Cité de la Musique, Genève

Concours de projets pluridisciplinaires à un degré en procédure sur invitation, pour la construction d'un ensemble comprenant une salle philharmonique, des salles de répétition et la Haute école de musique de Genève.
Le jury a été séduit par l'organisation programmatique et circulatoire qui délimite sans séparer les espaces et l'expressivité intemporelle du projet proposé par Pierre-Alain Dupraz & Gonçalo Byrne Arquitectos LDA.

Jury non professionnel

  • Bruno Megevand (Président Fondation Cité de la Musique Genève)
  • David Lachat (Président du Conseil de la Haute Ecole de Musique de Genève, Vice-président de la FCGM)
  • François Abbe-Decarroux (Directeur Général HES-SO Genève, membre du Conseil de la FCMG)
  • Steve Roger (Membre du Conseil de la FCMG)
  • Sylvie Buhagiar (Sylvie Buhagiar, Vice-présidente du Conseil de la Fondation OSR, vice-présidente du Conseil de la Haute Ecole de Musique de Genève, membre du Conseil de la FCMG)
  • Serge Dalbusco (Conseiller d’Etat chargé du Département des Finances)
  • Philippe Dinkel (Directeur HEM Haute Ecole de Musique Genève)
  • Bernard Lanskey (Directeur du Conservatoire de Singapour)
  • Francesco Della Casa (architecte Cantonal)
  • Michael Meier (Secrétaire général adjoint, PRE - DP, Etat de Genève)
  • Jean-Frédéric Luscher (architecte, directeur, OPS-SMS - DALE, Etat de Genève)
  • Jacques Moglia (architecte, attaché de direction OBA - DF, Etat de Genève)
  • Bojana Vasiljevic Menoud (architecte, cheffe du Service d’Urbanisme, Ville de Genève)

Jury professionnel

  • Dominique Perrault (architecte, Paris Genève, présidente)
  • Jean-Pierre Stefani (architecte, Genève)
  • Paul Andreu (architecte, Paris)
  • Simon Chessex (architecte, Genève)
  • François de Marignac (architecte, Genève )
  • Jordi Garces (architecte, Barcelone)
  • Christian Sumi (architecte, Zürich)
  • Philippe Meier (architecte, Genève)
  • Eugen Mugglin (architecte, Lucerne)
  • Nicolas Pham (architecte, Genève)
  • Carmelo Stendardo (architecte, Genève)
  • Patrice Bezos (Architecte, Genève)
  • Thierry Merle (Architecte SIA, Urbaniste FSU, directeur de la Direction du développement urbain – Région rive droite, OU - DALE, Etat de Genève)

Maître d'ouvrage

Fondation pour la Cité de la Musique de Genève


Objectifs du Concours

La Cité de la Musique est un équipement culturel majeur, unique en Suisse romande, qui se compose d’une salle philharmonique pouvant accueillir environ 1750 spectateurs, de trois salles publiques de tailles plus modestes, de l’ensemble des locaux destinés aux 115 musiciens et 20 collaborateurs de l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) et des locaux d’enseignement permettant l’accueil des 515 étudiants, 190 professeurs et 40 collaborateurs de la Haute Ecole de Musique (HEM).

La Cité de la Musique se veut comme un bâtiment vivant, convivial et largement ouvert au public, même en dehors des heures de représentations. Un restaurant comprenant deux salles, des commerces et une bibliothèque musicale permettront de renforcer les propriétés d’accueil du lieu.

Outre la salle philharmonique, pour laquelle le concept d’exploitation prévoit une occupation d’environ 160 jours par année, la Cité de la Musique disposera de diverses salles de représentations (salle lyrique, salle de récital, black-box et auditoires) permettant à la HEM de poursuivre sa politique d’ouverture au public et à la ville grâce à l’organisation de près de 400 concerts et auditons par année. La Cité de la Musique comprendra également les locaux administratifs de l’OSR et de la HEM, soit près de 250 professeurs et collaborateurs.

