Bachet-de-Pesay, Lancy

Concours de projets d’architecture à deux degrés en procédure ouverte

Jury non professionnel

  • Michel Schneider (Pensimo (Economiste))
  • Caroline Barbisch (Office de l’Urbanisme, Service Interfaces CEVA. Genève)
  • John Aubert (Office de l’Urbanisme, Service Interfaces CEVA, architectepaysagiste. Genève)
  • Dominique Gueritey (Architecte, chef du service Travaux et Urbanisme (Ville de Lancy))
  • Bertrand Reich (Avocat, secrétaire de la FCIL)

Jury professionnel

  • Francesco Della Casa (Architecte cantonal Canton de Genève)
  • Jörg Koch (Pensimo (Architecte))
  • Marc Derron (Pensimo (Architecte))
  • Philipp Esch (Architecte (Zurich))
  • Dominique Salathé (Architecte (Bâle))
  • François de Marignac (Architecte (Genève))
  • Jaime Golub (Architecte (Trèfle d’Or))
  • Egon Heinzmann (Architecte (Pensimo))
  • Julia Zapata (Architecte (Genève))
  • Jan Bega (Office de l’Urbanisme, Service Interfaces CEVA. Genève)
  • Stéphane Lorenzini (Conseiller administratif de la Ville de Lancy, Président de la FCIL, Architecte)
  • Jean-Frédéric Luscher (OPS – Directeur du service des monuments et sites)

Maître d'ouvrage

Fondation de placements Turidomus, société Trèfle d’Or, Ville de Lancy et Fondation communale immobilière de Lancy


Objectifs du Concours

Le secteur de Bachet-de-Pesay est en plein processus de transformation et de restructuration avec des enjeux urbanistiques et architecturaux conséquents pour cette entrée sud de Genève.

La Fondation de placements Turidomus, la société Trèfle d’Or et la FCIL, en partenariat avec la Ville de Lancy et le DALE, entendent réaliser un projet exemplaire permettant de renforcer l’identité de ce lieu, en soignant tant le bâti (logements, logements étudiants, activités) et son intégration dans le contexte existant, que les espaces publics et leur insertion dans ce périmètre totalement renouvelé avec l’implantation de la nouvelle halte Carouge-Bachet, en cours de réalisation.

Ce futur projet issu de ce concours devra offrir un cadre de vie urbain de qualité, propice au développement d’un sentiment d’appartenance et d’identité.

La protection contre le bruit, la densité, les proportions, la mobilité, l’aménagement des espaces publics font partie des enjeux primordiaux de ce concours.

La Fondation de placements Turidomus entend réaliser en priorité des logements pour la collectivité qui permettront d’offrir à l’ensemble de ce lieu, le meilleur compromis entre la qualité de vie et la volonté de densifier les terrains à disposition comme exprimé récemment en votation populaire lors de la révision sur la loi générale sur les zones de développement (LGZD).

Avec la démolition des immeubles existants, la Fondation de placements Turidomus est dans l’obligation de réaliser au minimum 50% de plus d’appartements que ceux existants actuellement (nombre: 108). La Fondation de placements Turidomus a vocation particulière à réaliser des logements étudiants. Cette proposition envisagée dans le programme est une alternative en lieu et place de surfaces de bureaux et commerciales. La typologie, l’orientation et l’aménagement des logements étudiants laissent plus de liberté au concurrent pour assurer une meilleure protection morphologique contre les nuisances sonores.

La Fondation de placements Turidomus entend réaliser une mixité de logements LUP, loyers libres et loyers contrôlés. L’ensemble des locataires actuels devra être relogé sur site, suite à la démolition des bâtiments existants.

La FCIL entend réaliser des logements LUP selon les directives de l’O ce du Logement, en couture avec les quartiers en développement.

La Société Trèfle d’Or souhaite développer un projet mixte, logements / activités, en lien direct avec la nouvelle halte du CEVA et ses espaces publics attenants. L’objet de ce concours est d’obtenir une réponse d’insertion urbaine de qualité et d’une densité en relation avec l’échelle de ce futur quartier. Les surfaces d’activités doivent pouvoir assurer un lien avec les espaces publics et une protection pour les appartements contre les nuisances sonores.

