Construction de nouveaux foyers d’hébergement, la «Maison du Jardin», de la Fondation Perceval à Saint-Prex (Vd)

Concours de projets d’architecture organisé en procédure ouverte pour la construction de nouveaux foyers d’hébergement.
1. Rang / 1. Prix
Gonzalo Neri + Weck
2. Rang / 2. Prix
Carlos Luxan et Mónica Sedano
3. Rang / 3. Prix
atelier zéro 2
4. Rang / 4. Prix
Graber + Petter Architectes
5. Rang / 5. Prix
158W84 Jeanne Wellinger et Thomas Wegener

Jury non professionnel

  • Pascal Devaux (directeur, Fondation Perceval)
  • Gérard Greuter (ingénieur EPFL, Etat de Vaud, SPAS)
  • Danièle Henriod (infirmière, Fondation Perceval)
  • Michael Motz (directeur du secteur des adultes, Fondation Perceval)
  • Danièle Zavialoff (responsable de foyer, Fondation Perceval)

Jury professionnel

  • Astrid Dettling (arch. dipl. EPF/SIA, Dettling Péléraux architectes, Lausanne)
  • Alfonso Esposito (arch. dipl. EPF/SIA/FAS, Esposito & Javet architectes, Lausanne)
  • Sandra Maccagnan (arch. dipl. HES/FAS, Fournier - Maccagnan, Bex)
  • Pierre Rouault (arch. dipl. EIG/EPF/SIA, graf & rouault architectes, Lausanne)
  • Laurent Saurer (arch. dipl. EPF/SIA/FAS, Localarchitecture, Lausanne)
  • Eva Imhof (arch. dipl. EPF, Urbaplan, Lausanne)

Maître d'ouvrage

Fondation Perceval (Etablissement socio-éducatif)


Objectif du concours

La Fondation Perceval – fondation privée, reconnue d’utilité publique qui a pour mission de contribuer au développement et à l’épanouissement de toute personne en situation de handicap mental et/ou souffrant d’une limitation dans son autonomie psychique ou physique –est concernée par le vieillissement d’une partie de ses résidents et la complexification de leur état de santé. Le concept d’accompagnement pour la Maison du Jardin offre aux bénéficiaires une réponse à leurs besoins spécifiques.
Elle répond au besoin d’hébergement de 22 résidents adultes. Elle est constituée de deux foyers de 8 résidents subdivisés en deux parties, chacun comprenant deux groupes de 4, et d’un foyer de 6 résidents, également subdivisé en deux partie (3/3 ou 4/2).

La Maison du Jardin est un lieu de vie intégré harmonieusement au Secteur de sociothérapie sur le site de l’institution, où le résident peut s’épanouir dans sa vie personnelle, sociale, créatrice et spirituelle, ceci dans un contexte confortable et sécurisé. Elle est constituée de trois foyers d’hébergement distincts, dans l’optique de préserver au mieux le caractère convivial de la vie quotidienne, en offrant un cadre et un accompagnement bien différenciés et adaptés aux besoins spécifiques des résidents.

Accompagnement de jour

Au sein de la Maison du Jardin se trouve un Centre de jour intégré avec une salle d’activité divisible qui permettra aux résidents retraités et ceux qui ne souhaitent ou ne peuvent plus œuvrer au sein des ateliers de participer librement à des activités socio-culturelles et artistiques. Ces activités avec possibilité de repos au foyer en fonction des besoins complèteront l’offre institutionnelle déjà existante en matière de vie sociale (spectacles, concerts, anniversaires...)

Le jury s’est réuni en séance plénière les 25 et 26 janvier 2016 ainsi que le 16 février 2016 pour juger les 34 projets reçus.

Recommandations du Jury

La diversité des solutions proposées a permis au jury d’identifier les problématiques majeures de la construction de cette «Maison du Jardin» et de son insertion dans le contexte naturel et bâti riche et complexe du site de la Fondation Perceval. Fort de ces journées de réflexion et de débat, le jury est convaincu que le projet n° 20 «Flora, Pâquerette et Pimprenelle», lauréat du concours désigné à l’unanimité, possède les qualités qui permettront de construire un ouvrage répondant en tous points aux attentes du maître de l’ouvrage.

Dans l’optique du développement du projet, le jury tient à émettre les recommandations suivantes auxquelles le lauréat du projet n° 20 «Flora, Pâquerette et Pimprenelle» portera une attention particulière:

• Effectuer une première estimation des coûts du projet afin de déterminer si le nombre important d’appartements proposés peut contribuer à trouver un équilibre financier. Si ce n’est pas le cas, redimensionner le volume de la toiture en réduisant le nombre d’appartements dans la toiture, ou le cas échéant, en les supprimant.

