Le Corbusier fait son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO

Le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit aujourd’hui l’œuvre architecturale de Le Corbusier sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette inscription concerne 17 sites dans sept pays (France, Suisse, Argentine, Belgique, Allemagne, Japon et Inde). Parmi ces œuvres figurent notamment la Villa Le Lac au bord du Léman (Corseaux, VD) et l’Immeuble Clarté (Genève, GE).

Le comité du patrimoine mondial a reconnu hier 17 juillet 2016 lors de sa 40e session la valeur universelle exceptionnelle des constructions de Le Corbusier candidates à l’inscription sur la liste. Cette candidature, présentée au titre des biens culturels, est le fruit d’un travail et d’une coopération internationale engagés depuis de longues années. En effet, les précédentes tentatives de 2009 et 2011 étaient restées infructueuses. Les pays concernés ont depuis modifié la candidature et réduit le nombre d’œuvres. En Suisse, la Villa turque et la Maison blanche, à La Chaux-de-Fonds, qui font partie des premières réalisations de Le Corbusier, ont été retirées du dossier. Ces 17 œuvres réparties dans sept pays constituent des réponses architecturales constructives aux enjeux sociaux du 20e siècle.

Parmi les œuvres de l’architecte inscrites au patrimoine mondial se trouve l’immeuble Clarté, situé dans le quartier des Eaux-Vives à Genève. Symbole de l’introduction de la modernité architecturale à Genève, cet immeuble a été construit en 1931-1932 pour l’industriel genevois Edmond Wanner. Il représente le seul édifice construit à Genève par le célèbre architecte.

Plusieurs fois menacé de démolition du fait de son délabrement, l’immeuble a pu être préservé par la mobilisation de la communauté d’architectes genevois, qui le considère comme une œuvre maîtresse. Sa valeur patrimoniale a été reconnue par le Conseil d’Etat, qui l’a classé monument historique en 1986. La Clarté représente en effet de manière exemplaire la contribution apportée par Le Corbusier à la rationalisation des travaux de construction (« montage à sec »), au renouvellement des conceptions de la structure porteuse (squelette en acier, soudé) et à la transformation de la culture de l’habitat des classes moyennes (« immeuble villa »). Entre 2007 et 2011, le canton, la Confédération et les copropriétaires y ont injecté 14,2 millions pour restaurer l'enveloppe du bâtiment, les parties communes et les installations techniques.

 

Éléments de la série

1923 : Maisons La Roche et Jeanneret / Paris, France
1923 : Petite villa au bord du lac Léman / Corseaux, Suisse
1924 : Cité Frugès / Pessac, France
1926 : Maison Guiette / Anvers, Belgique
1927 : Maisons de la Weissenhof-Siedlung / Stuttgart, Allemagne
1928 : Villa Savoye et loge du jardinier / Poissy, France
1930 : Immeuble Clarté / Genève, Suisse
1931 : Immeuble locatif à la Porte Molitor / Boulogne-Billancourt, France
1945 : Unité d’habitation / Marseille, France
1946 : Manufacture à Saint-Dié / Saint-Dié-des-Vosges, France
1949 : Maison du Docteur Curutchet / La Plata, Argentine
1950 : Chapelle Notre-Dame-du-Haut / Ronchamp, France
1951 : Cabanon du Corbusier / Roquebrune–Cap-Martin, France
1952 : Complexe du Capitole / Chandigarh, Inde
1953 : Couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette / Éveux, France
1953 : Maison de la Culture de Firminy / Firminy, France
1955 : Musée National des Beaux-Arts de l’Occident / Tokyo, Japon

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