Campus Santé, Lausanne

Concours d’architecture et d’ingénierie de projets et d’idées à deux degrés
Le bureau zurichois Jan Kinsbergen, remporte le concours pour la réalisation du Campus Santé à Lausanne. Des formes géométriques «simples» accueillant chacune une entité spécifique du programme et déposée sur la parcelle ont séduit le jury.

Jury non professionnel

  • Chantal Ostorero (Directrice générale DFJC-DGES, Etat de Vaud)
  • Ariane Baechler (Directrice générale adjointe DFJC-DGES, Etat de Vaud)
  • Jacques Chapuis (Directeur de la HedS La Source, Lausanne)
  • Mireille Clerc (Directrice de l’HESAV, Lausanne)
  • François Guichon (Directeur de la FMEL, Lausanne)
  • Claude Daetwyler (Chef du Service de l’urbanisme, Chavannes-près-Renens)
  • Benoit Frund (Vice-recteur de l’UNIL, Lausanne)
  • Jean-Daniel Tissot (Doyen FBM-UNIL, Membre de la direction du CHUV)
  • Isabelle Déscosterd (Vice-Doyenne FBM-UNIL)
  • Sylvie Meyer (Doyenne filière Ergothérapie EESP, Lausanne)
  • Anne-Claude Allin (Directrice adjointe de la HEdS La Source)
  • Daniel Drainville (Directeur administratif de HESAV)
  • Vivien Selden (FMEL, Lausanne)
  • Yann Jeannin (Directeur Service des Bâtiments UNIL)
  • Corinne Martin (Cheffe du Service Communes et Logement SCL, Lausanne)
  • Philippe Cardinaux (Responsable Développement Réalisations, Retraite Populaire, Laussane)
  • André Gorgerat (Chavannes-près-Renens)

Jury professionnel

  • Emmanuel Ventura (Architecte cantonal, DFIRE-SIPaL, Etat de Vaud)
  • Philippe Pont (Architecte, Chef de service DFIRE-SIPaL, Etat de Vaud)
  • Catherine Borghini Polier (Architecte, Directrice CIT-S, CHUV)
  • Doris Wälchli (Architecte, Brauen Wälchli Architectes, Lausanne)
  • Jean-Pierre Dürig (Architecte, Dürig AG, Zürich)
  • Philippe Rahm (Architecte, Philippe Rahm architectes, Paris)
  • Thomas Pulver (Architecte, Graber Pulver Architekten, Zürich)
  • François de Planta (Architecte, de Planta Portier Architectes, Genève)
  • Olivier Andreotti (Architecte, Adjoint du chef de la division SD, DFIRE-SIPaL, Etat de Vaud)
  • Christian Exquis (Urbaniste, Responsable du GOP, DTE-SDT, Etat de Vaud)
  • Ariane Widmer Pham (Architecte-Urbaniste, cheffe de projet, SDOL, Lausanne)
  • Fabrizio Raffaele (Architecte, PRS architectes, Lausanne)
  • Aurelio Muttoni (Ingénireur civil, MFIC SA, Lausanne)

Maître d'ouvrage

Etat de Vaud, Département des Finances et des Relations Extérieures Service Immeubles, Patrimoine et Logistique


Objectifs du Concours

Le concours Campus Santé porte sur l’aménagement du site des «Côtes de la Bourdonnette» sur la Commune de Chavannes-près- Renens proche de l’UNIL et de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

La pénurie de personnel dans le domaine de la santé est un problème identifié depuis plusieurs années, que ce soit en Suisse ou au niveau international. Pour y répondre, le Conseil d’Etat s’est engagé dans son programme de législature 2012 – 2017 à accroître le nombre de personnes formées dans les métiers de la santé. Cette volonté politique est confrontée sur le terrain à la difficulté d’offrir des places de stages en nombre suffisant à tous les étudiants qui s’engagent dans ces formations. Le présent concours de projets porte ainsi sur l’étude et la réalisation d’un Centre Coordonné de Compétences Clinique (C4), sur le regroupement dans un nouvel édifice de la Haute Ecole de Santé Vaud (HESAV), sur l’étude et la réalisation de logements étudiants (LET), de surfaces d’activités d’économie résidentielle (AER) ainsi que d’équipements et aménagements extérieurs communs (AMX).

Le Campus Santé s’inscrit dans un projet urbanistique plus large avec un accord cadre entre la commune de Chavannes-près-Renens, le Canton de Vaud et le Schéma Directeur de l’Ouest Lausannois, prévoyant, en plus des bâtiments du concours de projet, un programme de l’administration cantonale, des habitats diversifiés et des équipements communaux (scolaires et parascolaires). En application de cet accord, un concours d’idées vient en complément du concours de projet, visant à imaginer l’implantation de l’ensemble du programme à l’intérieur du périmètre.

