formes organiques des volumes renforcent l’idée du jardin, s’adaptent aux rues à chaque extrémité et fluidifient les passages. L’alignement sud imposé est peu compatible avec ces géométries.

Tous les bâtiments ont des rez-de-chaussée à vocation publique ou communautaire, mais surtout cycliste au vu du nombre de places vélos prévues. Les entrées principales des immeubles sont au sud, séparées des passages traversants. Ce dispositif donne davantage de privacité à chaque immeuble et renforce le caractère public des passages. Il accentue également les différences de nature des jardins avec au nord des espaces fluides et naturels dans lesquels s’avancent les immeubles, et au sud des espaces plus structurés regroupant toutes les activités.

La limitation très stricte du périmètre par la construction d’un muret en pierre sur les limites nord et sud semble vouloir recadrer l’ensemble au contact des pièces urbaines voisines.

Les rez-de-chaussée et le premier étage de bureau du bâtiment de tête expriment des socles avec un parement minéral. Les étages d’appartements ont des façades avec structure et bardage en bois qui sont couronnées par un avant-toit. L’expression des façades ne met pas en valeur la qualité du travail de découpe des volumes polygonaux.

Au rez-de-chaussée, le bâtiment de tête est traversé par un corridor et une rampe qui séparent l’étroite bande de commerce sans dépôt du centre de vie enfantine. Celui-ci s’organise sur un seul niveau avec un patio intérieur et un accès depuis l’espace protégé de la place du quartier. Le bâtiment intermédiaire propose son entrée et des locaux d’activité sur la grande place. Les deux bâtiments ouest ont des locaux communs, les orangeries, ouverts sur des espaces aménagés au sud pour la vie sociale du quartier.

A part le bâtiment de tête, les bâtiments ont des distributions centrales servant quatre appartements par étage. Les typologies jouent habilement avec l’irrégularité des plans en absorbant les géométries non orthogonales dans les espaces de jour pour maintenir des chambres à angles droits. Ce principe engendre parfois des espaces jour paraissant de grands espaces résiduels.

Les appartements ont pour la plupart deux à trois orientations, à l’exception des appartements plein sud et plein ouest donnant sur le jardin arrière.

La générosité des communs et l’agencement des activités du jardin sud encouragent une vie de quartier très animée.

La répartition des unités construites génère des vides intéressants propices à la qualité et à la perméabilité des liaisons de mobilité douce. Le système de rétention paysager à travers différentes dépressions offre une variation d'ambiances et de milieux humides. Le traitement paysager du front nord exploite le concept de nature en ville. Les essences choisies comme le traitement des surfaces végétales et minérales valorisent la biodiversité. Au sud, la linéarité de la rue est rompue par un dessin organique. Le rapport entre l'espace public et privé est solutionné de façon intéressante tant par le vocabulaire végétal que par les affections du rez-de-Chaussée telle l'orangerie. La plantation au caractère varié et diffus est intéressante.



4e rang – 2e mention : pouL et le Loup

Le projet pouL et le Loup propose d’implanter 4 volumes ponctuels de taille variable et à intervalles irréguliers. Les espaces entre bâtiments sont aménagés en places de jeux et de détente. L’alternance des pleins et des vides rythme les espaces des rues et assure la perméabilité recherchée entre le Nord et le Sud. Le fractionnement en plusieurs volumes facilite également la prise en compte de la pente du terrain. Ce principe contribue à donner une identité au quartier, clairement distincte des pièces urbaines attenantes.

L’expression des volumes est caractérisée par une succession de balcons filants dont les horizontales marquées donnent une unité à l’ensemble. Si la neutralité affichée des façades permet de lire la parcelle comme un grand espace vert, l’absence de différenciation par rapport au contexte conduit aussi à une relative banalité. La disposition des appartements se répétant à chaque étage, l’animation des façades repose sur un jeu formel créé par l’alternance des plis des dalles de balcons. La matérialité de la façade est reportée au second plan. Le type de balcon proposé, qui donne largement à voir, présuppose également l’acceptation d’une appropriation possible des espaces par les habitants.

Les rez-de-chaussée sont destinés aux activités de quartier et aux locaux de services, les sous-sols étant partiellement excavés. Le bâtiment de tête comprend des activités commerciales côté route et la garderie orientée sur le quartier. Les entrées positionnées au Nord desservent les accès privés des résidents. A partir du 1er niveau, les logements sont disposés autour d’une cour intérieure éclairée par un zénithal. Une coursive distribue 8 appartements par étage. Le dernier étage, à ciel ouvert offre un prolongement extérieur semi-privatif intéressant ; néanmoins, ce dispositif de la cour intérieure atteint ses limites dans le cas du bâtiment de tête du fait du nombre plus élevé d’étages. Un des quatre bâtiments ne comporte pas d’atrium ce qui constitue une exception au système.

