Gain d'efficacité et d'espace de vie

Rénovation/surélévation dans la cité Nessleren, Köniz BE

La banlieue représente elle aussi un potentiel de rénovation. Dans l’agglomération de Berne, des caisses de pension ont totalement assaini et densifié de façon ciblée une cité familiale. Le remplacement par une nouvelle construction a été délibérément écarté.

Leonid Leiva journaliste scientifique

Le complexe résidentiel Nessleren est une cité adaptée aux familles, situé à ­Wabern, au sud de Berne. Il se distingue par son bon niveau d’équipements, ses espaces verts et sa proximité immédiate avec la campagne avoisinante. Après 40 ans d’utilisation, les 33 bâtiments formant la cité avaient grand besoin d’être rénovés. Avant les travaux, le site de 44 000 m² affichait un indice d’utilisation du sol de 0,57. À l’issue de la rénovation, les 198 appartements existants ont été complétés de 129 logements supplémentaires. L’indice d’utilisation du sol atteint désormais 0,85, soit la valeur maximum permise par le plan de zones communal. La densification a été obtenue par l’ajout d’un niveau aux immeubles de trois étages.

La qualité de vie s’est globalement améliorée. Les appartements bénéficient désormais d’un ascenseur, de balcons plus grands, de salles d’eau supplémentaires et d’une luminosité accrue grâce à des fenêtres plus généreuses. L’espace extérieur a lui aussi été revalorisé : l’agrandissement du garage souterrain a permis d’y déplacer une partie des places de stationnement qui se trouvaient jusqu’ici en surface. 

Face à l’ampleur des travaux d’assainissement réalisés, on peut se demander si une reconstruction n’aurait pas été plus judicieuse. Markus Mürner de Previs Prévoyance, un des copropriétaires des résidences de Nessleren, explique : « La décision d’écarter l’option de nouvelle construction après démolition était principalement guidée par des motifs politiques et de communication. D’un point de vue économique, la reconstruction et la surélévation se valaient. Dans les deux cas, les locataires auraient dû quitter leur logement durant les travaux. Dans l’éventualité d’une votation communale, une démolition complète n’aurait toutefois eu aucune chance. C’est pourquoi, un assainissement avec démolition partielle ­représentait la meilleure solution. » ­Mürner ajoute : « Même si en de nombreux endroits les autorités et la population ont fini par se faire aux projets de remplacement, la démolition de bâtiments rencontre encore des résistances dans la sphère politique. »

Les travaux de rénovation se sont déroulés en trois étapes de fin 2015 à début 2018. À l’issue du remaniement des infrastructures, les immeubles d’habitation ont été agrandis en direction du sud, rénovés et dotés d’un étage supplémentaire. Après démantèlement des toitures et des façades sud, la base des murs existants a été dotée d’une nouvelle enveloppe massive et d’une isolation extérieure en PSE. Pendant ce temps, les nouveaux étages en attique ont été réalisés en construction légère à l’aide de ­modules préfabriqués en bois. Ceci a permis de réduire les nuisances sonores au ­minimum, ainsi que de limiter le temps de construction et les pertes de loyer. 

L’énergie solaire au cœur du concept énergétique

L’efficacité énergétique des bâtiments existants ne dépassait pas les classes D à F du Certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB). À l’issue des travaux de rénovation, la classe de tous les bâtiments a été portée à B grâce à l’assainissement énergétique de l’enveloppe du bâtiment, ce qui a permis d’atteindre des besoins de chauffage (énergie primaire) inférieurs d’au moins 30 % aux prescriptions cantonales, malgré l’extension. L’utilisation active de l’énergie solaire contribue également aux performances énergétiques et environnementales. Les toitures sont désormais dotées de panneaux photovoltaïques, pour une production cumulée de 444 500 kWh d’électricité par an. Par ailleurs, le préchauffage de l’eau chaude par des capteurs solaires doit lui aussi permettre d’atteindre un rendement thermique annuel de 341 500 kWh. Un contrat liant les propriétaires au fournisseur d’énergie régional les oblige à conserver le chauffage au gaz existant, qui ne couvre toutefois plus qu’une part infime des besoins en énergie thermique. À long terme, la cité vise un approvisionnement énergétique local, basé à 100 % sur des sources d’énergie renouvelables.

Ce taux atteint actuellement 73 %, avec une différence entre les parties de bâtiments rénovées et les extensions nouvellement réalisées. Les logements situés dans les étages additionnels bénéficient d’ores et déjà d’un approvisionnement à faibles émissions, tandis que les appartements transformés sont alimentés par des énergies renouvelables à hauteur de 50 %. En 2013, le complexe résidentiel Nessleren était l’un des 30 projets pilotes à se voir décerner la première version du standard Construction durable suisse (SNBS). Depuis début 2018, l’ensemble des 327 logements a retrouvé ses locataires
ou a accueilli ses nouveaux occupants.

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Informations générales

Intervenants
Maîtrise d’ouvrage: Consortium de maîtres ­d’ouvrages Nessleren : ­Previs Prévoyance, ­Wabern / Helvetia AG, Bâle / PAT-BVG, Bern
Gestion de projet globale: Abplanalp Affolter Partner GmbH, Berne
Architecture/planification générale: Architekten Schwaar & Partner AG, Berne

Bâtiment
Type: immeubles résidentiels édifiés entre 1979 et 1982
Rénovation: enveloppe du bâtiment et étage additionnel
Surface de plancher: 37 500 m² (ancienne: 25 000 m²) 
Indice énergétique: 46–52 kWh/m²
Coût du chantier: 98.5 mio CHF
Durée: fin 2015 – début 2018

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