Logements pour le quartier de l'Adret Pont-Rouge à Genève

Concours SIA 142 de projets d’architecture à un degré en procédure sélective.
Le bureau lausannois TRIBU ARCHITECTURE remporte le concours en proposant une organisation typologique ajustée à la spécificité d’un contexte asservi aux contraintes OPAM, tout en adaptant les volumétries à l’implantation du plan localisé de quartier imposé aux participants. Ce projet complète le développement urbain d’un quartier organisé autour de la future gare de Lancy Pont-Rouge et qui verra à terme la création de quelques 630 logements dans son ensemble.

Jury non professionnel

  • Lionel Bionda (Responsable développement projets immobiliers FPLC et du Quartier de l’Adret)
  • Jean-Pierre Chappuis (Vice-Président du Conseil de Fondation FPLC)
  • Séverine Hennequin (Urbaniste, Interface CEVA Etat de Genève)
  • Edouard Galley (Coopérative FOMHAB)
  • Dominique Gueritey (Chef de service des Travaux et de l'urbanisme, Ville de Lancy)
  • Guillaume Kaser (Membre du Conseil de Fondation FPLC)
  • Julien Menoud (Architecte, Fondation Camille-Martin)
  • Malika Regamey (Architecte, Direction du développement urbain, Etat de Genève)
  • Yves De Coulon (Membre du Conseil de Fondation FPLC)
  • Nicolas Senggen (Ingénieur Civil, Fondation HBM Camille-Martin)
  • Claude Garda (Coopérative FOMHAB)

Jury professionnel

  • Carmelo Stendardo (Architecte, Genève)
  • Christian Exquis (Architecte, Genève et Lausanne)
  • Fernando Lopes (Architecte, Genève)
  • Jacques Lucan (Architecte, Paris)
  • Jean-Jacques Oberson (M. OBERSON Jean-Jacques Architecte, Genève)
  • Christine Sjoestedt (Architecte, Genève)
  • Florian Barro (Architecte, Membre du Conseil de Fondation FPLC)
  • Francesco Della Casa (Architecte cantonal, Etat de Genève)
  • Stéphane Lorenzini (Architecte Genève, Conseiller administratif de la Ville)
  • Luc Malnati (Architecte, Genève)
  • Julia Zapata (Architecte, Genève)

Maître d'ouvrage

FPLC Fondation HBM Camille-Martin Coopérative d'habitation FOMHAB


Objectifs du Concours

Le Maître de l’Ouvrage a l'ambition de contribuer par la réalisation des lots D, E et L13, à la concrétisation de la démarche de quartier durable sur le site de l’Adret Pont-Rouge. Il souhaite, par le présent concours obtenir diverses réponses aux prérogatives du programme et choisir un projet pour ses qualités urbanistiques, architecturales, fonctionnelles et environnementales dont les coûts de construction soient maîtrisés dans le respect des lois et règlements en vigueur.

Extraits du rapport du jury

Recommandations du jury:

Le jury considère que le résultat d’un concours n’est pas l’aboutissement d’un processus mais constitue plutôt un point de départ pour le développement du projet définitif. L’auteur du projet 04. TATOU recommandé pour la poursuite des études, doit prendre en compte les critiques générales formulées par le jury et donner des réponses pertinentes aux objectifs fixés par l’organisateur lors de toutes les phases du développement du projet.

Conformément à l’art. 6 du programme du concours, le jury recommande au Maître de l’Ouvrage:

- d’attribuer au 1er rang, 1er prix, un mandat complet ou partiel des prestations ordinaires telles que définies dans les règlements sia 102, pour la réalisation d’une partie des immeubles à construire, (laquelle partie comprendra les bâtiments L10 et L12);

- d’attribuer au 1er rang, 1er prix, dans le but d'assurer une cohérence d'ensemble, un mandat d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour la participation à la mise en oeuvre de l'image directrice et plus particulièrement de la conception des espaces ouverts, publics et collectifs, en adéquation avec le contenu des documents relatifs à ce thème, remis aux participants;

- d’attribuer au 2ème rang, 2ème prix, un mandat complet ou partiel des prestations ordinaires telles que définies dans les règlements sia 102, pour la réalisation d’au moins un des immeubles à construire (L9, L11 ou L13), «sous réserve de l’acceptation des crédits d’études, de construction, des autorisations de construire, des délais référendaires, de recours, etc. »;



TATOU

(TRIBU ARCHITECTURE SARL)

Selon les propos du candidat, les bâtiments réagissent à un contexte hostile. Les façades côté rails sont de véritables carapaces de protection qui impliquent une organisation typologique spécifique pour les bâtiments L10 et L12. A contrario, le principe des façades sur cour serait plus ouvert.