Extraits du rapport du jury

Recommandations du jury:

Le Jury est convaincu que le projet lauréat proposé à l’unanimité premier rang - premier prix: 520 CHARICE, a tous les atouts pour se développer et répondre avec pertinence aux remarques formulées par le Jury et les Maîtres de l’ouvrage lors du développement du projet. Il recommande à l’unanimité aux Maîtres de l’ouvrage l’attribution du mandat aux auteurs du projet classé premier rang - premier prix.

Le Jury émet la recommandation au lauréat d’œuvrer avec force et ingéniosité pour que cette réalisation architecturale soit exemplaire sur l’ensemble des critères énoncés dans ce concours.

Dans le cadre du développement du projet, il formule les recommandations suivantes:

De manière générale, le Jury a apprécié le traitement des façades sur cour et sur rues. Par contre il conviendra de clarifier l’expression architecturale, la matérialité du côté de Cité-de-Pesay. En e et, il remet en question l’expression différenciée entre les six premiers niveaux et les trois derniers niveaux ainsi que l’escalier en façade des logements étudiants.

D’autre part, le Jury salue la pertinence sur le fond routier et conforte le lauréat à poursuivre une analyse pour parfaire les espaces publics/urbain projetés. La solution d’aménagement sur l’Avenue Eugène-Lance devra préciser la possibilité d’un retournement des véhicules.

Enfin, le Jury relève la grande qualité typologique des logements et demande de vérifier l’éclairage naturel dans certaines pièces tout en respectant les vues droites.

Côté Trèfle d’Or, le Jury a également apprécié la bonne liaison entre les parties activités et logements. Cependant, il recommande de travailler la perméabilité transversale côté route de Saint-Julien au rez-de-chaussée.

Le Président du Jury informe qu’il se tient avec quelques membres à disposition des Maîtres de l’ouvrage pour les accompagner dans le processus de mise en route des projets avec le lauréat, si ces derniers le souhaitent.



1er rang – 1er prix: CHARICE – Jaccaud Spicher Architectes Associés

Le Jury a beaucoup apprécié l’évolution du projet du 1er au 2nd degré et le parti pris de s’insérer dans le site à l’aide de deux pièces urbaines au lieu de trois initialement. L’insertion de ces deux volumes, aux géométries à la fois subtiles et affirmées, banalise la ville dans cette portion de quartier « chaotique » tout en offrant des potentiels d’adaptabilité et d’accroche aux bâtis existants.

Cette simplification morphologique, tant dans les hauteurs que dans les formes, apporte une réponse qualitative et judicieuse à la problématique d’aménagement du quartier existant et en devenir. D’un côté, le bâtiment de Cité-de-Pesay induit un sentiment de justesse et de cohérence face aux îlots voisins, tout en complétant la figure de la promenade des Crêtes et en retraçant un dialogue avec la Route de Saint-Julien. De l’autre, le bâtiment de Trèfle d’Or s’intègre de façon précise et simple le long de la route, en alignement avec le complexe de la patinoire. Il contribue de manière décisive à qualifier l’espace public de l’interface de Bachet-de-Pesay.

Le traitement des rez-de-chaussée, à savoir la dualité exprimée par la différenciation sur cour et sur rue, a été tout particulièrement apprécié par le Jury. En e et, la volonté de souligner le statut du boulevard urbain en utilisant le principe de double-allée paysagère permet un développement d’activités multiples et une mise à distance de la route. La réflexion soignée des entrées largement traversantes participe à lier l’intérieur de l’îlot, une cour paysagère en pleine terre et ce boulevard à caractère plutôt minéral et urbain.

Si le Jury a relevé la pertinence des rez-de-chaussée côté Cité-de-Pesay, il remet en question la partie traversante de Trèfle d’Or, en particulier les accès côté Route de Saint-Julien.

Sur le plan typologique, le travail des redents génère des échappées visuelles intéressantes et multiples. De même, une certaine qualité se dégage dans les appartements qui se rapprochent plus du type «villa» que du type LUP. Le bâtiment de Trèfle d’Or est une réponse subtile aux contraintes liées à la répartition des activités avec les bureaux au nord comme protection par rapport à la Route de Saint-Julien et les logements ouverts au sud sur le paysage du Salève.

Le Jury tient à souligner la pertinence du projet face aux multiples contraintes de l’OPAM, du bruit, de la mobilité et du caractère complexe du lieu. La solution proposée par le concurrent répond habilement aux exigences et conforte l’analyse des membres du Jury d’avoir une proposition de grande qualité pour ce site.



