Realisation d’un nouvel établissement psycho-social à Yverdon-les-bains

Jury non professionnel

  • Claude Recordon (Président de la Fondation Saphir)
  • André Allmendinger (Directeur de la Fondation Saphir)
  • Tristan Jobin (Responsable filière psychiatrique)
  • Claire Perrenoud (Chargée de mandat, Fondation Saphir)

Jury professionnel

  • Marco Zünd (Architecte HTL BSA, Bâle)
  • Alexandre Blanc (Architecte EPFL FAS, Lausanne)
  • Antonio Gallina (Architecte FAS SIA, Neuchatel)
  • Valérie Jomini (Architecte EPFL SIA BSA, Zürich)
  • Diane de Pourtalès (Architecte EPFL, Service de la santé publique)
  • Markus Bärtschi (Architecte de la Ville d’Yverdon-Les-Bains)
  • Vincent Rapin (Architecte EPFL SIA FAS, Vevey)
  • Mona Valdivia Dorion (Architecte DE HMONP, Vevey)

Maître d'ouvrage

Fondation Saphir


Objectifs du Concours

Le présent concours doit porter la réflexion sur la création d’un nouvel établissement psycho-social (EPS). La Fondation Saphir, en accord avec le Service de la santé publique de l’Etat de Vaud, entend développer une capacité totale d’hébergement pour cet EPS de 50 lits:

- 20 lits avec mission de maintien: accompagner les personnes avec un handicap psychique sévère et durable sans perspective de changement à court terme. Ces personnes présentent une grande vulnérabilité et demandent présence, guidance et surveillance constantes.

- 30 lits avec mission d’engagement: favoriser l’insertion de personnes instables, à hospitalisations fréquentes ou au sortir d’une période sans abri, dans un processus de rétablissement. Cette mission s’adresse à des personnes instables, parfois dans le déni et/ou qui restent ambivalentes par rapport à la nécessité d’un hébergement psychiatrique. Elle vise à permettre à des personnes qui se trouvent dans une phase de moratoire de s’engager dans un hébergement malgré des troubles psychiatriques.

Extraits du rapport du jury

Recommandations du jury:

Le jury remercie l’ensemble des concurrents pour leur travail et souligne la qualité des propositions. La diversité des solutions proposées a permis au jury d’identifier les problématiques majeures de la construction d’un EPS et de sa différence avec un EMS. Fort de ces constats, le jury est convaincu que le projet 27 « Passant et paysage », lauréat du concours désigné à l’unanimité, possède les qualités qui permettront de construire un ouvrage de qualité répondant aux attentes du maître de l’ouvrage.

Dans l’optique du développement du projet, le jury tient à souligner les problématiques suivantes qui mériteront une attention particulière:

- Le projet mérite de lancer une étude plus large du site afin de mettre en place un master plan qui préciserait les cheminements, alignements et dispositions générales permettant de générer de l’espace public, collectif et intime.

- Le projet devra trouver une solution pour respecter le RPGA de la ville d’Yverdon en ce qui concerne les distances entre bâtiments: éloigner les bâtiments entre eux ou les relier pour former «un tout».

- La toiture pourra prendre une forme différente afin d’intégrer de manière naturelle les panneaux solaires.

- Étudier la possibilité de rapprocher encore la maison historique des deux autres en rendant le socle lisible et laissant les murs revêtus de crépis dans les étages, pour aider à mieux lire l’idée de l’espace intime.



Passant et Paysage, 1er prix, APZ Atelier Prati Zwartbol

Qualités urbanistiques et architecturales

L’auteur du projet propose une forme urbaine composée de trois «maisons»; une stratégie de conquête du site progressive, s’avère ainsi possible; le tout devant constituer un village à terme.

Chaque maison regroupe un certain type d’activités, gage d’un système basé sur les relations entre des entités distinctes. L’espace de la rue ayant la charge d’organiser ces échanges en leur donnant une qualité, parfois emprunte de densité urbaine, mais s’ouvrant aussi par des percées sur le paysage.

L’échelle des volumes produits s’intègre au quartier existant, et évite la construction d’un volume important. La stratégie consistant à morceler le programme permettra d’ajouter des volumes à la suite de la maison de maître, qui de ce fait est banalisée et devient une des «maisons».

Le maître d’ouvrage pense qu’il serait par contre nécessaire dans ce type de projet d’étudier la mise en place d’un «master plan» qui précise les cheminements, alignements et dispositions générales permettant de générer de l’espace public, collectif et intime. Ceci avec la flexibilité nécessaire.