Recommandations du jury

Le Jury remercie l’ensemble des candidats pour la qualité des projets présentés. Il souligne la grande diversité ainsi que la richesse des réponses données.

L’ensemble des propositions a permis de mesurer la grande complexité de la question posée tant du point de vue de l’insertion urbaine d’un tel équipement, que de celui de la mixité de programme et d’usages que prévoyait le règlement du concours.

Le Jury est convaincu que le projet lauréat proposé à l’unanimité premier rang – premier prix : Résonances, a tous les atouts pour évoluer et répondre avec pertinence aux remarques formulées par le Jury et les représentants du Maître de l’Ouvrage lors de son développement à venir. Le Jury recommande par conséquent à l’unanimité au Maître de l’Ouvrage l’attribution du mandat aux auteurs du projet Résonances.

Le Jury émet la recommandation au lauréat d’œuvrer avec force et ingéniosité pour que cette réalisation architecturale soit à la hauteur de l’enjeu que représente ce pôle culturel et éducatif à l’échelle de la région. Le projet devra en outre être exemplaire sur l’ensemble des critères énoncés dans le cadre du concours.

Bien que présentant un ensemble de qualités incontestables, le Jury a néanmoins relevé un certain nombre de points qui devront être étudiés et développés par le lauréat afin que le projet corresponde en tous points aux souhaits du Maître de l’Ouvrage ainsi qu’à la qualité attendue. Il s’agira notamment d’étudier le programme et son fonctionnement, les principes et qualités spatiales des espaces de circulation, le traitement architectural des espaces majeurs et la matérialité de la façade.

Extraits du rapport du jury

1er rang – 1er prix : Résonances

Avec son positionnement et sa géométrie le projet s’intègre avec subtilité et délicatesse dans le site des Feuillantines. A cheval entre deux tissus urbains très différents, le projet répond avec justesse au contexte. Le long de la route de Ferney, il propose une volumétrie simple et linéaire. Côté parc, un léger pli permet de laisser place à la nature et à la promenade des Nations.

La volumétrie du projet se caractérise par deux corps de bâtiments venant s’interpénétrer. Le premier, tourné vers la Place des Nations est constitué des parties publiques du projet. Le second, situé à l’arrière du site, laisse la part belle à la Haute Ecole de Musique et à ses salles d’enseignement. Le Jury a été séduit par cette implantation qui traduit avec finesse un ensemble de problématiques inhérentes au site et souligne avec clarté la mixité programmatique de l’ensemble.

Le lieu de rencontre entre ces deux volumes décrit une longue diagonale reliant la Place des Nations à la route de Ferney. Le projet propose par ailleurs une petite place offrant un accès secondaire au programme de la Haute Ecole de Musique.

A chaque extrémité de cette diagonale, le projet souligne les accès au bâtiment en proposant deux émergences verticales opérées grâce à la courbure de la toiture, à l’image de deux voiles soulevées pour inviter le public à pénétrer au cœur du bâtiment.

Malgré sa forme forte, le Jury a apprécié le fait que le projet présente une grande humilité de par sa résolution volumétrique. Les émergences sont placées avec une grande précision et ne prétéritent aucunement l’espace urbain ou les bâtiments environnants. Par l’asymétrie ainsi induite, elles permettent de rompre une frontalité avec la Place des Nations.

Le fonctionnement du bâtiment découle du parti pris volumétrique. Le Jury relève la qualité de la disposition des trois salles publiques, disposées en enfilade le long de la circulation interne du bâtiment. Cette disposition permet à la fois un accès aisé aux salles tout en offrant un lien fonctionnel fort avec le reste du programme. Cette diagonale se répète d’étage en étage et propose un dispositif de rampes permettant de relier, en plus des autres liaisons verticales, l’ensemble des parties programmatiques composant la Cité de la Musique. Le Jury a apprécié la qualité des parcours et la manière dont ceux-ci délimitent avec simplicité les espaces du projet.