• Assurer une indépendance d’accès des appartements si ces derniers sont maintenus.

• Pour l’exploitation, créer à l’étage une connexion entre les unités.



Flora, Pâquerette et Pimprenelle (1er prix, 1er rang)

Le projet « Flora, Pâquerette et Pimprenelle » s’organise en trois corps de bâtiments de proportions semblables, unis sous un même toit. Alors que le périmètre de construction est séparé en deux zones, rattachées par un étroit cordon, une unité de composition est obtenue en plissant les volumes et en utilisant la possibilité réglementaire de s’écarter partiellement de la limite constructible. Cette mise en forme génère également des rapports d’équilibre avec les bâtiments existants disposés dans un grand parc, bien que le programme de la Maison du Jardin soit le plus important du site. Les volumes biaisés de manière précise dégagent des espaces extérieurs différenciés, la place d’entrée, la terrasse centrale, tout en générant une richesse spatiale intérieure.

Dans cette grande maison, les trois unités Senior, Serena et Athena trouvent leur identité par la reconnaissance des trois volumes reliés par le rez-de-chaussée commun et la grande toiture protectrice. Les façades en lames de bois verticales s’accordent au contexte boisé et les ouvertures sont simples et cohérentes. La grande baie vitrée du rez-de-chaussée en retrait, est protégée du soleil estival.

Organisation spatiale et fonctionnelle

Au rez-de-chaussée, un magnifique hall relie l’ensemble des activités communes et s’ouvre sur le grand jardin. La grande qualité de vie, d’échanges et de promenade que sa morphologie suggère est particulièrement appréciée par le jury. Il se développe en plusieurs séquences bénéficiant toutes de vues traversantes : l’accueil, un espace de cafétéria en relation avec la cuisine, un petit séjour avec vue sur la lisière arborisée et le Jura. Il se termine de part et d’autre par les centres de jour et l’administration. Au sud, une entré indépendante au centre de jour autonome est bienvenue. La faible différence de niveau du terrain naturel est prise en compte et bien résolue. Les trois foyers sont placés à l’étage. Le jury relève la qualité des typologies et la compacité du plan. Une connexion entre les unités serait souhaitable pour faciliter le travail du veilleur de nuit. Les entrées aux unités Senior et Serena sont centrales et leur séjour se situe à l’articulation des deux groupes de quatre chambres. Cette composition en V évite la création de longs couloirs, apporte une atmosphère domestique et permet de profiter des différentes qualités paysagères du site. Dans l’unité Athena, plus petite, le corridor des chambres relie le hall d’entrée nord à l’espace de jour sud. Chaque séjour bénéficie de deux orientations et d’une loggia bien dimensionnée. Aucune chambre n’est orientée nord et le dispositif n’engendre aucun vis-à-vis.

La grande toiture accueille cinq appartements de fonction, les caves, ainsi que les locaux techniques. Il est à noter que les appartements ne disposent malheureusement pas d’accès indépendants.

En conclusion, le projet « Flora, Pâquerette et Pimprenelle » parvient à créer une nouvelle partie du village en harmonie avec l’ensemble du site et offre une grande qualité de vie tant intérieure qu’extérieure. Sous un même toit il assure l’autonomie des trois nouvelles résidences tout en créant un centre culturel pour l’ensemble des habitants de Perceval.

(…)



Anna (2e prix, 2e rang)

Le projet Anna propose d’implanter dans le site deux édifices disposés en forme d’équerre, séparés l’un de l’autre par un vide qui articule l’ensemble et offre une échappée visuelle appréciée avec le reste du site. La volumétrie générale recherchée, la forme des toitures ou les plis proposés en façades cherchent un rapport d’équilibre avec le contexte et les formes bâties présentes sur le lieu. L’articulation entre les deux toitures décalées du volume au nord est maladroite, en particulier le raccord de la verrière du patio central.

Organisation spatiale et fonctionnelle

Les accès aux différentes unités se font depuis une place d’accueil située à l’intérieur du dispositif, en face du grand jardin existant, dont la haie centrale est maintenue et interrompue pour ménager un dégagement visuel devant les façades des séjours et des chambres.