Le parti et l'expression architecturale sont appréciés puisqu’ils tiennent compte du contexte ferroviaire côte Est, et plus particulièrement des contraintes OPAM. Toutefois, le jury s'interroge sur l'homogénéité de l'ensemble du traitement architectural, alors que les situations sont différentes côté rail et côté cour.

Si l'articulation entre les bâtiments L10 et L11 semble intéressante en plan, nonobstant une liberté d'implantation prise à l'égard du PLQ (que le jury estime comme une modification mineure), elle est cependant bien moins convaincante en volumétrie.

Au sujet des typologies, le jury salue le respect des contraintes OPAM pour les immeubles L10 et L12 par des prises de jour limitées côté voies CFF, et notamment en lien avec la création d'espaces secondaires dans les logements. Cette attitude (apport d'éclairage naturel de l'espace central des appartements via les espaces secondaires) est, par ailleurs, reproduite côté cour pour apporter un maximum de lumière naturelle au coeur des logements. Ainsi, les séjours bénéficient d’ouvertures sur trois orientations. Le jury regrette par contre la disposition des chambres au fond des creux des façades de ces deux immeubles, côté cour, qui leur confère une qualité spatiale moindre.

Le jury relève que les 3 salles communes sont localisées autour de la "cour" et que, contrairement au concept général de protection du bâtiment face aux contraintes OPAM côté CFF, ces salles ainsi que les espaces d'activités sont largement ouverts sur le chemin des Adrets.

Quant au concept paysager, bien que peu développé, il garantit une certaine privacité aux logements situés au rez-de-chaussée par des jeux de traitements de sol plus ou moins accessibles au public. Le jury regrette que les bâtiments L9 et L11 soient traités de la même manière alors qu'ils se trouvent dans des situations d'orientation très différentes. Enfin, il regrette que les façades sur cour, en général, ne soient pas traitées de manière plus ouverte en adéquation avec le schéma général du projet.

(…)



SABLE

(favre & guth SA + jbmn architectes SARL)

La proposition séduit avant tout par la volumétrie générale proposée. En s’écartant sur certains points du plan localisé de quartier, le candidat propose une solution qui améliore les rapports volumétriques, et par conséquent spatiaux, entre les différents immeubles, et plus particulièrement entre le L 10 et le L11. Il en résulte un projet homogène proposant une nouvelle pièce urbaine de qualité.

Le jury apprécie la proposition parce qu’elle assume clairement, dans ses dimensionnements, les situations et programmes des différents immeubles, notamment en développant des volumes « minces » pour les immeubles L10 et L12 situés le long des voies ferrées et devant prendre en compte les contraintes définies par l’OPAM.

La légère augmentation des gabarits, proposée par le candidat, s’opère dans le respect des contraintes de distances et vues droites entre bâtiments applicables dans la 3ème zone de développement.

Les résolutions typologiques des différents immeubles sont dans les grandes lignes en cohérence avec leurs situations, plus particulièrement pour les immeubles L10 et L12.

Les typologies des immeubles L 10 et L12 s’accommodent relativement correctement de la faible profondeur et des rapports obligés avec la lumière naturelle.

Cependant, les plans PPE et LUP offrent peu de solutions d’aménagement. L’espace commun (cuisine, salle-à-manger, salon) est segmenté par les accès vers les chambres du L9 et L11. L’espace cuisine avec l’îlot central ne fonctionne pas. Les attiques côté Sud et Ouest pourraient être plus généreux au detriment de ceux situés au Nord et à l’Est.

L’expression des façades le long des voies ferrées est en contradiction avec l’organisation des logements. Des traitements asymétriques des attiques sur les pignons seraient susceptibles de donner plus de dynamisme dans l’ensemble de la composition.

(…)



M TRAIN

(bunq SA)

La proposition modifie la composition issue du PLQ en changeant l'implantation des bâtiments L9-11-13. La nouvelle implantation intéresse le jury car elle permet d’exprimer la situation particulière de la pièce urbaine en augmentant le rapport au parc et la perméabilité de l’espace végétal. Ce dispositif crée une ouverture visuelle vers le sud et fait participer le bâtiment L12 à l’ensemble.