Au-dessus des salles publiques, le programme de l’école ainsi que celui de l’orchestre trouvent une place prépondérante et de qualité. Le développé de façade, accentué par le creux formé dans le volume, offre un ensemble d’espaces de travail et d’enseignement bénéficiant d’un apport en lumière du jour. Le Jury apprécie également la relation visuelle qu’entretiennent les espaces d’enseignement avec le parc.

Du point de vue de sa matérialité, le projet enveloppe l’ensemble de sa volumétrie par une façade sérielle laissant échapper l’activité du bâtiment. La trame proposée est élargie au niveau du sol pour signifier le caractère public du bâtiment ainsi que sa volonté d’ouverture aux visiteurs et aux usagers. La recherche d’une certaine simplicité intemporelle dans son expression a été relevée comme une grande qualité par les membres du Jury.

Le Jury souhaite que le projet, dans son développement, ne perde pas les valeurs qui en font la force. Certains éléments du projet devront être approfondis pour satisfaire pleinement la volonté du Maître de l’Ouvrage de faire de ce bâtiment un équipement majeur unique à l’échelle du territoire. Dans le cadre de son développement, une réflexion devra être menée quant à sa matérialité, ses espaces d’accueil et sa relation à l’espace public.



2e rang – 2e prix : Musicbox

Le projet prend le parti de disposer un volume linéaire d’une très grande finesse sur le site. Disposée sur un socle, la typologie tripartite contenant l’ensemble des fonctions dédiées à la Haute Ecole de Musique, exprime son rapport à la Ville au travers d’un joint négatif invitant les spectateurs et usagers à pénétrer au sein du bâtiment.

Par cette composition, la façade frontale donnant sur la place des Nations parvient à exprimer d’une manière très sensible la manière dont le projet articule et dispose les fonctions du programme.

La finesse du volume offre la possibilité d’opérer un retrait de la façade donnant sur la route de Ferney. Cette implantation offre l’avantage de libérer le pourtour du site sur ses trois côtés. Elle participe à la forte frontalité que le projet propose avec la Place des Nations. Ce parti pris s’exprime notamment dans le fait qu’aucune fonction au rez-de-chaussée ne profite de la relation forte qu’entretiendra ce bâtiment avec la future promenade des Nations et le parc faisant partie intégrante du site.

Afin de marquer clairement la séparation des fonctions, le projet propose de disposer la majeure partie des salles de spectacles au sein même de son socle. Le Jury a apprécié la franchise de ce geste qui a pour principale conséquence d’offrir une séquence de parcours allant de la Place des Nations jusqu’au dernier sous-sol du projet où le candidat dispose de l’accès aux parterres des trois salles publiques. Ce parcours, bien que d’une grande richesse spatiale, pose un certain nombre de questions fonctionnelles et sensitives relevées par les membres du Jury. Ce parti pose également la question de la dimension symbolique quant à la position de la grande salle et de son accès au plus bas de l’édifice pour tous les publics. Cette proposition a également pour conséquence d’enterrer très fortement le projet. Le sous-sol du bâtiment représente en effet près de 40% du volume bâti.

La salle de concert présente une forme de salle semi-enveloppante. De par sa forme, elle induit une surface réduite à la scène de l’orchestre. Cependant la composition du plan offre une certaine générosité et une disposition agréable des places.

Ce parti laisse néanmoins la part belle au programme de la Haute Ecole de Musique qui peut dès lors, développer ses activités de manière rationnelle et lumineuse aux étages supérieurs du projet. Un système de cours intérieures offre la possibilité à la majeure partie des salles d’enseignement de disposer de la lumière du jour ainsi que d’une relation visuelle forte avec le parc.

Les membres du Jury apprécient particulièrement la manière dont le projet dispose les fonctions d’enseignement et d’administration dans ses étages supérieurs. La grande rigueur des parcours démontre le soin avec lequel les architectes ont appréhendé cette part fondamentale du programme. Le Jury regrette néanmoins le fait que le projet propose systématiquement des surfaces plus importantes que celles déterminées par le programme du concours. La générosité des parcours et des espaces induit un dépassement des surfaces de référence ainsi que du volume bâti. Malgré la très grande simplicité des typologies proposées, le Jury émet un doute quant à la capacité du projet à réduire sa taille sans porter préjudice au fonctionnement de l’ensemble.