Respect du programme

La répartition du programme dans les deux volumes est claire et fonctionnelle : les foyers Senior, Serena et Athéna ainsi que le centre de jour intégré sont situés dans le plus grand volume au nord, le centre de jour autonome est situé dans le petit volume à l’est.
La maison du Jardin s’aligne le long de la route de Lussy en deux parties distinctes et décalées l’une de l’autre. Ce décalage permet d’offrir au nord un petit jardin intime qui délimite et protège la vue des chambres et définit au sud l’espace de l’entrée qui se prolonge sous un couvert. A l‘intersection de ces deux parties se situe une cour intérieure en double hauteur facilitant la déambulation et les échanges pour les différents foyers, à proximité des escaliers et des ascenseurs, dont il conviendrait de vérifier la pertinence en termes de bruits et d’odeurs. La disposition au rez-de-chaussée des locaux communs, de la cuisine accessible de l’extérieur de manière autonome ou la salle d’activité ouverte sur le jardin est appréciée. Les foyers Senior et Serena sont installés au premier étage, de chaque côté de cette cour ; ils sont communiquant au travers des espaces de séjour qui se prolongent à l’extérieur par des loggias : le jury a estimé que ces prolongements extérieurs étaient peu profonds, ce qui en rendait leur usage difficile. La trop grande perméabilité proposée entre les deux foyers n’est pas non plus judicieuse pour les usagers et nécessiterait un cloisonnement pour préserver l’intimité de chaque foyer, en contradiction avec les intentions de l’auteur de les organiser de manière ouverte autour de l’atrium central.

L’organisation des chambres situées de part et d’autre d’un couloir central ne permet pas d’isoler un groupe de 4 chambres comme demandé dans le programme. Le foyer Athena est situé quant à lui au rez-de-chaussée : la position de son séjour est inversée par rapport à celle des séjours de l’étage, pour éviter un conflit de voisinage avec l’espace de l’entrée. Le jury regrette toutefois l’emplacement en façade sud des sanitaires ou de certains locaux secondaires qu’il aurait été plus judicieux de remplacer par des chambres ouvertes sur le grand jardin, selon la même disposition que celle proposée à l’étage.

Le centre de jour autonome se trouve à l’emplacement des ateliers existants (Arc-en-ciel). Il manque une liaison couverte souhaitée entre la maison et le centre de jour. Le pli ménagé en façade nord-est permet le maintien de l’arborisation existante. La volonté affichée de l’auteur de tourner la plus publique de ses façades vers les autres bâtiments de Perceval a interpellé le jury, les locaux d’activités contenus dans cet édifice tournant le dos au grand jardin, tout comme les chambres situées au rez-de-chaussée du bâtiment principal. Les appartements de fonction demandés dans le programme se trouvent à l’étage et sont distribués par une coursive faisant également office de loggia pour les différents séjours. Si le jury apprécie la qualité générale des appartements proposés, il regrette l’intimité compromise de l’appartement situé au centre qui résulte du choix distributif proposé.

Un sous-sol partiel de taille modeste permet de loger les parties techniques du programme.
L’organisation des chambres est intéressante et permet d’offrir des chambres communicantes pour couples.

L’emplacement et la dimension différente du local sanitaire en fonction du type de chambre proposé n’offre toutefois pas la souplesse et la réversibilité demandée.

(…)



Settembrini (3e prix, 3e rang)

Le projet « Settembrini» se compose volumétriquement de trois maisons juxtaposées qui se décalent et forment un ensemble cohérent. Cette implantation occupe le haut de la parcelle constructible, en longueur, et est compacte. Cette empreinte minimale permet d’ouvrir les jardins potagers sur le parc de la fondation Perceval ne créant pas de rupture visuelle. Le projet volumétrique est clairement maîtrisé et le souci d’économie reconnus. Le découpage du volume en trois entités simples permet de réduire l’impact du bâtiment dans le parc et induit une image cohérente bien qu’un peu littérale, sur le thème de la « maison du jardin ». Le décalage des maisons dégagent des espaces extérieurs différenciés, bien que ceux-ci ne paraissent pas, par contre, forcément très maîtrisés et aboutis. Les trois «maisonnettes» forment par le traitement unitaire de leurs façades, une institution qui rend lisible son programme, les trois unités Senior, Serena et Athena trouvent leur identité dans ces trois maisons. Les trois bâtiments accolés sont reliés par le rez-de-chaussée et l’étage. Les façades en bois s’accordent au contexte boisé et les ouvertures sont simples et cohérentes.