La toiture plate fait débat, et le jury rêve d’une toiture qui intègre des panneaux solaires de façon qualitative dans un toit à 4 pans de faible pente...

Qualités fonctionnelles et respect du programme

L’idée de l’institution semble reculer un peu dans ce projet, au bénéfice de celle de la «vraie vie»; apportant une parfaite adéquation en rapport aux objectifs de la fondation. L’auteur du projet propose de donner un caractère propre à chaque «maison», favorisant l’appropriation, l’orientation et pour finir donnant une échelle distincte à chaque partie du programme.

Les appartements sont simples mais non dépourvus de qualités, dont celle d’être de taille modeste et orientés sur 4 faces, comme dans une vraie «maison». La cage d’escalier ordinaire semble jouer un grand rôle dans le dispositif, au sens ou les espaces proposés sont libérés d’une forme de contrôle de l’institution en donnant directement à l’extérieur, à l’aide d’une porte.

Gestion des flux

Le fait de diviser le programme en «maisons» se fait sans trop d’inconvénients du fait de la population spécifique abritée dans ces bâtiments. Il faut ainsi se rendre d’une maison à l’autre au gré du déroulement de la vie quotidienne, mais ceci peut faciliter une réintégration au sein de la société, le projet «mimant» en quelque sorte des pratiques usuelles comme «d’aller au restaurant» ou «de se rendre à la laverie» par exemple. Un sous-sol commun serait par contre apprécié, pour lier les installations techniques et offrir des parcours de service facilités.

Économie et rationalité du projet

Les bâtiments sont construits de façon à durer, avec une composition de doubles murs en brique. Le jury comprend qu’il soit intéressant de façonner des socles de cette qualité mais se pose la question de rapprocher encore la maison historique des deux autres en rendant le socle lisible et laissant les murs revêtus de crépis dans les étages, pour aider à mieux lire l’idée de l’espace intime.

Le projet est économique et ne présente aucune difficulté de mise en œuvre au vu de l’indépendance proposée pour chaque bâtiment.



Les diamants sont éternels, 2e prix, Graeme Mann & Patricia Capua Mann

Qualités urbanistiques et architecturales

Le projet propose une grande maison qui intègre la maison de maître existante. Ce parti architectural se traduit par un volume articulé qui prend référence sur la maison de maître et s’implante en continuation de celle-ci. Il en résulte un nouveau bâtiment qui marque une forte présence sur le site.

La position et la volumétrie compacte du nouveau bâtiment définissent clairement un arrière et un avant, une zone d’entrée au nord-est, directement liée aux places de parcs et une zone de détente à l’ouest délimitée par une grande esplanade. Le déplacement des places de parcs à l’arrière du site permet de libérer la partie nord de la parcelle pour une extension future.

Cette volonté de continuité se retrouve dans l’expression du nouveau bâtiment. Les qualités architecturales du projet résident dans le traitement très précis des éléments architecturaux qui composent la façade. Un grand travail est effectué sur les fenêtres: situées de part et d’autres du portique ouest de la maison de maître, les deux fenêtres latérales sont adaptées en portes fenêtres, celle-ci se retrouvent tout au long du rez-de-chaussée. La proportion des fenêtres de l’étage de l’existant sont reprises dans la nouvelle partie. De même, les volets et le socle sont démontés et le parement du 1er étage est prolongé de manière à unifier le bâtiment. Seule l’expression de l’entrée principale péjore la façade nord.

Le jury relève la cohérence entre implantation, parti architectural et expression du nouveau bâtiment, qui reflète un grand soin dans le développement du projet.

Gestion des flux

L’implantation du nouveau bâtiment et la situation d’accès permettent des cheminements courts et précis. A l’intérieur, les zones semi-publiques et privées sont clairement définies de manière à faciliter l’orientation. Des vues diagonales au rez-de-chaussée établissent un rapport entre espaces intérieurs et aménagements extérieurs. Aux étages, bien que les flux soient organisés de manière claire, la centralité du plan ne répond pas complètement aux besoins des utilisateurs en ce qui concernent la flexibilité et le fonctionnement de l’unité.