2e rang – 2e prix : DAMARALAND – Aeby Perneger & Associés SA

Dans un contexte en plein développement, le projet prend le parti de distribuer le programme en trois bâtiments élevés de formes facettées sur Cité-de-Pesay. Cette prise de position urbaine de trois éléments de hauteurs variables à l’arrière dégage de l’espace public au sol et permet également de créer un repère dans le paysage, une identité forte dans ce contexte.

Si les trois formes permettent d’animer le lieu et de dialoguer avec les îlots voisins, le Jury regrette néanmoins le manque de corrélation avec Trèfle d’Or et la différenciation des parties sur ces deux parcelles.

En guise de réponses aux contraintes OPAM et aux nuisances sonores, le projet propose de positionner un bâtiment bas contenant des activités à faible fréquentation le long de la route de Saint-Julien.

Le Jury a apprécié la disposition des tours en éventail et le traitement paysager qui offrent une grande perméabilité de mobilité douce inter-quartier et gèrent de façon qualitative la relation public / privé des logements au rez-de-chaussée. Cependant, il remet en question l’espace végétalisé type jardin devant le bâtiment bas regroupant les étudiants. Si celui-ci permet une mise à distance à la route, il semble anecdotique dans ce contexte et brouille la lecture par rapport aux activités affectées au rez-de-chaussée.

La morphologie des tours permet une typologie de qualité et une double orientation pour chaque logement. Sur le bâtiment Trèfle d’Or, la solution engendre des conditions d’angles habiles ainsi qu’une orientation de tous les séjours sur le Salève.

Concernant les façades, le Jury comprend la volonté d’accentuer la verticalité et l’économie engendrée par la rationalité de la répétition mais est moins convaincu par l’expression de la matérialité proposée (céramique de grande dimension).

Ce projet, qui a principalement séduit du côté Cité-de- Pesay a nourri le débat sur les questions urbanistiques et architecturales.



3e rang – 3e prix : Champs-coquard – E2A / Piet Eckert und Wim Eckert Architekten ETH BSA SIA AG

Le projet s’insère dans le site en prenant le parti clair d’une barre pliée qui clôt l’îlot ouvert et vient achever l’ensemble des figures bâties du quartier. Le rattachement de celui- ci, via des articulations subtiles, son retournement au nord et le décalage d’alignement permettent un dialogue avec les géométries existantes. Cette implantation de fermeture unitaire sur Cité-de-Pesay vient se confronter au point culminant, incarné par une tour de 50m qui marque le pôle de Bachet sur Trèfle d’Or.

Cette proposition a le mérite de bien délimiter le territoire au nord, d’offrir un espace très détaillé en cœur d’îlot, réservé aux habitants, et de ponctuer le sud par un repère visuel.

Si le traitement des rez-de-chaussée a montré une amélioration entre le 1er degré et le 2e degré en termes de clari cation du projet et des usages, le Jury s’interroge sur la dichotomie très marquée entre la cour et la Route de Saint-Julien. Au rez-de-chaussée, le couloir sans n qui ceinture l’îlot entier et qui sépare les logements d’une étroite bande d’activités marque un refus de la ville manifeste. Le traitement du boulevard se trouve renforcé par un double alignement d’arbres mais semble peu soutenu par la programmation d’activités proposées. Son dimensionnement est peu réaliste et ne permet pas d’instaurer un dialogue avec le boulevard.

Cette attitude neutre vis-à-vis de la ville péjore le projet au rez-de-chaussée alors que les appartements dans les étages apportent de très belles qualités typologiques.

La relation au sol s’inverse pour Trèfle d’Or avec une multitude d’arbres qui entourent le bâtiment, initiative peut-être simpliste et peu réaliste au regard de l’emprise du parking.

Le Jury a été séduit par le langage travaillé sur la cour et sur les balcons généreux aux parties filtrées mais attendait une lecture plus approfondie sur la Route de Saint-Julien. La façade s’en trouve généralisée voire banalisée de haut en bas, alors qu’une expression de socle aurait traité le rapport au sol différemment.

Le projet répond aux préoccupations du programme, tant sur le phasage que sur celui de l’habitabilité et la prise en compte des contraintes liées au bruit et à la protection des accidents majeurs.



4e rang – 1ère mention: COEXISTENZ – Gandolfi Cilacian architectes

Le projet s’insère dans le site en revisitant la forme urbaine de l’îlot. De façon poreuse, cette proposition permet non seulement de recréer un front bâti et un tissu urbain mais aussi de s’ouvrir en fonction du contexte et d’instaurer une perméabilité de qualité tout en atteignant une certaine densité.