Bien que l’idée de disposer une salle publique aux étages supérieurs du projet, et de surcroît offrant une relation visuelle entre l’école et la Place des Nations, le Jury émet un doute quant à l’aspect fonctionnel d’une blackbox vitrée sur l’un de ses côtés.

Le Jury tient à souligner la grande finesse de l’expression architecturale présentée par les architectes. Le projet propose une matérialité intemporelle et une grande lisibilité.



3e rang – 3e prix : Twin Peaks

Sous une façade drapée et d’apparence homogène, le projet dispose l’ensemble des fonctions demandées par le programme. Il s’insère dans le site en accompagnant le parc par le biais d’une légère courbe au creux de laquelle est disposée une entrée latérale donnant accès à un grand hall majeur. Celui-ci est en lien direct avec la Place des Nations où un second accès est disposé.

Par un processus d’adaptation de la forme au contexte territorial ainsi qu’au programme, le projet offre une volumétrie particulière qui décrit deux émergences venant se fondre dans la partie centrale du projet. Ces formes fortes sont conçues comme des escaliers invitant les usagers à monter sur la toiture du bâtiment où le projet prend le parti de disposer un espace extérieur accessible et pouvant servir de lieu de représentation.

Bien plus qu’un simple auditoire extérieur, cet espace est conçu comme un véritable prolongement de l’espace public de la Place des Nations et du parc. Il offre une expérience forte et symbolique en adéquation avec le nombre de personnes visitant ce lieu. L’entrelacement de ces parcours proposés par les architectes permet par ailleurs, de scinder la perception du volume en deux blocs venant s’interpénétrer.

Le projet propose une frontalité assumée mais importante sur la Place des Nations. Ce parti engendre un questionnement auprès du Jury quant à la symbolique de cette frontalité qui reproduit celle que l’on trouve dans la plupart des bâtiments dévolus aux institutions internationales situées aux abords de la Place des Nations.

Le Jury relève la qualité des aménagements paysagers de la promenade des Nations. Leur simplicité participe à la relation qu’entretient le bâtiment avec son parc.

Le programme est disposé au sein du bâtiment de sorte à laisser la part belle au foyer majeur du projet conçu comme un espace tampon entre le parc et les salles publiques. Celles-ci opèrent comme des éléments autour desquels l’ensemble des fonctions administratives, de travail et d’enseignement du projet viennent prendre place.

Ce parti pris a néanmoins pour conséquence de contraindre les espaces venant occuper les interstices entre les salles. Le Jury regrette que certains espaces et liens fonctionnels semblent subir la volonté des architectes de libérer complètement l’espace dédié à la verticalité du foyer. De ce fait, un certain nombre de locaux ne disposent pas de l’apport en lumière du jour préconisé par le programme des locaux.

En outre, le Jury relève que les surfaces utiles proposées par les architectes sont sensiblement plus petites que celles envisagées pour satisfaire le fonctionnement du projet. A ce titre, le Jury rappelle la volonté du Maître de l’Ouvrage de proposer une symbiose ainsi qu’un équilibre entre les espaces dédiés aux spectacles et ceux dédiés à l’enseignement.

Le Jury relève que le traitement, la disposition et la matérialité de la grande salle de concert semble s’opposer au caractère résolument tourné vers l’avenir du reste du projet. La forme de la scène proposée fait état de proportions mal adaptées à la disposition d’un grand orchestre. De plus, les balcons latéraux offrent en définitive relativement peu de places.

Le Jury relève le très grand enthousiasme ainsi que la fascination envers la proposition de matérialité du projet. A la manière d’un drap tendu, la façade offre une maille au travers de laquelle l’activité de la Cité de la Musique est entrevue depuis l’espace public.