Organisation spatiale et fonctionnelle

La répartition des fonctions et des locaux est intéressante. L’ensemble du projet respecte le programme et le dimensionnement des locaux est correct. Le jury relève le manque de générosité et de clarté de l’entrée principale. On sent clairement une ambiguïté entre la position de l’accès dans l’angle Est qui est plus invitante et celle qui permet d’accéder au corps central qui devrait être plus généreuse, car c’est le hall principal. Cette hésitation ne rend pas clair la position de l’entrée principale. Le corps central est le lieu de vie principal au rez-de-chaussée, mais la cuisine se trouve totalement déconnectée du hall et des espaces d’activités ce qui aurait pu facilement être réglé si cette espace avait été développé comme l’espace polyvalent majeur du nouveau centre. Les circulations sont efficaces et appréciées du jury. Le hall d’étage, éclairé zénithalement, est très généreux mais souffre de son caractère introverti malgré la tentative de rendre transparents les bureaux d’étage.

Respect du programme

Les deux foyers Serena et Senior sont placés à l’étage tandis que le rez-de-chaussée accueille à l’ouest, le foyer Athéna. Les activités de jour se trouvent placés coté « campus ». Le jury relève la qualité de cette organisation qui est simple ainsi que la compacité du plan. Un petit doute subsiste sur la fonctionnalité et les liens entre foyers. Peut être que la répartition de tous les foyers à l’étage aurait permis une ouverture plus généreuse du rez-de-chaussée. De plus, le regroupement des foyers à l’étage aurait simplifié le travail du veilleur de nuit. Le choix naturel d’orienter les espaces de séjours en longueur au sud, implique une plus grande proportion de chambres orientées au nord. Le jury regrette ce choix, car les résidents occupent la plupart du temps leurs chambres. Une disposition, une forme, un peu différente des locaux aurait pu équilibrer ce problème. La composition des volumes et le décalage permettent d’éviter de longs couloirs. Chaque maison distille une atmosphère domestique et les séjours profitent pleinement de la vue sur les alpes et le jardin collectif. Bien qu’un peu étroites, les loggias d’étages profitent du sud et permettent une bonne protection solaire pour les séjours d’étage. Le jury regrette l’absence de dégagements un peu plus généreux dans les unités d’étage.

Les toitures accueillent deux appartements de fonction qui sont éclairés uniquement zénithalement. Cela n’est pas possible. L’accès aux appartements de fonction dans les combles implique des excroissances sur chacune des ailes de la composition. Ceci est regrettable et aurait pu être facilement évité.



Le monde de Christina (4e prix, 4e rang)


L’auteur du projet propose l’implantation claire de deux volumes indépendants. Le volume principal, linéaire, contenant le programme de logements sous la forme de «maison du jardin » prend judicieusement place en bordure du cordon boisé au nord-ouest de la parcelle et domine le grand jardin au sud-est. Le deuxième, perpendiculaire, d’échelle réduite, contenant le Centre de jour autonome borde le chemin en s’implantant à l’emplacement des anciens ateliers. Par leur composition, les deux édifices privatisent l’espace de jardin en lui donnant une nouvelle identité et définissent un espace d’accès en direction du parc de « Perceval ». Le choix de positionner l’entrée principale à la maison du jardin sur le flanc de l’annexe de service n’est pas judicieux. Le traitement des aménagements extérieurs reste un peu succinct.

Organisation spatiale et fonctionnelle - Respect du programme

A l’intérieur, la Maison se développe sur deux niveaux. Les 3 foyers s’organisent en maisonnettes verticales juxtaposées (duplex). Les espaces de jours et de vie se situent volontairement tous au rez-de-chaussée et bénéficient de terrasses couvertes et d’un prolongement bienvenu vers l’extérieur. Le centre de vie intégré prend place entre deux foyers. Le hall d’accueil manque de générosité et de qualité. Bien que entièrement vitrée, la cuisine est également mal placée et décentrée.

La typologie des foyers proposée conduit à un plan d’étage quelque peu rigide. Les chambres sont isolées des lieux de vie, la distribution par un couloir central linéaire manque d’intérêt et d’espaces à s’approprier. Les doubles hauteurs sur les salles à manger sont quant à elles, appréciées et « adoucissent » le parcours. Le plan permet une flexibilité d’usage à l’étage entre les foyers et l’isolement de petits groupes de chambres. Si l’exploitation de nuit simplifie les déplacements et est aisée, la typologie en duplex rend difficile l’exploitation diurne et les déplacements pour les résidents. Le jury s’interroge également sur la pertinence de placer les réduits et locaux de services en façade au détriment de cages d’escaliers borgnes et exigües.