Si le Jury a remis en question l’utilisation de plis et de retournements qui impliquent une proximité étouffante, il salue la générosité des espaces privés en double hauteur qui les compensent. Celle-ci contribue à créer une thématique intéressante avec en point d’orgue, la cuisine, et sa centralité dans le logement, pour un mode de vie très actuel.

Il a été relevé une volonté d’homogénéisation des gabarits de part et d’autre du boulevard. La réduction sur Trèfle d’Or est obtenue en compensant la surface perdue en hauteur par un élargissement du socle.

Le Jury comprend la réponse sur Cité-de-Pesay avec ses géométries, ses inflexions des volumes et le concept îlot / cour. Cependant, il s’interroge sur la forme de Trèfle d’Or et notamment l’articulation des volumes entre le socle massif de trois niveaux et la partie haute. Cela mériterait une clarification de ces deux parties qui semblent ici en désaccord de par leur décalage.

Le Jury regrette que la limitation en hauteur souhaitée par le Maître d’Ouvrage ait contraint à répartir les logements en dépit des réglementations OPAM indiquées dans le programme et le cahier des charges.

Le Jury aurait souhaité que la réponse sur Cité-de- Pesay soit davantage évoluée entre le premier et le second degré. De plus, malgré des qualités certaines en typologie, la réponse sur Trèfle d’Or, entre autres le maintien de la forme en « baïonnette », n’a pas convaincu.



5e rang – 4e prix: BALOO & BAGHEERA – BCRarchitectes

Le projet s’insère dans le site avec une composition intéressante de part et d’autre du boulevard de Saint- Julien. Cette stratégie d’implantation, différenciée pour chaque parcelle, contribue à valoriser le contexte auquel elle s’adresse tout en dialoguant mutuellement.

Le parti pris de gabarit bas permet de structurer et de renforcer le lien avec, d’un côté, le quartier existant côté Cité-de-Pesay qui regroupe principalement des logements, et de l’autre, un élément haut, ponctuel, désignant un point de repère dans le paysage en lien avec les équipements publics.

Le Jury a relevé le soin apporté aux traitements des espaces publics et privés en relation avec le contexte. Si le dégagement, place piétonne minérale projetée en lieu et place de la fermeture de l’Avenue Eugène-Lance, offre une connexion directe avec le projet, le manque de transition avec la Route de Saint-Julien se fait ressentir.

Le concept paysagé, sa promesse d’habiter dans un parc, semble peu concluant et en contradiction avec le boulevard urbain. Le dessin de grands aplats engazonnés paraît inadapté au caractère de boulevard que souhaite instaurer ce quartier en pleine mutation.

Le concept d’implantation en îlot ouvert se retournant pour offrir une cour intérieure protégée apparaît très clair mais est néanmoins contredit dans le traitement des rez-de-chaussée et des typologies de logements. La gestion du thème d’intimité est problématique par rapport à la rue et à la cour avec des appartements sur demi-niveaux, surélevés sur cour et de plain-pied sur rue.

L’expression architecturale des façades est intéressante, proposant une dynamique sur rue grâce aux éléments amovibles, alors que sur cour, une grande porosité s’en dégage.

Le Jury tient à souligner l’attitude générale d’insertion urbaine séduisante et audacieuse. Cependant, il remet en question la vision générale du boulevard qui ressort dans cette solution. Elle devrait en e et se traduire par un aménagement des rez-de-chaussée d’une autre teneur.



6e rang – 5e prix: THE SHIRE – Ferrari architectes

A l’inverse d’autres projets, The Shire propose une solution d’implantation sur Cité-de-Pesay résolument subtile avec une barre articulée en retrait, en fond de parcelle, qui accueille un cœur d’îlot végétal, ouvert sur le boulevard et orienté au sud. Le Jury a apprécié ce positionnement, signe fort d’ouverture vers la ville.

Il est cependant contredit par la création d’une butte paysagère le long du boulevard. Le parti pris de moduler le terrain pour se protéger des nuisances sonores de la route de Saint-Julien et des contraintes liées à l’OPAM apparaît de prime abord comme une réponse judicieuse et originale. Mais, celle-ci crée plutôt une barrière à un point où deux mondes tentent de se rejoindre: d’un côté, le quartier existant qui est rattaché à la promenade des Crêtes et, de l’autre, le quartier en développement qui représente un monde complètement urbain.