4e rang – 4e prix : A deux voix

Le projet prend le parti de concentrer l’ensemble du programme dans un bâtiment n’exploitant que le secteur en lien direct avec la Place des Nations de la zone constructible du site. Le projet se traduit ainsi par un volume parallélépipédique d’une grande compacité affirmant une frontalité très forte avec l’espace public de la place.

Ce parti volumétrique a pour conséquence d’orienter le développement du programme dans une verticalité relativement importante.

A l’empilement des étages, le projet répond par la très grande force de son principe de distribution majeure. Conçu comme un véritable parcours reliant l’ensemble des fonctions publiques du programme, un dispositif d’escaliers, de paliers intermédiaires et de foyers permet aux utilisateurs d’appréhender avec une très grande clarté la complexité programmatique de la Cité de la Musique.

L’ampleur et la verticalité de cet espace de distribution, associées à la grande frontalité du projet rappellent néanmoins un langage associé à un grand nombre d’équipements d’un autre usage.

Bien que l’organisation générale des fonctions trouve une grande clarté grâce à ce parti, le Jury se questionne quant à la pertinence de celui-ci en regard de la volonté exprimée par le Maître de l’Ouvrage d’éviter toute forme de monumentalité dans le cadre du développement de cet équipement participant au renouvellement du public de la salle Philharmonique.

La grande rigueur dont font état les plans présentés permet d’accueillir avec soin l’ensemble des espaces d’enseignement et de travail dévolus à l’orchestre ainsi qu’à la Haute Ecole de Musique. Ceux-ci trouvent place de manière rationnelle et confortable autour et au-dessus de la grande salle de concert.

Un dispositif de cours permet de surcroît d’amener de la lumière naturelle dans l’ensemble des locaux d’enseignement.

Le Jury souligne le grand travail de composition mené par les architectes qui se traduit jusqu’à la représentation des plans et coupes du projet par un principe de poché s’exprimant en façade.

Celle-ci propose une matérialité qui semble difficile à mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne la volonté des architectes de faire apparaître au travers d’une pierre translucide la vie du bâtiment. Du fait du parti pris des architectes consistant à offrir de grandes fenêtres sur la Ville, le Jury se demande si cette volonté d’utiliser de la pierre translucide est réellement convaincante dans ce concept.

De la concentration du volume découle une forte contrainte sur le dimensionne- ment de la salle. Celle-ci semble en effet coincée dans un corset formé par le programme disposé en façade. Il en résulte une jauge de la grande salle légèrement en-dessous de la demande et une disposition délicate des places. Le concept proposé par les architectes de marier les avantages de la boîte à chaussure et du vignoble semble difficile à maîtriser et à mettre en place.

Le projet ne prévoit qu’un seul espace de déchargement pour l’ensemble des quatre salles publiques. De plus, l’espace libéré au sol risquerait de devoir accueillir les quelques places de stationnement demandées par le programme au détriment de la portion de parc libérée de la construction.

Si le concept d’aborder ce projet dans un grand geste compact a retenu toute l’attention du Jury il a également mis en évidence la question de sa forte présence volumétrique dans ce contexte.



5e rang – 5e prix : Soundscape

Le projet se présente de prime abord comme un grand parallélépipède rectangle occupant la majeure partie constructible du site. Une succession d’opérations que les architectes du projet qualifient d’un genre d’érosion vient modifier la perception que l’on se fait de ce volume dans le but notamment de transcender les limites spatiales et fonctionnelles entre les trois éléments principaux composant le site : Le parc, la Place des Nations et la Cité de la Musique de Genève.

Le Jury apprécie ce lien fort établi entre le programme et la nature malgré l’apparence monolithique de l’ensemble.

La subtilité des vides interstitiels offre de surcroît l’opportunité d’y insérer un système de distribution en adéquation avec l’échelle du programme.

Le Jury regrette toutefois que l’une des perméabilités majeures du projet parle du lien créé entre le parc et le Chemin des Colombettes et relève que ce dernier ne présente pas un caractère majeur à l’échelle de la ville, tant en termes de spatialité que de fonctionnalité.