Extraits du rapport du jury

1er rang – 1er prix: BANQUET

La force du projet Banquet réside dans la clarté de son concept; des formes géométriques simples et facilement reconnaissables sont disposées dans la parcelle et accueillent chacune une entité spécifique du programme du concours.

La proposition apporte une réponse urbanistique convaincante en s’immisçant subtilement dans un environnement bâti très disparate, sans chercher à construire un petit morceau de ville. L’implantation s’adapte bien à la morphologie décomposée de l’Ouest lausannois.

La discontinuité des fronts bâtis le long des bords de la parcelle et le parfait équilibre entre les pleins et les vides contribuent à une bonne intégration de l’ensemble du programme dans un contexte rendu difficile par son hétérogénéité. La fragmentation apparente qui émane du plan masse ne nuit pas pour autant à sa cohésion.

(…)

La morphologie des bâtiments est adéquate pour l’utilisation qui en est faite; la forme répond au programme qui lui est attribué et améliore la visibilité des fonctions. L’évidence de la forme primaire facilite également l’identification du contenu; C4, HESAV et les logements d’étudiants se discernent clairement comme les icônes de ce futur campus. Ils se suivent dans une séquence élégante, rythmée et cohérente qui laisse de la place à la fluidité des circulations extérieures, à la transparence et aux dégagements.

L’organisation intérieure de C4 et de HESAV répond parfaitement aux attentes des utilisateurs, avec des espaces collectifs généreux et des circulations efficaces.

(…)

En conclusion, le jury salue cette proposition architecturale, qui a le potentiel de faire naître un lieu magnifique à vivre ensemble et empreint d’une forte identité.

C’est en toute simplicité que le projet répond à des objectifs clairement identifiés ; il en résulte une notion de campus universitaire, un campus qui interagit avec la cité au sens large, qui répond à la notion de santé et à l’interaction du citoyen.



2e rang – 2e prix: OLMSTED

Le projet OLMSTED se développe comme un ensemble de masses bâties qui s’étend d’un bout à l’autre de la parcelle le long de la route cantonale et forme une continuité homogène dont l’alignement s’écarte tantôt de la rue, tantôt du parc, pour laisser place à une succession de cours ouvertes connectées entre elles par une rue intérieure qui comprend les entrées des différentes entités. Constitué de rampes et d’escaliers, cet axe de distribution résout avec élégance la différence de niveau entre la route cantonale et le parc. Tel un vecteur social, il contribue à la création de l’identité du campus et favorise l’appropriation des espaces extérieurs par les utilisateurs. Les activités communes qui le jalonnent (restaurant, cafétéria, fitness et commerces) participent à son animation et concourent à en faire un lieu de vie convaincant pour un campus universitaire.

Au Nord de cette pièce urbaine, un parc central est précisément défini par les tours des logements privés et les deux bâtiments des administrations cantonale et communale. Il offre un bel espace de détente et de référence pour le quartier. Les cheminements sont fluides et les percements sous le bâtiment maintiennent une bonne perméabilité entre la route et le parc.

(…)

Les plans comportent de très longs couloirs qui rendent le fonctionnement interne peu convivial pour les utilisateurs.

(…)

En conclusion, ce projet apporte une réponse finement élaborée avec la justesse d’un dispositif bien mesuré. Il n’en reste pas moins une proposition finie et figée, dans laquelle l’énergie et la fraîcheur innovatrice font un peu défaut. La morphologie est moins adaptable à la différentiation des usages.



3e rang – 3e prix: 5000.6000.7000

Le projet se définit par plusieurs strates horizontales parallèles à la forêt et à la route cantonale qui épousent la topographie du site sur toute la longueur de la parcelle d’Est en Ouest. Un parc de grande dimension, le long duquel se réunissent les éléments du programme, confère au projet sa force et son originalité. Se référant à l’échelle du territoire, cette implantation marque par sa franchise et son identité.

L’ensemble du programme prend place dans un long bâtiment unitaire qui s’étend sur toute la parcelle le long de la route de Chavannes. Trois passages publics sous le bâtiment relient le parc à l’esplanade disposée devant le bâtiment et scindent le bâtiment en fonction des trois entités principales du programme. Le retrait par rapport à la route cantonale dégage une grande place urbaine au Sud de la parcelle.

(…)

Le jury a apprécié cette proposition, bien élaborée architecturalement, qui transmet avec maestria une image forte, avec un caractère puissant, presque brutaliste. Il apporte quelque chose d’innovant dans le paysage des idées convenues. Pas consensuel, ni très fonctionnel, ce projet se réfère à l’histoire de l’architecture et s’affirme en tant que tel, avec une étrangeté qui pourrait devenir un sujet de séduction, voir même de stimulation pour les étudiants. Des passages inédits et des seuils « baroques » reflètent une proposition originale et marquante, dans laquelle la majorité des espaces et des fonctions s’adaptent face à l’invariant.