Le projet dans son ensemble, et le parc arboré en particulier, semble se lire comme une poche fermée, protégée de la ville et ses nuisances, plutôt que comme la pièce d’un puzzle qui s’emboîte à dessein avec les autres morceaux. Le Jury s’interroge en e et sur l’usage qui sera fait et l’appropriation par les habitants du parc ou de la butte paysagère et regrette le manque de dialogue de ces éléments dans leur contexte.

Si l’affirmation du repli sur soi, du «protectionnisme» même, sur Cité-de-Pesay apparaît comme une évidence, le Jury a également relevé une volonté certaine de proposer des solutions à chacune des contraintes liées à ce site si complexe. Par exemple, pour le bruit, les chambres sont orientées à l’opposé de la route et les séjours bénéficient de loggias permettant ainsi une ouverture latérale et des mesures absorbantes en façade.

Le projet Trèfle d’Or présente une position plus hermétique et moins accueillante qu’au premier degré mais dégage des espaces publics en corrélation avec les futurs projets en développement.

The Shire, par son implantation, a suscité de nombreux échanges. Le Jury a notamment soulevé la question de la viabilité du quartier Cité-de-Pesay sans la butte paysagère et a regretté une certaine négation de la ville, là où on aurait attendu une exploitation de son potentiel.



7e rang – 2e mention: TRÈFLE À QUATRE – Envar Sàrl et Philippe Le Roy

Le projet propose, sur le périmètre «Cité-de-Pesay», une implantation qui se réfère implicitement à celle des immeubles existants, l’ensemble dit des «Logements salubres», édi és en 1930 par l’architecte Paul Perrin. Mais il est l’interprété à la manière d’un palimpseste, selon les termes des auteurs, en tenant compte des modifications importantes de l’environnement urbain. Ils identi ent les qualités urbaines existantes telles que le front de rue en créneaux, qui permettent une dilatation de l’espace rue et des perspectives séquencées, des poches intériorisées entre les bâtiments, ainsi qu’une série de cheminements traversant la parcelle du nord au sud. Ils constatent cependant que cette morphologie urbaine, des barres implantées en parallèle formant îlot ouvert, n’est plus appropriée, notamment par rapport aux nuisances sonores émises sur la route de St Julien, et proposent par conséquent de lui substituer une composition en îlots fermés.

Le jury a été très intéressé par cette stratégie, qui visait à conserver l’esprit de l’implantation initiale tout en cherchant à en corriger les défauts, qui rendent aujourd’hui cet habitat insalubre. Il regrette que cette ligne de conduite ait amené les auteurs à empiéter de manière forte sur le périmètre dé ni par la zone de risques OPAM, malgré les remarques exprimées à l’issue du premier tour. Il en résulte également une certaine banalité du traitement des espaces extérieurs, qui semblent subir la présence de la route plutôt que de chercher à définir pour elle un espace-rue de qualité.

La rigidité de ce parti est accentuée par la volonté de suivre scrupuleusement une règle de composition géométrique qui décline la forme carrée. Il en résulte un caractère sériel pour les typologies de logement, par ailleurs peu efficace en termes économiques puisqu’elle induit que chaque noyau de circulation verticale ne desserve que deux logements par étage. Par contre, la solution d’ateliers-logements en duplex paraît offrir un potentiel intéressant pour gérer la relation de plain-pied avec le cœur et l’extérieur de l’îlot. La compacité de la proposition permet de maintenir un gabarit relativement bas, mais implique des dimensions relativement réduites pour les cours.

Concernant le périmètre de « Trèfle d’Or », les auteurs du projet proposent d’implanter, parallèlement à la route de St-Julien, un immeuble de grande hauteur de base rectangulaire. La typologie proposée pour les logements est intéressante, avec une pièce centrale servante, qui peut recevoir divers types d’affectations. Là encore, l’expression architecturale est volontairement connotée, faisant référence aux systèmes constructifs préfabriqués des années 1960.

Si le jury a apprécié la rigueur de l’attitude intellectuelle ayant guidé l’élaboration de ce projet, il doit mal- heureusement constater qu’elle a conduit ses auteurs, d’une part, au non-respect d’éléments majeurs du cahier des charges et à négliger, d’autre part, l’efficacité de la proposition, tant en ce qui concerne la diversité typologique que l’efficacité économique.

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