Au niveau du rez-de-chaussée et de l’accroche du bâtiment sur la Place des Nations, l’érosion opérée offre des accès séparés pour la Haute Ecole de Musique, le restaurant jouxtant la place et le foyer principal. Le Jury relève que les accès aux espaces d’enseignement semblent relativement contraints par le dispositif d’escaliers mécaniques mis en place par les architectes.

Le Jury relève le fait que les espaces de travail et d’enseignement de l’école sont très bien organisés. L’ensemble de ceux-ci forment une entité indépendante dans le volume général.

Au sous-sol, accessible depuis le parc, le projet dispose d’une entrée secondaire distribuant un second foyer destiné essentiellement aux auditoires de la Haute Ecole de Musique ainsi qu’aux trois plus petites salles de concerts.

Ces espaces sont en lien fonctionnel étroit avec l’important dispositif logistique situé au deuxième sous-sol mis en place par les architectes. Afin de permettre l’accès à cette partie essentielle au fonctionnement du bâtiment, le projet prévoit un important dispositif de rampes et de circulation venant ceinturer le dernier niveau du projet. Ce parti pris a pour principale conséquence d’augmenter de façon considérable les surfaces et volumes bâtis.

La forme et le traitement de la salle philharmonique qui occupent les derniers niveaux du bâtiment ne semblent pas être en adéquation avec sa destination première. Le Jury apprécie néanmoins la proposition des architectes d’y laisser pénétrer la lumière du jour, bien que ce parti pose un grand nombre de questions en regard des aspects scéniques et acoustiques.

Le Jury apprécie le traitement de la toiture du bâtiment qui se veut accessible au public et fortement végétalisée.

L’attention portée à cet espace est en adéquation avec la qualité du traitement que les architectes proposent pour l’aménagement du parc.

Le projet propose notamment la remise à ciel ouvert du ruisseau des Feuillantines ainsi que des espaces riches et variés. Le Jury relève la grande finesse de ce travail paysager, en adéquation avec la volonté du Maître de l’Ouvrage d’établir une forte relation entre les espaces publics et la Cité de la Musique.



6e rang – 6e prix : Panorama

Le projet se distingue par sa composition éclatée et sa volonté affirmée de marquer le paysage de la rade par un geste à la mesure du programme qu’il accueille.

Les architectes évoquent la notion d’une formation géologique presque accidentelle pour caractériser la manière dont les programmes sont répartis au sein du site. Le Jury relève à ce titre la qualité de cette esthétique de l’accident qui confère au projet un équilibre fin dans sa répartition des masses et des fonctions.

Mais l’accident n’est pas le bon terme pour désigner la finesse avec laquelle le projet reconnaît et s’insère dans le site. Du côté de la route de Ferney, le projet dispose de l’ensemble des salles d’enseignement de la HEM dans un volume linéaire distribué par un ensemble de coursives vitrées.

La forte concentration du programme scolaire sert d’appui latéral à un espace de distribution majeur qui va permettre de relier l’ensemble des espaces publics du programme à la Place des Nations. Les architectes écartent toute notion de frontalité avec la place. Le projet s’y présente sous forme d’une toiture en coque venant rejoindre le niveau du sol. La présence du bâtiment sur la Place est marquée par le surplomb de la salle de récital sur l’espace d’entrée.

Les autres salles publiques sont disposées le long du parcours jouxtant le parc et forment des émergences sur celui-ci. Dans l’interstice entre les salles, le projet prévoit un certain nombre d’accès secondaires.

Chacune de ces parties de programme est l’occasion de mettre en scène le monde de la musique ainsi que de chercher des cadrages sur le grand paysage et la ville. Le Jury a apprécié l’ensemble de cette démarche qui permet au projet de proposer des espaces d’une grande qualité ainsi qu’une composition volumétrique forte et a affirmée.

Surplombant l’ensemble de la Cité de la Musique et traité comme un objet indépendant et insolite, la salle Philharmonique termine le parcours intérieur proposé par les architectes. Au niveau R+5, le projet offre l’accès au parterre de la salle.