Qualités fonctionnelles et respect du programme de concours

Le rez-de-chaussée s’organise de manière très clair et permet une bonne orientation. Les salons et les salles polyvalentes se trouvent à l’ouest et s’ouvrent sur la plaine. La salle à manger se trouve côté sud. A l’arrière de la réception directement accessible depuis le hall, se trouvent l’atelier et la buanderie pour les résidents, plus au sud, la buanderie et la cuisine de l’établissement. La circulation verticale est placée de manière centrale et permet de définir la zone du hall d’entrée et la zone de la salle à manger.

Le 1er étage abrite les 20 chambres de l’hébergement avec la mission maintien. Complètement lié à la maison de maître cet étage ne permet pas une flexibilité suffisante au niveau de la gestion des chambres.

Le 2ème et le 3ème étage abritent chacun 15 chambres de l’hébergement avec la mission engagement. De même qu’au 1er étage, l’organisation du plan ne permet pas une gestion différenciée des chambres au sein d’une même unité. De plus, un certains nombres de chambres sont exclusivement orientées au nord.

Flexibilité du dispositif architectural en relation avec l’évolution de l’hébergement psycho-social

Le parti architectural choisi implique un seul et unique volume. Ce choix, salué par le jury au niveau de l’implantation, à des implications sur la flexibilité et l’organisation intérieure du nouvel EPS qui péjorent le projet.

Dans le cas de l’hébergement psycho-social, la typologie institutionnelle telle que proposée par les auteurs du projet ne correspond pas à l’évolution de ce type d’établissement dans le futur.

Économie et rationalité du projet

Le volume ainsi que la surface sont les plus grands sur les 4 projets analysés. Le vide du rez-de-chaussée est un peu juste pour le passage des techniques. Le coût de ce projet en en 3ème position sur les 4 projets analysés à 4.2% du premier. Ce projet est le plus cher pour les aménagements extérieurs.



Claudius, 3e prix, Amaia Urbistondo Architecte

Qualités urbanistiques et architecturales

Le projet Claudius propose la réalisation d’un bâtiment de trois niveaux qui s’exprime par une forme articulée en «S» prenant appui sur la géométrie de la maison de maître et sur la limite Sud du site. Cette morphologie est caractérisée par trois redents qui définissent des façades dont les proportions sont en rapport d’échelle avec le contexte et par une organisation du plan en trois ailes. La volumétrie qui en résulte peut s’interpréter comme le souhait de composer ou du moins d’intégrer des éléments existant du site, particulièrement la maison de maître et un arbre remarquable. Le jury doute toutefois qu’il s’agisse d’une imbrication de trois maisonnettes comme l’affirme l’auteur mais plutôt d’un volume unitaire découpé.

Le gabarit de hauteur du nouveau volume démontre la volonté de rechercher une relation harmonieuse avec celui existant. Le but est de trouver un équilibre entre la masse importante du projet et celle de la maison de maître.

Gestion des flux

Le parti d’implantation est clair. Le statut de la maison de maître s’affichant comme une tête et articulant la place d’entrée est une réponse intéressante.

Le second espace extérieur majeur, organisé autour d’un bel arbre existant, orienté en ouest sur le paysage est apprécié.

Concernant intérieur du bâtiment, des parcours longs et sinueux compliquent l’orientation et empêchent une gestion des flux efficaces.

Qualités fonctionnelles et respect du programme de concours

Concernant le gabarit du projet, le jury relève l’intérêt de cette proposition tout en y décelant ses limites.

Le fait d’organiser le programme de l’EPS sur trois niveaux est évidemment pertinent pour l’exploitation et dans l’insertion d’un tel volume dans ce contexte, pourtant cette grande masse bâtie interroge si l’on considère son importante surface au sol et en toiture.

Le plan d’étage a de bons potentiels, les espaces de vie sont bien répartis, les séjours en position d’angle sont idéalement situés. Dans l’ensemble, la disposition des chambres répond bien à la demande en termes de répartition, de flexibilité et d’évolution de l’hébergement psycho-social.

L’organisation fine des espaces intérieurs et des circulations révèle pourtant certaines lacunes que ce soit dans la localisation et la hiérarchisation de certains locaux en rez-de-chaussée et dans la typologie des cages d’escaliers. La proportion de la chambre est correcte, sa largeur correspond au minium souhaité, la grande fenêtre proposée conditionne quelque peu l’aménagement intérieur.

Flexibilité du dispositif architectural en relation avec l’évolution de l’hébergement psycho-social

Le langage architectural adopte une approche institutionnelle de la thématique de vivre en établissement psycho-social.

