L'architecture comme transformation consciente de l'environnement

MAN TransFORMS: Die Dokumente, une exposition au gta Institut

L’exposition MAN TransFORMS a été montée en 1976 pour marquer l’inauguration du musée national de design aux Etats-Unis, le Cooper-Hewitt Museum de New York. Le musée se donnait pour ambition de donner une nouvelle définition du design, qui aborde «the man-made world». Rien que ça. L’architecte néo-dadaïste Hans Hollein avait été préféré à Venturi et aux Eames pour réaliser l’importante exposition inaugurale. Celle-ci devait attirer plus de 100 000 visiteurs. L’événement, qui échappe un peu à l’historiographie dominante du postmodernisme, retrouve son actualité, grâce à une exposition montée au gta Institut de l’EPFZ.
L’exposition MAN TransFORMS ne traitait ni de produits, de formes ou de fonctions du design. Elle se concentrait sur les opérations permettant la transformation contrôlée de l’environnement humain. Elle consacrait non pas des objets mais les interactions avec l’homme: les différentes façons d’ouvrir une porte, d’employer un marteau ou de faire du pain. Elle célébrait ce processus qui mène de la matière, de la géométrie, vers l’action, la communication ou le rituel. Ainsi la figure de l’étoile est elle déclinée en plan radial, en symbole, en arme (le Morgenstern).
Ces différentes opérations étaient méticuleusement collectées, comparées, puis mises en interaction. Hollein construisait ainsi une définition nouvelle du design, comme ouverture du champ des possibles. «Alles ist Architektu» déclarait-il en 1968: la pilule, la télévision, le radiateur. Le design est ce qui agit, modifie, transforme l’environnement, le vécu. Face à cette définition processuelle, l’association forme-fonction s’effondre. Pour l’illustrer, une section entière de l’exposition montrait toutes les façons d’utiliser un simple carré de tissu : comme bandage, bâillon, baluchon ou bikini.
Quarante ans plus tard, il est possible de revivre cet évènement à l’EPFZ. L’exposition MAN TransFORMS: die Dokumenten déploie une quantité impressionnante de protocoles, d’esquisses, de films et d’objets mis à disposition par la fondation Hans Hollein. Une enfilade de cinq espaces permet d’apprécier les travaux préparatoires à la conception de l’exposition, les contributions des designers impliqués (R. Buckminster Fuller, A. Isozaki, E. Sottsaas, O. M. Ungers) et la communication de l’événement. L’exposition documente méticuleusement la manière dont Hans Hollein s’efforça de changer la conception du musée, qui évolua de la collection d’objets vers un «environnement total».

 

MAN TransFORMS: die Dokumente

Une exposition de Laurent Stalder et Samuel Korn en collaboration avec gta-Ausstellungen.
A voir sur le campus Hönggerberg de l’ETH Zurich jusqu’au 9 décembre 2016.

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