Le Jury relève le fait que cette disposition de la salle implique une grande complexité quant à la gestion des flux de personnes devant se rendre aux concerts. Le Jury apprécie néanmoins la volonté des architectes d’offrir à la ville un événement architectural exceptionnel.

La salle philharmonique, de forme semi-enveloppante, est relativement concentrée autour du chef d’orchestre et de la scène. Ce parti pris conduit à une disposition verticale du public regroupé sur un grand nombre de balcons en échiffre. La forme de la salle offre une relation forte entre le public et les musiciens, qualité que les membres du Jury relève également.

Ce projet avec une très forte mise en scène de la salle philharmonique dans la ville a été très apprécié par les membres du Jury et a particulièrement nourri le débat sur l’image architecturale que souhaite porter l’institution dans ce contexte.

Palmarès

1er rang – 1er prix : Résonances

Pierre-Alain Dupraz & Gonçalo Byrne Arquitectos LDA, Genève

Ingénieur civil: Afaconsult

Architecte paysagiste: Proap IDA

Ingénieur CVCSE: Amstein + Walthert SA

Acousticien: Nagata Acoustics

Scénographe: The Space Factory

Economiste de la construction: Regtec SA

2e rang – 2e prix : Musicbox

João Luis Carrilho da Graça / JLCG Arquitectos LDA, Lisbonne

Ingénieur civil: Wmm Ingenieure


Architecte paysagiste: JLCG Arquitectos LDA


Ingénieur CVCSE: Amstein + Walthert AG


Acousticien: Khale Acoustics


Scénographe: Scenevolution


Economiste de la construction: Ernst Baukostenplanung


Autres membres du groupement: Emmer Pfenninger Partner AG

3e rang – 3e prix : Twin peaks

BIG & Itten + Brechbühl SA, Copenhague et Lausanne

Ingénieur civil: Dr. Lüchinger+Meyer Bauingenieure AG

Architecte paysagiste: VWA Verzone Woods Architectes Sàrl

Ingénieur CVCSE: Weinmann-Energies SA


Ingénieur électricité: MAB

Acousticien: ARUP


Scénographe: Theatre Projects

Consultant Economiste de la construction: Itten+Brechbühl SA

Ingénieur OPAM: Neosys AG


Expert protection incendie: AEAI CR-Conseils Sàrl

4e rang – 4e prix : A deux voix

EM2N Mathias Müller Daniel Niggli Architekten AG, Zurich

Ingénieur civil: Schnetzer Puskas Ingenieure AG


Architecte paysagiste: Balliana Schubert Landschaftsarchitekten AG

Ingénieur CVCSE: ahochn Interdisziplinäre Ingenieure

Acousticien: Kahle Acoustics


Scénographe: The Space Factory


Economiste de la construction: b+p baurealisation AG


Interventions médiatiques: iart AG


Physicien du bâtiment: Gartenmann Engineering AG

5e rang – 5e prix : Soundscape

Kengo Kuma & Associates Inc., Tokyo

Ingénieur civil: AIA Ingénierie


Architecte paysagiste: EMF Paisatge


Ingénieur CVCSE: AIA Ingénierie


Acousticien: Nagata Acoustics Inc.


Scénographe: The Space Factory


Economiste de la construction: CCHE Lausanne SA

Expert environnement AIA Studio Environnement

Ingénieur incendie: IGNIS SALUTEM

6e rang – 6e prix : Panorama

Office for Metropolitan Architecture (O.M.A.)

Ingénieur civil: Schnetzer Puskas


Architecte paysagiste: VOGT Landscape Architects


Ingénieur CVCSE: Waldhauser + Hermann AG


Acousticien: Kahle Acoustics


Scénographe: ducks scéno


Economiste de la construction: TAKT Baumanagement AG

Acousticien, spécialiste des isolations: Level acoustics

Durabilité: Transsolar
Architectes locaux: FHV Architectes

Sujets:

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