L’auteur du projet s’est fixé une trame structurelle, notamment à l’étage, qui conduit à une certaine rationalité mais qui présente ses limites desquelles l’auteur n’a pas réussi à se détacher. En outre, quelques superpositions sont à déplorer, notamment dues au changement de principe distributif entre le rez-de-chaussée et l’étage. Le centre de vie autonome suit la pente naturelle du terrain et décale les niveaux des ateliers permettant un accès extérieur de plain pieds aux 3 espaces. Des rampes assurent le passage des personnes à mobilité réduite. Ce dispositif renchérit et apporte une complexité supplémentaire à l’accessibilité des lieux déjà distants de la maison du jardin. Il manque une liaison couverte souhaitée entre la maison et le centre de jour.

Traitement architectural et adéquation au thème

L’expression architecturale de grandes « fermes » à deux pans en référence au monde agricole est cohérent et a séduit dans le contexte. Toutefois l’annexe de service au nord-ouest du bâtiment principal rompt la simplicité volumétrique. Le jeu de volets pliants à l’avant de petits balconnets brisent la rigidité et participent activement à l’animation de la façade. Les plans laissent toutefois transparaître, à regrets, un traitement identique des façades côté jardin et côté route. Il en va de même pour le centre de vie autonome.

Le choix de proposer les appartements de services en extension au-dessus du centre de vie autonome est peu réaliste et met en péril la qualité de l’implantation et l’image pavillonnaire du bâtiment.



JOHANN (5e prix, 5e rang)


Les auteurs du projet JOHANN proposent une morphologie en L fermé, occupant toute la largeur du site. A l’emplacement des ateliers actuels, le petit côté accueille le centre de jour sur un seul niveau. L’aile principale disposée au-devant des grands arbres bordant la route de Lussy comprend deux étages et des combles aménagés. Les plis d’une toiture à pans tentent de réunir les parties en un seul ouvrage. Débordant marginalement du périmètre de construction, le projet respecte les dispositions du PPA. A l’angle nord-est, une cour d’accès accueille les entrées principales vers la structure d’hébergement et le centre de jour. En façade nord, une deuxième cour est dédiée à l’entrée indépendante pour l’unité de vie Athéna. Ce grand geste mériterait un traitement différencié pour mieux la distinguer de l’interface principale.

Traitement architectural et adéquation au thème

Les façades nord, est et ouest de l’aile principale présentent un grand mur crépi percé sur deux niveaux au gré des éléments du programme. Côté sud, de grandes baies vitrées sur toute la hauteur des deux étages offre une transparence bienvenue vers le jardin et les cultures maraîchères. Des brise-soleil verticaux en terre cuite et de grands avant-toits en béton visent à assurer une certaine protection solaire passive. Réalisé en bois et bardé des mêmes lames de terre cuite, le centre de jour dispose d’un accès indépendant et de prolongements extérieurs adéquats. Le jury s’interroge cependant sur la pertinence et l’harmonie des différents dispositifs constructifs envisagés.

Organisation spatiale et fonctionnelle

Le jury apprécie l’ordonnancement précis et efficace du programme, mais estime maladroite l’articulation entre les entrées principales. Le hall du secteur d’hébergement mélange espace de séjour et de circulation. L’espace de recueillement n’apparaît pas correctement situé à proximité des services de la cuisine. Au premier étage, l’espace central de référence devant les liaisons verticales manque de générosité. Dans l’unité de vie Senior, les utilisateurs restent circonspects sur le bureau implanté en îlot autour duquel déambuleraient les résidents. La cuisine principale au rez et les appartements de fonction disposent tous deux d’une entrée de service spécifique. Aménagés dans les combles, ces derniers disposent principalement de châssis rampants, tout comme la chambre pour familles.

Respect du programme

Les auteurs interprètent précisément les attentes du maître de l’ouvrage. Installé à l’ouest, l’unité Athéna de 6 places dispose de l’autonomie souhaitée. Le regroupement des chambres par paires avec un espace d’entrée semi privé donnant accès à la salle d’eau partagée garantit l’intimité des résidents et offre une séquence bienvenue entre espaces privés et collectifs. Conformément à la demande du maître de l’ouvrage chaque unité est aisément divisible en deux secteurs, tant les espaces de jour que les chambres. Les diverses salles du centre de jour offrent la souplesse d’utilisation recherchée.

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