La typologie proposée est simple : les espaces servants (ascenseur, vestibule, sanitaires, caves) sont regroupés en anneau autour de la cour et les espaces servis (séjour et chambres) se trouvent en façade. Les grands appartements qui sont positionnés dans les angles bénéficient de deux orientations et les petits appartements mono orientés sont au centre avec une possibilité de second jour vers la cour. L’espace d’entrée articule les zones nuit et jour ; la cuisine est intégrée au séjour. L’éclairage naturel est assuré d’une part par une profondeur des logements constante et d’autre part par des ouvertures de type portes ou fenêtres qui donnent sur le balcon et éclairent généreusement les espaces.

La mixité fonctionnelle et sociale recherchée est favorisée par les connexions spatiales avec les pièces urbaines attenantes. Au sein du quartier, les affectations publiques et semi-publiques au rez-de-chaussée participent à cette logique et les cours intérieures favorisent les échanges entre les habitants.

L'implantation du bâti en plot permet de libérer des espaces verts généreux et des liaisons nord-sud de qualité. Les espaces de liaisons sont traités de façon distincte sous la forme d'une placette arborée et de deux jardins. Les aménagements au nord se limitent à une simple noue franchie par quelques pontons. Cette partie de l'aménagement est perçue comme un peu répétitive et manque de diversité sur le plan paysager. Au sud, par contre, le concept permet une bonne transition avec l'espace public grâce aux prolongements des jardins sur la rue. La générosité du caractère arboré est appréciée. La proposition d'ensemble manque toutefois d'informations sur les espèces végétales et la gestion des eaux au coeur de la pièce urbaine.



5e rang – 3e mention : ARARAT

Le projet ARARAT choisi de s’appuyer tout le long du front d’implantation au Sud, dessinant ainsi un immeuble long, simple et urbain. Une tête est articulée sur la rue des Plaines-du-Loup, une autre est esquissée sur les Bossons. L’espace à l’arrière se trouve totalement dégagé. La qualité du volume projeté est également relevée.

Les deux passages avant-arrière proposés ne rompent pas la continuité de l’implantation voulue définitivement très longue (200m ?), et ceci est peut-être la limite du propos : la qualité des « schlitz », des passages, laisse perplexe. En regardant l’implantation sous un autre angle, nous comprenons l’alignement sud mais doutons cependant des conséquences spatiales sans nuance au Nord récupérées par des murets plus libres.

Le projet est dessiné tout en bois, préfabriqué à très grande échelle, soulignant l’aspect végétal de cette « pièce urbaine C ». Ce choix implique et explique le côté simple et répétitif de la proposition, il est jugé fort intéressant.

Les cages d’escaliers éclairées naturellement et généreusement au Sud desservent à chaque palier deux appartements et proposent une terrasse supplémentaire. Les typologies sont très simples, chambres à l’arrière, salles de bain au centre et séjours-cuisines à l’avant, peut-être quelque peu schématiques, à l’image de la qualité spatiale des séjours. La générosité et l’habitabilité de la terrasse sud sont très séduisantes ; elles mettent en scène les qualités issues du choix de la construction en bois. La variation typologique des appartements situés sur les Plaines-du-Loup avec des séjours traversants est convaincante.

La proposition est considérée comme peu perméable sur le plan des liaisons de mobilité douce nord/sud. Si le passage ouest respecte le minimum légal de 10.00m de largeur, la liaison est, d'une largeur de 2.00m, est toutefois perçue comme anecdotique, insuffisante et procure un certain malaise par son étroitesse. Aucune suggestion d'aménagements extérieurs n'est proposée pour ces passages.

Au sud, l'aménagement au caractère privatif ne convainc pas et va à l'encontre du caractère de jardins partagés de la rue. Pour le front nord, la proposition de gestion des déblais/remblais est intéressante. Néanmoins, l'exploitation et l'orientation de la pente vont à l'encontre du système de gestion des eaux. Malgré la générosité des espaces verts, les usages semblent limités. Au coeur de la pièce urbaine aucune information n'est communiquée concernant les matérialités, le choix des essences et la gestion des eaux.



6e rang – 3e prix : F T C

Le projet F T C propose une forme urbaine composée de trois unités, répondant aux programmes d'un maître de l'ouvrage chacune. Les pièces sont elles-mêmes redécoupées en redents ou en formes hybrides, articulant ainsi divers espaces de nature et de qualités différentes.

Sur l’avenue des Plaines-du-Loup, un bâtiment massif et très compact, s’évide pour laisser l’espace à des cours intérieures, des terrasses et des jardins collectifs en toiture orientés vers l’Ouest. Les deux pièces urbaines jouent quant à elles sur la dualité du Nord et du Sud. Une façade Sud qui tient le front de rue et souligne la linéarité de la parcelle et révèle une certaine rigidité. Une façade Nord, découpée par les redents qui s'avancent vers la prairie inondable et créent divers espaces publics, des seuils et des petits événements spatiaux.