Ce sentiment est principalement dû au choix du type de fenêtre de la chambre qui par ses dimensions et sa répétition s’éloigne du caractère domestique souhaité dans le concept d’hébergement.

Le traitement du socle qui unifie l’ensemble participe aussi à cette impression. La vie collective est ainsi mise en avant au détriment d’une certaine privacité, voire intimité, qui sont aussi propices à la réinsertion ou au maintien du résidant dans un cadre de vie ordinaire.

Économie et rationalité du projet

Les systèmes constructifs et les matériaux mis en œuvre font partie d’un répertoire standard. Les encadrements de fenêtres, les frises soulignant les étages et le développement de l’enveloppe isolée induit par la forme étant les seuls éléments plus onéreux. Le volume ainsi que la surface sont inférieurs à la moyenne des projets. La hauteur disponible en rez-de-chaussée n’est pas suffisante pour le passage des techniques.



Bourgeon, 4e prix, Bureau d’architecture Joao Peixoto

Qualités urbanistiques et architecturales

Le projet propose un volume au sud de la maison existante. Connecté à cette dernière par un corps bas vitré, le nouveau volume trouve son autonomie par rapport à la maison existante. Ce corps bas vitré offre une relation de «cohabitation» entre les deux bâtiments. Les auteurs souhaitent ainsi préserver le statut de protagoniste principal à la maison existante.

Gestion des flux

L’articulation précise des volumes génère la définition de deux espaces majeurs.

A l’Est, une cour d’entrée voulue comme lieu de rencontre, à l’Ouest, une terrasse dans le prolongement de la salle à manger avec vue sur la ville. Le jury regrette que l’accès livraison se face au travers de la terrasse située à l’Ouest.

Qualités fonctionnelles et respect du programme de concours

Les dimensions importantes du nouveau bâtiment pose la question des ambitions du concurrent quant au parti urbain. Le jury met en doute le fait que la maison de maître puisse garder son statut de bâtiment majeur dans ce rapport d’échelle. Le programme est réparti sur 4 niveaux plus un sous-sol.

Le plan régulier des étages se déforme au rez pour gérer la connexion à la maison existante. La position de la cuisine contrarie le plan tournant des étages, isolant quelque peu le groupe de six chambres situées au sud.

Flexibilité du dispositif architectural en relation avec l’évolution de l’hébergement psycho-social Les trois niveaux contenant les chambres s’organisent sur la base d’un plan en moulin, contenant les circulations au centre. Le projet propose 7 groupes de 6 à 8 chambres, dont la disposition permet une bonne flexibilité en terme d’exploitation.

Un jeu de coupe intéressant propose un atrium sur double hauteur surmonté d’un patio de deux niveaux. Ce dispositif gère habilement l’apport de lumière au centre du volume et la question des 4 niveaux.

Si la typologie proposée offre une réponse cohérente et fonctionnelle, le jury note que cette proposition s’apparente cependant très fortement au type EMS et ne constitue pas une réponse spécifique au cahier des charges EPS qui s’adresse à un autre type de population.

Économie et rationalité du projet

Les auteurs proposent une construction dont la structure est composée des murs de façades et de couloirs, réalisés en béton armé. Les cloisons entre chambres sont quant à elles non porteuses.

Le nouveau bâtiment cherchant à former un ensemble unitaire avec la maison existante, les auteurs proposent un jeu d’encadrement et de lignes de corniches en béton préfabriqué, avec une façade crépie, reprenant le langage de la maison existante.



Les murmures de l’arbre, 5e prix, Nicolas De Courten

Qualités urbanistiques et architecturales

L’auteur du projet reconnait les qualités de la maison des années 50 et apprécie le caractère qu’elle donne à l’ensemble du site.

Le projet profite de la forte pente de la parcelle à l’Ouest pour enterrer une partie importante du programme. Cette stratégie permet de ne faire émerger que deux niveaux du nouveau bâtiment aux alentours de la maison existante. Ce parti pris apporte un rapport d’échelle équilibré entre les deux bâtiments qui délimitent ainsi un espace de jardin - terrasse cohérent, ouvert sur le paysage.

La maison de maître, son vieil arbre et le nouveau bâtiment produisent ensemble un lieu de haute qualité pour les habitants tout en valorisant les caractéristiques remarquables du site.

Si l’implantation et l’articulation des espaces extérieurs sont appréciés, le projet paie très cher le choix d’un bâtiment semi-enterré en terme de qualité spatiale.