Malgré l’invention d’un langage architectural précis et de grande qualité, le projet manque toutefois de transparence et de fonctionnalité pour pouvoir répondre aux injonctions et aux valeurs d’un campus ouvert et identitaire, dans lequel les utilisateurs pourront se réunir.

(…)

En conclusion, les contraintes que ce projet s’impose à lui-même pour pouvoir affirmer sa puissance et son expression emblématique prennent trop d’importance. Il en résulte une séduction plus architecturale que fonctionnelle.



4e rang – 4e prix: LES QUATRE

Le projet se caractérise par la couverture de l’entier de la parcelle avec un continuum bâti dense et bas dans lequel se juxtaposent les différentes parties du programme. La référence au tissu moyenâgeux des villes historiques s’illustre par un entrelacs de ruelles courbes qui définissent les îlots des logements d’étudiants. La référence aux grands bâtiments universitaires avec cours intérieures est reprise pour les programmes de C4 et de HESAV.

Une grande avenue richement arborisée traverse l’entier du site d’Est en Ouest, le long de laquelle s’élèvent les tours des logements privés.

La proximité des éléments entre eux démontre la volonté de créer un campus social, caractérisé par la mixité et la cohabitation, dont la densité favorise les croisements et les rencontres.

Par sa prise de position dans la manière de penser l’architecture, en se référant à l’histoire de l’architecture, cette proposition a relevé le défi de traduire par le dessin l’idée d’un campus en un morceau de ville.

Le quartier des logements d’étudiants est particulier et original. La vie commune peut y être agréable, favorisée par les rencontres et la socialisation qu’induit la typologie par les circulations autour des cours intérieures.

Le jury a été très séduit par cette proposition et félicite les auteurs pour cette réflexion.

Si cet exercice de style laissait augurer d’un grand potentiel au 1er degré, notamment par la juxtaposition d’une typologie de cours pour C4 et HESAV avec une typologie de rues étroites pour les logements, au sein d’un ensemble dense favorisant la mixité et la cohabitation, il n’a pas réussi à se départir d’un certain schématisme. L’échelle devient fausse, les rues sont étriquées. L’effet «médina» n’est plus que formaliste.

La division en quatre quartiers distincts, qui faisait la force du 1er degré, a disparu au profit d’une division en deux, scindée par un grand boulevard arborisé, en contradiction avec l’échelle du quartier et qui ne mène nulle part.

(…)

En conclusion, le développement du projet a perdu de son intensité et de sa pertinence. Le morceau de ville est devenu artificiel et n’est plus à l’échelle du territoire.



5e rang – 5e prix: PAYSAGES COPRODUITS

Les différentes masses bâties correspondant à chaque entité du programme sont disposées autour d’un grand espace commun planté et composant une forme urbaine de grande dimension à l’échelle du territoire.

Un très grand bâtiment implanté le long de la route cantonale accueille le programme de C4 et de HESAV sur trois niveaux. Il compose avec les tours de logements privés un parc central public. Deux édifices à cour centrale ponctuent la composition aux extrémités Est et Ouest de la parcelle.

Le jury a apprécié l’idée forte du projet qui réside dans l’organisation du plan de C4 et de HESAV, caractérisée par de grands plateaux traversés par une rue centrale au rez-de-chaussée et ponctués d’un grand nombre de patios intérieurs, qui règlent habilement le traitement de la pente en coupe et la relation entre la rue et le parc.

Telle une ville sous une verrière, le système urbain proposé sous un même toit séduit par ses qualités spatiales, par la complexité élaborée de ses circulations et par les relations visuelles croisées qu’il génère.

La progression hiérarchique en coupe, du rez-de-chaussée au 2e étage, donne une image compréhensible du fonctionnement d’une université, avec les auditoires le long de la grande rue intérieure, la bibliothèque et autres espaces semi-publics au 1er étage et les bureaux au 2e étage. L’imbrication de ruelles et de patios génère un réseau interconnecté propice au travail et à la vie en communauté.

Le jury a apprécié les qualités de cette grande machine, son fonctionnement interne et sa précision structurelle.

Il relève cependant que le système proposé a son revers de la médaille; il reste très fermé sur lui-même et ne participe pas au rayonnement extérieur que ce projet emblématique devrait entretenir avec son entourage.

(…)

En conclusion, la qualité et la fonctionnalité des plans de C4 et de HESAV apportent une contribution stimulante et une idée forte à la réflexion sur la notion de campus. La réponse urbanistique et le traitement des logements d’étudiants ne sont cependant pas en adéquation.

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