Entre les pignons de ces pièces deux placettes à ciel ouvert sont activées par des éléments du programme communs à tous. Les entrées d’immeubles sont traversantes et proposent des halls et couverts généreux. Les cheminements, les différentes placettes ou jardins offrent une grande porosité de l'ensemble.

Les typologies sont de qualité diverse, globalement significativement trop petites. En particulier, les typologies de l’ilot de tête avec ces appartements mono-orientés au nord sont problématiques. Les distributions se font par des coursives généreuses appropriables et/ou par des noyaux compacts selon les situations. Les loggias, quel que soit l’appartement, sont de dimensions très modestes.

Le projet F T C présente une uniformité de l’ensemble par son front Sud et sa matérialité, tout en offrant une grande diversité d’espaces propices à la convivialité. Ce foisonnement d’espaces proposés a été apprécié par le jury pour leur propension à favoriser le vivre ensemble. Toutefois, l’usage et la gestion de ces espaces restent à confirmer.

Les liaisons nord-sud sont assurées par 2 passages confortables qui trouvent une accroche intéressante à l'espace public sud. Par contre, les jardins privés au sud sont moins appréciés. La richesse du concept paysager et les usages différenciés offrent un cadre de vie de qualité et une bonne cohésion sociale à l'échelle de la pièce urbaine et du quartier.

Les propositions de nature en ville et de gestion des eaux sont de qualité. Il faut relever la promenade suspendue en deck sur la zone inondable. Cet aménagement s'étirant du chemin des Bossons à l'avenue des Plaines du Loup interpelle par ses dimensions tout en faisant craindre une certaine monotonie. Les propositions végétales comme la matérialité des sols démontrent une réflexion aboutie pour les aménagements extérieurs. La richesse et la diversité des propositions péjorent quelque peu la simplicité et la force de l'ensemble.



7e rang – 4e mention : Dans un parc

Ce projet Dans un parc présente une implantation subtile et plaisante de trois volumes discontinus et de formes polygonales en lignes brisées assurant ainsi une bonne perméabilité entre eux de même qu’avec les futures réalisations prévues dans les pièces urbaines voisines B et D du PPA 1.

Entourés de toutes parts de verdure et d’une importante arborisation, les accès aux différentes entrées d’immeubles sont bien signifiés par des cheminements reliés à une desserte parallèle à la rue de quartier sud, mais séparée de celle-ci par un espace comprenant des jardins potagers, une place de jeux et des stationnements pour vélos. Depuis cette desserte des chemins sinueux permettent de joindre la rue nord du quartier et de longer un sentier bordant des espaces composés de noues écologiques.

La sobriété du traitement, semblable pour toutes les façades des immeubles, y compris pour celle de la tour côté est, donne une échelle et un aspect confortant à l’ensemble. Est également à relever que le dimensionnement de ces trois volumes contient à satisfaction le programme de logements et d’activités propre à chacun des trois investisseurs.

Globalement les trois immeubles adoptent les mêmes dispositions et compositions intérieures avec des cages d’escaliers centrales généreuses et efficaces, desservant chacune 4 à 5 appartements par palier. Quant à l’organisation des appartements, on peut relever que la contrainte d’une enveloppe polygonale permet des vues quelque peu différenciées et n’empêche pas le maintien de toutes les chambres avec des formes orthogonales. En revanche, il semble regrettable de tourmenter l’espace de jour de certains appartements au profit de la création de balcons-loggias.

En ce qui concerne les espaces « activités », tous situés au niveau du rez, les emplacements retenus et leurs possibilités de prolongation extérieure sont appréciés, de même que la proposition de mise en place du Centre de vie enfantine et de la Garderie.

La proposition interpelle par la générosité et la qualité du parc. Les liaisons nord-sud à travers le parc sont assurées par deux cheminements à ciel ouvert et un cheminement sous couvert. Le traitement nord et son dessin organique ainsi que la gestion des niveaux renforcent le caractère naturel du jardin. La gestion des eaux est confortée par des importantes surfaces perméables. Au sud, le parc s'étend jusqu'aux limites du domaine public. Ce dispositif génère une bonne interactivité entre l'espace public et le construit. Les placettes et accès aux bâtiments sont traités de façon pertinente. Le vocabulaire végétal riche et diversifié est adapté aux conditions recherchées pour ce lieu.

En conclusion, ce projet présenté de manière soignée, ainsi que ses qualités relevées, permet de convaincre. Hélas, il ne respecte pas l’article 24 du Règlement du PPA 1 qui impose que la façade sud soit réalisée sur le trait du front d’implantation indiqué sur le plan.

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