Spéculation – Acte 1

Editorial du 04/2016

Si la spéculation immobilière ne produit pas en Suisse les paysages urbains apocalyptiques qu’elle génère en Asie, en Afrique ou en Espagne, elle n’en est pas moins présente. On peut parler de spéculation dès que l’activité immobilière est plus motivée par le profit qu’elle peut engendrer que par sa véritable raison d’être : répondre à une demande réelle. Les nombreux garde-fous qui existent dans la législation suisse n’empêchent pas une surenchère des prix, savamment entretenue par certains acteurs communaux ou privés, qui spéculent sur la rareté des biens, empêchant de ce fait que le marché puisse naturellement assouvir la demande.

Si l’offre immobilière en Suisse se dit immunisée contre les excès de la spéculation classique, elle parvient, par sa façon d’évoluer en deçà des véritables besoins de la société, à un résultat similaire. Un écart considérable entre l’offre et la demande. Que cet écart soit de l’ordre de la surabondance ou de la pénurie artificielle n’en fait pas moins un acte de spéculation. 

Avant donc d’aborder les particularités du contexte immobilier suisse, dans un numéro de Tracés prévu en 2016, nous avons demandé à Isabel Concheiro, architecte ayant initié une recherche sur ce thème en tant qu’assistante d’enseignement à l’EPFZ, de réaliser un dossier plus historique sur l’origine et l’ampleur du phénomène.

Comprendre comment la spéculation est née, quelle en est la logique socio-­économique, et comment elle a façonné dans certains cas l’émergence de la ­métropole moderne, permettra dans un deuxième temps de décrypter les fins mécanismes des variantes helvétiques du phénomène. 

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