En effet, les très longs couloirs des deux niveaux inférieurs ne sont pas acceptables pour ce type de programme.

Gestion des flux

Au rez-de-chaussée, l’organisation des différentes circulations, accès principal / accès de service, est dessinée avec précision. La centralité de la pièce extérieure offre un repère et constitue un référent pour l’ensemble des parties « publiques » du programme.

Qualités fonctionnelles et respect du programme de concours

Les services de mission et d’engagement sont clairement distingués et séparés par le niveau commun du rez-de-chaussée. Ce niveau regroupe les espaces collectifs tel que salons et salle à manger.

Si l’organisation générale du rez-de-chaussée est appréciée, il est cependant regrettable qu’une partie importante des espaces majeurs soient orientés au Nord. Le service de mission d’engagement est implanté dans les deux niveaux semi-enterrés, situés sous la terrasse. L’organisation du plan, en série de chambres alignées le long d’un couloir, ne rend pas très aisé l’exploitation de cette unité. Le service de maintien occupe lui le niveau du 1er étage dans un plan plus compact qui malheureusement, positionne 1/3 des chambres de ce service au Nord.

Flexibilité du dispositif architectural en relation avec l’évolution de l’hébergement psycho-social

La typologie « hôtelière » proposée présente un problème d’échelle et n’offre pas les qualités domestiques attendues pour ce type d’usage. Tant au 1er étage que dans les deux niveaux de sous-sol, la configuration des chambres ne permet pas une organisation de vie en plus petit groupe. Elle rend très difficile, voir impossible, la gestion des moments de crise.

De manière générale le projet pèche par son organisation des espaces et passe à côté du thème de l’établissement psycho-social. Il ne s’agit ni d’un hôtel, ni d’un sanatorium, ni même d’un EMS. Le type de mission de cet établissement réclame des typologies domestiques et plus flexibles que ce projet ne propose malheureusement pas.

Économie et rationalité du projet

Le projet n’a pas fait l’objet d’une expertise, mais il s’avère toute fois assez clairement que ses performances en termes de coûts et de rationalité ne constituent pas ses atouts majeurs.



Une maison dans un parc, 6e rang/mention, Atelier d’architecture Noam Berchier

Qualités urbanistiques et architecturales

Le projet d’une maison dans un parc est composé de 3 volumes qui se succèdent en ordre croissant en bout de parcelle.

La volumétrie des différents éléments est harmonieuse et s’intègre bien à la topographie du site ainsi qu’à sa morphologie paysagère formée par le grand cordon boisé.

L’intégration de la maison existante dans ce dispositif est bien gérée. Elle est le premier élément de la série et initie la composition qui se termine par un grand volume contenant le programme d’hébergement qui s’ouvre sur la plaine de l’Orbe.

L’on constate cependant que ce troisième volume comporte 5 étages hors sol ce qui déroge au règlement communal et que l’interprétation de l’article 139 du règlement communal n’est pas appropriée.

Finalement, il est regrettable que le concurrent n’ait pas présenté les façades composées de la relation entre le nouveau et l’ancien au vu de la qualité d’intégration de la villa existante dans la composition volumétrique des bâtiments.

Gestion des flux - Respect du programme

Les différents éléments du programme se reflètent dans les 3 volumes, avec une progression de l’intimité.

La maison existante reçoit au rez de chaussée les salles d’animation qui s ‘ouvrent sur une terrasse minérale permettant des activités intérieur extérieur conjointe, à l’étage se situe l’administration.

Le second volume accueille au rez 2 salles à manger articulées par la cuisine. Ces salles à manger d’orientation ouest et sud s’ouvrent sur des espaces extérieurs d’ambiances et de matérialisations différentes. Cette diversité d’ambiance est appréciable cependant la position de 2 locaux de soins en enfilade bordant la salle à manger ouest semble peu habile. Elle occulte la relation à la terrasse qui s’ouvre devant la villa existante. A l’étage les locaux soins, les salons, la salle de fitness et la cafétéria du personnel cohabitent de façon harmonieuse.

Le dernier bâtiment s’organise comme un immeuble de logement avec un grand appartement par étage. Les chambres s’ouvrent sur le sud et l’ouest avec des vues appropriées. Les salons d’unité sont généreux et incitent à l’interaction entre résidents.

Economie et rationalité du projet

La composition est compacte. Le volume bâti est plus bas que celle de la moyenne des projets.

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