Les rez des bâtiments L10-12 sont affectés aux activités et aux locaux collectifs ce qui pourrait favoriser une forme de socialisation des espaces attenants côté parc si la relation de plain-pied est assurée. En revanche les rez des bâtiments dans le parc, occupés par des logements, nécessitent une privatisation discutable des prolongements extérieurs sur le pourtour des immeubles.

L’organisation des bâtiments situés le long des voies ferrées se fait par l’installation de deux circulations verticales et de coursives à chaque niveau qui desservent l’ensemble des logements depuis l’est. La transition par une bande de service (hall, sanitaires) est appréciée, elle permet de distribuer à la fois les espaces de jour et les chambres orientés sur le côté calme à l’ouest. Les articulations cuisine-séjour et chambres-terrasses en léger redent donnent une bonne habitabilité aux logements. La proposition du dernier étage en attique n’est pas opportune, elle n’amène pas de qualité supplémentaire et devrait être remplacée par un étage complet.

Le traitement de la contrainte OPAM tel que proposé par le projet est ambigu et pour le moins insuffisant. La façade sur les voies permettrait de remplir son role de protection de la coursive et des accès aux logements si elle était fermée. Le jury constate sur ce point une difficulté à comprendre l’intention (ouvertureprotection) des auteurs du projet qui ne semble pas compatible avec la contrainte OPAM. De même, l’organisation telle que proposée des logements en pignon n’est pas possible car les espaces de jour, qui doivent être éclairés et ventilés naturellement, ne peuvent pas se localiser du côté des voies. Par ailleurs, les accès aux immeubles ne peuvent pas être traversants.

Les typologies de logements des bâtiments dans le parc proposent des appartements à double orientation sur les angles. La proposition permet une rationalité des distributions et une bonne habitabilité compte tenu de cette restriction d’orientation. Le jury constate cependant que le dispositif est très péjorant pour les logements orientés au nord-est qui ne profitent pratiquement pas d’ensoleillement.

Malgré le potentiel d’intégration paysagère, le projet propose deux bacs de retention des eaux en sous-sol, ce qui n’est de l’avis du jury pas pertinent pour un quartier dont le schéma de gestion des eaux se veut durable. L’arborisation le long des immeubles côté voies est trop proche des façades. Il est constaté l’absence d’écopoints.

(…)



UNBLOCK

(FARRA & ZOUMBOULAKIS_PRAGMA)

Le projet « Unblock » respecte l’implantation dictée par le plan localisé de quartier.

Il reconnaît les enjeux paysagers du site et propose d’articuler les aménagements autour de trois éléments structurants: la promenade des Crêtes accompagnant le coteau de Lancy, le chemin de l’Adret longeant les voies CFF et ce qu’il nomme « les clairières » constituées par les espaces en relation avec les accès aux immeubles et offrant aux habitants des activités extérieures.

Malgré la forte volonté d’homogénéité de traitement des espaces extérieurs de cette proposition, le jury n’est pas convaincu par la qualité de la cour distribuant le lot D. Le concept de « clairières » semble peu cohérent avec la presence d’activités au rez-de-chaussée du bâtiment L10 et le caractère très urbain des bâtiments. L’opportunité de planter des arbres au coeur de l’îlot, rendue possible par la faible emprise du parking en sous-sol de cette proposition, n’est curieusement pas exploitée. Par ailleurs, la capacité du parking ne répond pas aux exigences du programme.

L’expression architecturale assume les contraintes OPAM des façades Est des bâtiments L10 et L12 et propose un mur dont les décalages permettent d’éclairer la coursive de distribution des logements à chaque étage. Les façades Ouest et Sud des autres bâtiments se caractérisent par la présence de prolongements extérieurs sous forme de loggias en saillie des façades. Fermées latéralement par des murs en brique, ces loggias sont curieusement plus ajourées aux étages supérieurs qu’inférieurs. De plus, l’habitabilité de celles situées à l’extrémité Sud du bâtiment L10, faisant face au mur pignon du bâtiment L11, n’est pas résolue.

Proposant une typologie claire pour les bâtiments LUP L10 et L12 situés le long des voies ferrées, le projet se compose d’une succession de strates: coursives, espaces de service, espaces secondaires, espaces majeurs et loggias.

(…)



(Extraits du rapport du jury. Pour plus d’information: www.konkurado.ch)

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